Monthly Archives: February 2011

L’ EVOLUTION DE LA REVOLUTION

Le résultat d’une révolution datant de plusieurs siècles est la violence, l’extrémisme, et la contre-révolution. Les Tunisiens, les Egyptiens, et bientôt, nous espérons, nos frères et soeurs du Maroc à l’Iraq, doivent apprendre à faire face aux conséquences du renversement d’une dictature, et doivent transformer cette sagesse en des actions capitales. La révolution française de 1789, les bolcheviks de 1917, la révolution iranienne de 1979, ou celle de l’Europe de l’Est dix ans plus tard, pour n’en citer que quelques-uns, pourraient fournir des idées que nous pouvons appliquer aujourd’hui pour tracer notre chemin loin de la violence, du chaos, et des actes de barbarie déchainés, comme a été récemment rapporté en Tunisie. 

La question avec laquelle la plupart des Tunisiens sont aux prises aujourd’hui est de savoir s’ils peuvent confier leur avenir au gouvernement intérimaire. C’est une question importante à poser puisque la plupart ou la totalité de ses membres aux niveaux national et régional tels que les ministres, les gouverneurs et les appareils de sécurité, ont été loyaux a l’ancien régime qui les payait grassement. Beaucoup vont profiter de la confusion et de la politique du manque de compréhension du public. La plupart s’enfonceront encore plus en rétablissant leur anciens réseaux de “quasi-mafia”. C’est la stratégie utilisée dans la phase posterieure aux élections Ukrainiennes de 2004. Les oligarques ont resté trop longtemps au pouvoir après les élections, ils ont profité de leurs racines profondément ancrées pour renforcer leurs pouvoirs, s’enrichir, et prolonger la misère de ceux qui n’ont pas de liens directs avec le régime. Je crains que ce scénario se répète alors que nous débattons ce qui est meilleur pour la Tunisie. Je demande que nous considérons tous les choix possibles se présentant à nous comme des citoyens de la Tunisie. Quels choix permettront d’éviter la violence et la corruption post-révolutionnaire, tout en garantissant les droits de tous ceux qui se sont révoltés?

Les Tunisiens ont besoin de rendre leur gouvernement intérimaire responsable de toutes ses décisions, par la transparence. Que ce soit pour discuter des incitations économiques, des allocations de chômage, s’occuper des prisonniers complices de l’ancien régime, ou de discuter d’une nouvelle constitution, il doit y avoir une équité envers les électeurs et une peur d’eux. La maniére le plus simple de rendre cela possible et de porter l’esprit de la révolution au sein des couloirs du Parlement serait de téléviser les débats politiques. Je n’ai jamais été convaincu par toutes les décisions qui se déroulent a huis clos. Il semble que l’équipe intérimaire est très sélective dans son partage de l’information. Il ya plus de questions que de réponses, en particulier en ce qui concerne la sécurité nationale et intérieure, et le sort de ces criminels en état d’arrestation. Pour que le public tunisien puisse faire confiance à ces politiciens, il existe de nombreuses questions a regler et a discuter en public. Quant à la sélection des personnes occupant certains postes puissants, le public doit être parfaitement informés sur les critères utilisés pour cette sélection, et les pouvoirs de ceux qui sont choisis ainsi que ceux qui sont refusés. La plupart des démocraties occidentales mènent des enquêtes approfondies sur les candidats, et ceux qui ont un passé douteux ou représentant un éventuel conflit d’intérêt ne sont pas considérés comme légitimes.

Le gouvernements intérimaire et ceux qui seront bientôt élus auront une tâche ardue a faire face. La Tunisie a besoin de beaucoup plus que des réformes politiques. Elle a besoin de sécurité, d’emploi et de ventres pleins. Résoudre un problème en oubliant un autre encouragera des troubles post révolutionnaires. La responsabilité de projeter la normalité est essentielle. Cela permettra d’atténuer toute préoccupation pour les autres qui considèrent la Tunisie comme lieu de vacances et d’investissement. Cela contribuerait grandement à mettre des milliers de gens au travail. Les lois du travail et le droit d’organiser une grève doivent être revus, révisés, surtout dans le cas des employés des entreprises, publics ou privés, fournissant des services essentiels. Les grèves récentes ont rien fait qu’aggraver et affaiblir une économie déjà très malade.

Les Tunisiens ont besoin de confier leur avenir et leur sort à un gouvernement représentatif qui a un projet d’un solide plan de travail économique, social et politique.

Tout d’abord, je vais me concentrer sur la stratégie économique, car aujourd’hui elle est la principale préoccupation de la plupart des Tunisiens, suivis de près par la réforme sociale. Je ne vais pas discuter de notre PIB ou service de la dette. Au lieu de cela, je vais proposer une approche ascendante dans la façon de répartir les ressources et mettre tous ceux qui sont prêts à retourner au travail, et remettre notre pays sur les rails. Ce sera le sujet de mon prochain post.

A POST-REVOLUTION EVOLUTION

A bi-product of a revolution dating back centuries is violence, extremism, and counter-revolution. Tunisians, Egyptians, and soon we hope our brothers and sisters from Morocco to Baghdad, must learn to deal with the aftermath of overthrowing a dictatorship, and turn that wisdom to very momentous actions. The French revolution of 1789, the Bolsheviks of 1917, the Iranian revolution of 1979 or Eastern Europe ten years later, to list just a few, could provide insights that we can apply today to navigate our way past violence, chaos, and outright barbaric acts, as has been recently reported in Tunisia.

The question that most Tunisians are struggling with today is whether or not to trust the interim government with deciding their future. This is an important question to ask since most, or all of its members at the national and regional levels such as ministers, governors and the security apparatus, were loyal to and handsomely paid by the old regime. Many will take advantage of the confusion and the public lack of understanding policy. Most will dig in even deeper by re-establishing their old “quasi-mafia” networks. This is the strategy utilized in the Ukraine post 2004 elections. The oligarchs remained in power too long after the elections, took advantage of their deeply embedded roots to expand their powers, enrich themselves, and extend the misery of those with no direct ties to the regime. I fear this scenario repeating itself as we debate what is best for Tunisia. I ask that we consider all possible choices presenting themselves to us as citizens of Tunisia. What choices will prevent post-revolution violence and corruption, yet guarantee the rights of all of those who revolted?

Tunisians need to make their interim government accountable for all of its decisions through transparency. Whether it is discussing economic incentives, unemployment compensations, dealing with imprisoned old regime cronies, or discussing a new constitution, there needs to be fairness to and fear of the constituents. A simple of way of making this possible and carrying the spirit of the revolution through the halls of the Parliament would be to televise all political debates. I have not been convinced of all the decisions taking place behind closed doors. It seems that the interim team is very selective in its information sharing. There are more questions than there are answers, especially with regard to national and domestic security, and the fate of those criminals under arrest. For the Tunisian public to trust these politicians, more needs to be brought to the table and discussed in the open. As for the selection of individuals filling certain powerful positions, the public needs to be fully versed on the criteria used for such selection, and the credentials of those chosen as well as those turned away. Most western style democracies conduct thorough background investigations on candidates, and those with questionable pasts or representing possible conflict of interest are not considered as legitimate. Any good leader would tell you that he needs to surround himself with others who complement him and share the vision, ask the tough questions, and not necessarily those who serve as puppets and simply go along for the ride.

The interim and the soon to be elected governments will have a daunting task in front of them. Tunisia needs more than political reform. It needs security, jobs and full bellies. Resolving one while forgetting about the other would encourage post revolution disorder. The responsibility of projecting normalcy is critical. It will alleviate any concern for others who consider Tunisia as a vacation and investment area. This will go a long way into putting thousands of people to work. Labor laws and the right to hold a strike may have to be revisited, and certainly revised in the case of employees of companies, public or private, providing essential services. Recent strikes have done nothing but aggravate and weaken an already very sick economy.

Tunisians need to trust their future to a representative government that drafts a solid working economic, social, and political plan.

First, I will focus on the economic strategy, because it is the primary concern of most Tunisians today, closely followed by social reform.  I will not discuss our GDP or debt service. Instead, I will offer a bottom-up approach of how to allocate resources and put everyone that is willing back to work, and get our country back on track. This will be the subject of my next post.

Lotfi Saibi

From America, with Love

Il est Janvier 2011. Je suis chez moi aux Etas Unis. Je suis dans mon bureau. Je suis dans ma voiture et à l’Université. Peut être que je suis dans un avion, ou dans un café. J’essaie très difficilement de respirer. La fumée du gaz lacrymogènes est si dense. Mes yeux brûlent si mal que je pourrais hurler. J’allume des cocktails Molotov. J’évite les balles tout en espérant qu’ils ne soient pas réels. Je crie et hurle à des hommes habillés en uniformes noir, casqués d’une maniere effrayante. J’ai plus de pierres….Est ce que c’est 1978 et 1979 de nouveau. Je me souleve de mon bureau. C’es t bizarre, je suis a cinq mille kilomètres de Tunis, mais je suis dans les ruelles de la centre ville. En effet, c’est 2011, comme mon Blackberry m’informe des nouvelles plus inquiétantes, et les documents devant moi me rappelent de mes nombreux délais dépassés.
J’ai quitté la Tunisie le 30 Décembre pour m’occuper de mes affaires universitaires en Amerique. Je n’avais jamais pensé que je pourrais manquer ce qui a eu lieu en Janvier. Les similitudes entre cette l’époque  des annees 70 et maintenant sont trop nombreuses. Les sentiments que j’ai ressenti et les angoisses que j’ai vécu semblaient comme si ils étaient tout simplement conservés dans un coffre-fort pendant 30 ans et tout d’un coup libérés. La colère, l’incrédulité, l’empathie, la peur et le courage, tout refait surface à chaque notification d’Al Jazeera et de Facebook. A l’epoque, et maintenant, nous nous sommes battus contre les régimes répressifs. Nous nous sommes battus pour la dignité et la survie.  Nous avons presque perdu notre besoin humain conféré par Dieu, celui du respect de soi, de la liberté et de la paix. Nous avons décidé de riposter et de changer les règles. Personne n’a jamais vu ou photographié la dignité, mais nous la voulions de retour.
Je tiens à féliciter mes frères et sœurs Tunisiens et Egyptiens pour le courage dont ils ont fait preuve dans la lutte contre deux des régimes les plus répressifs. Ben Ali fait peut être partie de l’histoire, mais les racines de son empire sont toujours en place. Nous avons seulement commencé le long processus de transition. L’histoire nous a appris que la vrai démocratie est insaisissable, car beaucoup de gens nous font obstacle et nous mettent des battons dans les roues. Ce sont des gens qui bénéficient de l’absence de liberté. Des gens qui cherchent à accumuler plus de pouvoir et de richesses par notre manque de cohésion et d’unité. Notre dignité est en jeu. Notre vrai travail vient juste de commencer.

Lotf Saibi

NO LONGER IRRELELVANT

I am back in the USA. It is January 2011. I am at home. I am in the office. I am in my car and at the University. May be I am on a plane, or in a café. I am trying very hard to breath. The smoke from the tear gas is thick. Eyes are burning so badly I could scream. I am lighting up Molotov cocktails. I am dodging bullets while hoping they are not real. I am yelling and screaming at men dressed in thick dark uniforms and scary looking helmets. I am running out of stones to throw. It is 1978 and 1979 all over again. I am five thousand kilometers away, but I am in every alley of the city of Tunis. But wait, I am only there in spirit. Indeed, it is 2011, as my Blackberry informs of more disturbing news, and the documents in front of me remind me of my many passing deadlines.

I left Tunisia on December 30 to tend to business and academic commitments in the US. I had never thought I would miss what took place in January.  The similarities between then and now are too numerous to list. The feelings I had and the anxieties I experienced seemed as if they just were kept in a safe for 30 years and suddenly freed. Anger, disbelief, empathy, fear and courage, all resurfaced with every CNN, Al Jazeera and Facebook notification. Then, and now, we fought against repressive regimes. We fought for dignity and for survival. We fought to be counted. We had become insignificant. We became objects and tools of a game of monopoly. The prizes of wealth and possessions were many, yet the one prize that seemed to matter the most to us was our dignity. And in this game, we the people, lost every time. We lost our basic God given human need for self respect, freedom, and peace. We decided to fight back and change the rules. No one has ever seen or photographed dignity, but we wanted it back, and we got it.

I would like to commend my Tunisian and Egyptian brothers and sisters for the courage they exhibited in fighting two of the most repressive regimes. Ben Ali may be history now, but the roots of his evil empire are still in place. You have only begun the long process of transition. History has taught us that true democracy is elusive because many people will stand in your way. They are people who will benefit from the absence of freedom. They will seek to accumulate more power and wealth through our lack of cohesiveness and unity. Our dignity is in the balance. Our real job has just begun.

PRENEZ GARDE A UN ATMOSPHERE TOXIQUE

Alors permettez-moi de jetter la lumière sur ce qui constitue une leadership destructrice, dans l’espoir que cette fois-ci, nous pourrions être mieux formés .

Nos jeunes ne disposent pas encore de la maturité intellectuelle, la sagesse politique et le dialogue ouvert qu’on trouve dans des démocraties plus avancées. Notre pays ne peut pas survivre une lesson en démocratie comme la plupart des pays industrialisés qui ont subi des changements radicaux et des troubles sociaux et politiques. Nous ne possédons pas les ressources, les infrastructures, ou les petro-dollars pour endurer une guerre civile. En tant que citoyens de cette petite et tendre nation, nous devons être conscients et avertis. Nous ne supporteront pas un autre chef destructeur, toxique, et despotique. Grâce à la révolution du jasmin, nous nous sommes débarrassés de ces ordures venimeux, toutefois le danger rôde toujours. Les hommes et les femmes qui composaient son système bien organisé, et bien financé, se déplacent encore et terrorisent toujours nos rues. Ce sont les ministres, les vendeurs, les clients, les enseignants, les maires, la police, les propriétaires de magasins, et tous les autres.

L’égoïsme, le narcissisme, et la nécessité personnelle du pouvoir sont parmi les caractéristiques des leaders destructeurs . Ces dirigeants nocives ne respectent pas leurs promesses du bien-être de leurs peuples. D’autres symptômes fréquents des leaders destructeurs incluent habiliter et renforcer un très petit cercle de partisans fidèls, empecher la construction d’une structure solide, et l’absence d’organisation efficace. Les leaders destructifs sont traditionnels dans leur facon de penser – “command and control “- est un modis operandi. Les effets d’une telle structure se voient dans les résultats économiques, sociaux et politiques qui compromettent la qualité de vie et les libertés des citoyens, une chose avec laquelle tous les Tunisiens sont trop familiers. Le control peut etre evident, comme quand la police secrète ou politique espionne les citoyens ou les groupes d’opposition, ou peut être subtil, comme rappels de l’isolement  social et politiquequand  l’unité autour d’une cause ne se matérialis pas, comme le cas du 26-26.

D’autres symptômes moins évidents, qui ont été exposées récemment au cours de cette période de transition, sont les suivants:

  • Agendas personnels: le recrutement, la sélection et la promotion sont basés sur un agenda politique interne. Par exemple s’entourer de sujets fidèles, au détriment des autres qui peuvent être plus qualifiés pour le poste.
  • Compensations politiques: Les promotions et les avantages ne sont pas liés au rendement, mais à la loyauté.
  • L’utilisation inefficace des ressources: La répartition des budgets entre les départements ou les régions est basée sur le régionalisme, le favoritisme, et les centres de pouvoir.
  • Trop de paroles: Les plans sont riches et chargés seulement dans les discours ; beaucoup de paroles mais pas assez d’action.
  • Le manque de collaboration au sein du gouvernement .
  • Poignarder dans le dos, et avoir mauvaise langue comme characteristiques des membres sortants. Ce sont des pratiques que nous avons vu dernièrement dans la Tunisie comme characteristiques des membres  RCD sortants.

Mes chers compatriotes tunisiens, nous ne devons pas tolérer les mauvais comportements et les dirigeants destructeurs. Nous aurions perdu une révolution parfaite. Le sang de nos amis n’a pas encore séché. Nous ne devons pas oublier les 23 dernières années. Nous devons collaborer, former et renforcer la cohésion entre tous les segments du gouvernement et notre société. Il ne doit pas y avoir dans nos rangs une division qui nous affaiblit et renforce ceux qui cherchent à contrôler notre destinée. Comme disait Gandhi: «Nous devons être le changement que nous voulons voir”

L.S.

Toxic LEADERSHIP in Politics as in private Industry

As Tunisians, we have lived for over twenty years under a toxic regime with a destructive organizational leadership style. Due to our lack of exposure to various leadership styles, we are, once again, very susceptible to fall prey to similar practices. Our citizenry still lacks the intellectual maturity, political wisdom and open dialogue found in more mature democracies. Our country cannot survive a democracy learning curve as most industrialized nations who have undergone radical changes and social and political instability. We do not possess the resources, infrastructure, or petro-dollars to endure a civil war or an extended period marred by waste and low productivity. As citizens of this tiny and tender nation, we have to be vigilant and sentient. We will not withstand another destructive, toxic, and despotic leader. Past leaders were interested in pursuing their own agendas. They were destructive because they led us to poverty and loss of human dignity. They led through control and coercion, rather than persuasion and commitment. Tyranny, dominance and despotic control were their qualities.

They were selfish, narcissistic, and in need of power. These noxious leaders never follow through their promises for their peoples’ well-being. Speeches and declarations are simply window-dressing and pure theatrics.

Destructive leaders concentrate power within a very small circle of loyalists, and avoid all forms of open and transparent teams. Destructive leaders are traditional in their thinking – command and control not empowerment and delegation, is a preferred modus-operandi. Effects of such destructive leadership are seen in economic, social, and political outcomes that compromise the quality of life and freedoms of citizens, something all Tunisians are all too familiar with. Control can be overt, as when secret or political police spy on citizens or opposition groups, or it can be subtle reminders to citizens of imprisonment and isolation when appeals for unity around a cause fails to materialize.

Other less obvious symptoms, which were exhibited recently during the early transition period, were:

  • Autocratic behavior: Leadership that does not allow disagreements based on insecurity
  • Personal agendas: Recruitment, selection, and promotion are based on an internal political agenda. For example surrounding one’s self with loyal subjects at the expense of others who may be more qualified for the job.
  • Political compensations: Promotions and perks not linked to job performance, but to loyalty
  • Inefficient use of resources: Budgets are allocated between departments or regions based on regionalism, favoritism, and power centers. Example: between Sidi Bouzid or Sousse
  • Too Much Talk: Plans are heavy on talk, but not enough action. All too familiar with the M.I. lately.
  • Lack of Collaboration within the government and with departments.
  • Back stabbing and bad-mouthing of outgoing members. This is a practice we have seen lately in the Tunisia.

You can leave a company whose CEO is a bully, and you can ask for transferal out of a department who director is autocratic, but what other options, other than public outrage, for when your country leaders exhibit destructive traits?

LE MONDE ARABE-POURQUOI UNE PROPOSITION A SOMME NULLE ?

Il ya quatre semaines je me tenais au milieu de l’Avenue Habib Bourguiba a Tunis. Soudain, j’ai été entouré par des centaines de personnes chantant et criant. J’avais entendu parler de manifestations dans différentes régions du sud, mais si rapidement à Tunis? Je me suis demandé.

Sans avertissement, j’ai été submergé par un sentiment d’euphorie et de déjà-vu. c’était en 1978 et 1979, époque où ZABA était le directeur national de la sécurité. J’étais un jeune homme qui allait a l’Université a Tunis. À une occasion, j’ai été témoin de plusieurs étudiants et ouvriers, mitraillés par la police alors qu’ils tentaient de démonter une statue de Bourguiba, le symbole de l’autocratie. J’étais choqué et incrédule. Il m’a fallu environ une demi-heure pour réaliser que j’avais une entaille de trois pouces de profondeur sur le côté gauche de mon ventre. Je cherchais la ruelle la plus proche pour me refugier loin des fourgonnettes itinérantes des BOB, lorsque j’ai été entouré par plusieurs policiers en civil et emmené au ministère de l’Intérieur. C’est là que j’ai rencontré plusieurs autres étudiants, dont nombreux etaient gravement battus. C’est unitile de raconteur les détails de mes deux semaines de séjour au MI. Je m’efforce de les mettre hors de mon esprit, dans l’espoir de réhabilitation et de pardon.

Trente ans plus tard, je me trouve à moins de cent mètres de l’endroit où j’ai été sauvagement battu. J’ai été entouré par les mêmes visages innocents. Les chants sont identiques et les méthodes sont indiscernables, a l’exception des centaines de téléphones portables tenus haut .

J’ai senti une tres grande confusion et un afflux de sang a la tête.

Je devais partir pour les États-Unis le lendemain pour m’occuper de mon business. En meme temps, je voulais voir jusqu’où irait ces manifestations. J’ai sous-estimé la puissance de ces jeunes hommes et femmes. Ils avaient la conviction et le désir que nous avions il y a trente ans. Ils ont su communiquer à travers l’utilisation de la technologie. Car je suppose, que ZABA et son entourage, qui etaient pour la plupart defiés par la technologie, ont sous-estimés les avantages que la technologie peut apporter, lorsqu’elle est utilisée correctement. Je vais jusqu’à prétendre que le gouvernement Américain lui-même a sous-estimé, mal géré,et mal élaboré des stratégies pour faire face aux médias sociaux et leur prolifération dans les masses. L’administration d’Obama est encore en course contre la montre essayant de comprendre quel cheval miser sur, et la meilleure façon de couvrir ses paris.

Plus tard dans la soirée au café du quartier Montplaisir, pendant que des jeunes exhibaient leurs trophées de grenades lacrymogènes vidés “Made in the USA”, on m’a souvent demandé «pourquoi est-ce-que Obama nous hait…», ou «veulent-ils nous dire que la démocratie est pour les Etats-Unis seulement? ” J’aurais voulu y passer plus de temps pour expliquer la position et le sentiment du veritable peuple américain.

Le jour suivant en retournant aux Etats Unis, j’ai pensé à ces questions. J’ai anticipé la façon dont ca serait joué par tous les côtés. J’ai deviné, sur la base des antécédents, que ZABA justifierait la brutalité de son régime en prétendant qu’il luttait contre les extrémistes islamistes, et il s’est averé que j’avais raison. C’est une carte qu’il a tiré à chaque fois qu’il soupçonnait que ses pratiques brutales seraient critiquées par ceux en dehors de la Tunisie. Et c’est tout ce que Washington voulait et devait entendre. La vérité n’était pas pertinente. Il s’agissait d’un cas où la fin justifie les moyens, aussi longtemps que les moyens destinaient la stabilité dans la région, parce que dans cette région, la stabilité et la démocratie sont incompatibles.

Ayant récemment passé un temps considérable dans la région MENA, permettez-moi de vous assurer qu’aucun des hommes a qui j’ai parlé se souciait des opinions extrémistes, des idéologies politiques, de Bin Laden, ou Obama. En Tunisie, la rue ne se soucie pas des forces géopolitiques et des idées islamistes. La Tunisie est un pays très laïque, composé d’un peuple jeune et extrêmement bien éduqué. Ce qu’ils veulent, c’est des emplois, la dignité, la liberté et l’opportunité de chercher une vie meilleure. Ce n’est pas un soulèvement idéologique comme celui de la Chine ou de l’Europe de l’Est en 1989, ou religieux comme celui de l’Iran en 1979.

Je demande au président Obama de soutenir une véritable démocratie, même au détriment des intérêts immédiats de la politique américaine. S’il choisit des platitudes et le statu quo, l’atteinte à la réputation de l’Amérique dans la région prendra probablement des décennies pour se réparer. J’ai décidé de ne pas attendre jusqu’à ce qu’un vainqueur se dégage. Pour moi, il n’ya qu’un seul parti qui mérite tout mon soutien. Par ce que la démocratie et la liberté est un droit, pas un privilège accordé à ceux qui servent notre intérêt global.

Monsieur le Président, où est «l’audace» avec laquelle vous aviez fait croire a beaucoup d’entre nous que vous étiez la force du «changement » que nous cherchions? Où est le «Yes we can” que vous nous aviez vendu? Je vous le dis, Monsieur le Président, et au nom de tous les Tunisiens et les arabes, “together, we will”.

WHY A ZERO-SUM PROPOSITION?

 

Four weeks ago I stood in the middle of the Avenue Habib Bourguiba, Tunis’s Fifth Avenue. Suddenly I was I was surrounded by hundreds of people chanting and yelling. I had heard about demonstrations in various regions of the south, but so quickly in Tunis? I asked.

Without warning I was overwhelmed by a sense of exhilaration and déjà vu. It was in 1978 and 1979, back when ZABA was the National Director of Security. I was a young man attending University in Tunis. Most demonstrations were organized by the then powerful Union Generale des Etudiants Tunisiens (UGET), of which I was an active member. On one occasion I witnessed several students, and some laborers, machine-gunned by the police as they attempted to take down a statue of Bourguiba, the symbol of autocracy. I was shocked and in disbelief. It was not until about half an hour later that I realized I had a three inch deep gash on the left side of my belly. As I sought the nearest alley way and refuge away from the roaming BOB vans, I was encircled by several plain clothed policemen and taken to the ministry of Interior. It is there I met several other students, many badly beaten. I will spare you the details of my two week stay at the Interior Ministry. I try very hard to put it out of my mind, in the hope of rehabilitation and forgiveness.

Thirty years later, I find myself less than a hundred yards away from where I was first brutally beaten, and pain no longer mattered, and over eleven thousand nights of the same nightmare. I was surrounded by the same young innocent faces. The chants are the identical and the methods are indistinguishable, were it not the hundreds of portable telephones held up high. I became confused and felt a rush of blood to the head.

I was scheduled to leave for the US the next day to tend to my business. On the other hand, I wanted to see how far these demonstrations would go. I underestimated the power of these young men and women. They had the belief and desire we had thirty years before. They knew how to communicate through the use of technology. For I suppose, that ZABA and his entourage of mostly technology-challenged men like himself, also underestimated the advantages technology provided, when used properly. I go as far as claiming that the US government itself underestimated, mismanaged, and poorly strategized how to deal with social media and its proliferation within the masses. The Obama administration is still racing against the clock trying to figure out which horse to bet on, and how to best hedge its bets. If only it was not for Twitter and Facebook, they would deliberate and “monitor” the situation, as Secretary Clinton said weeks ago referring to the situation in Tunisia.

Later that evening at the neighborhood café, as some of the youth were showing off their trophies of emptied out tear-gas canisters that read “MADE IN THE USA”, I was often asked “why does Obama hate us…”, or “do they just mean democracy for the US only?” I only wish I had spent more time there explaining the position and the feeling of real American people.

On my flight back to the States the next day, I thought about those questions. I anticipated how it would be played out by all sides. I guessed, based on past history, that ZABA would justify his regime’s brutal force by claiming he was battling Islamist extremists, and I was proven right. That is a card he pulled every time he suspected his heavy-handed practices would be criticized by the world. And that is all Washington wanted and had to hear. Truth was irrelevant. This was a case of the end justifying the means, as long as the means meant stability in the region, because in this region, stability and democracy are mutually exclusive.

As someone who has recently spent considerable time in the MENA region, let me assure you that none of the men I spoke to cared about extremist views, political ideologies, Bin Laden, or Obama. In Tunisia, the street is unconcerned with geopolitical forces and Islamist views. Tunisia is a very secular country composed of an extremely well-educated young people. What they care about is jobs, dignity, freedom, and the opportunity to seek a better life. This is not an ideological uprising like China or Eastern Europe of 1989, or a religious one like Iran of 1979.

I call upon president Obama to support a genuine democracy, even at the expense of immediate American policy interests. If he chooses platitudes and the status quo, the harm to America’s standing in the region will likely take decades to repair. I have decided not to wait until a clear winner emerges. For me, there is only one party that deserves my support. For democracy and freedom is a right, not a privilege bestowed on those who only serve our national interest.

Mr. President, where is the “audacity” with which you had many of us believe you were the “change” force we were looking for? Where is the “Yes we can” you had sold us? I say to you, Sir, and on behalf of all Tunisians and Arab people, “together, we will”.