Monthly Archives: July 2012

Pourquoi sommes-nous facilement manipulables et qu’est ce qu’on peut faire ?

La subversion idéologique est la réponse. Il s’agit d’une stratégie pratiquée pour un lent lavage de cerveau, qui dure généralement des années avant de donner ses fruits.

Elle consiste en quatre parties bien orchestrées : La démoralisation, la déstabilisation, la crise et enfin la normalisation 1.

La subversion idéologique c’est  “Promettre au peuple ce qu’il n’aura jamais, tout en créant des situations de crises pour justifier la construction d’un gouvernement totalitaire, d’un état de police, à travers des crises économiques qui permettent de guider le peuple vers n’importe quelle destination souhaitée, comme le fait un berger avec ses moutons“².

Je vais essayer de démontrer comment l’état actuel des choses dans notre pays, est le résultat d’un processus de subversion idéologique long et méthodique. Débutant dans la deuxième moitié des années soixante-dix par la bien payée milice de Ben Ali, cette pratique continue à présent avec la Troika d’une façon lente mais méthodique, en jetant le peuple dans le désespoir total.

Les théoriciens du complot prétendent que ce processus, maîtrisé par la CIA dans les années 1940s, et utilisé intensivement pendant la guerre froide par les 2 camps, a été arboré à Ben Ali lorsqu’il occupait la position du directeur de la sécurité. Puis l’implémentation a eu lieu au fur et à mesure que Ben Ali devenait le « Manchurian candidate » de l’occident.

La démoralisation du peuple tunisien  a duré entre 15 et 20 ans, et elle a été exercée par des gens du pouvoir et leur entourage. Y ont aussi participé les médias, les dirigeants des syndicats ainsi que les puissants businessmen.

Cette première étape de la Subversion Idéologique, qui est généralement la plus longue, a bel et bien donné ses fruits en créant un état d’esprit collectif incapable de faire des choix de manière autonome.

Nous sommes devenus une nation hypnotisée vu que nous vivons fréquemment un détachement vis-à-vis de la réalité.

Ceci a été corroboré par le biais de la manipulation de l’opinion publique et la création d’une puissante police secrète qui s’infiltre jusque dans les maisons et les endroits de travail, propageant la panique et la méfiance dans les familles et les relations publiques.

Ce qui a abouti à une nation minée qui cherche des plaisirs éphémères (Musique, télévision, et événements sportifs) dans l’espoir de pouvoir oublier sa maladie collective, exactement comme est le cas d’un patient qui cherche à surpasser ses maux par les calmants.

Comment se fait-t-il qu’aujourd’hui, en 2012, nous sommes un pays dans le désarroi, sans valeurs ni vision commune ? Nous sommes à deux pas de perdre la seule et réelle opportunité d’émancipation, par manque d’anticipation et de know-how. Pourquoi semblons nous perdus, sans des principes qui nous animent ni de leadership qui nous guide ?

La réponse est vraiment simple. Nous venons de sortir d’une chambre obscure après 30 ans,  et nous sommes éblouis par la lumière.

Nous étions hypnotisés dans cette chambre obscure, tout simplement pour que nous soyons facilement gouvernables. La question qui se pose maintenant est : comment ?

L’essence du contrôle social est l’influence sur les valeurs auxquelles tiennent les gens et sur tout ce qui est important à leurs regards.

Pour la plupart d’entre nous, il s’agit de nos familles, notre santé, notre statut social et nos biens.

Tant que la concentration est sur le “soi”, toutes les valeurs viennent de l’extérieur. On appelle ce phénomène le ”narcissisme dépersonnalisé ”. L’individu pense et s’occupe exclusivement de lui même, mais uniquement dans le cadre de méthodes sociales préinscrites. 3

A travers la télévision, la publicité et le monde qui nous entoure, on nous avait dit ce qu’est la beauté, le succès, le style et ce qui est “normal“. Par le biais de ce que nous regardons à la télévision ou à travers les medias, nous avons appris ce qui est important et comment le percevoir.

Nous avons une couverture massive à propos des compétitions sportives et des superstars alors que des sujets comme l’éducation ou l’environnement ne sont guère mentionnés. Il suffit d’imaginer ce que peut être une soirée typique dans un foyer en Tunisie: des parents qui regardent des émissions télévisées importées de nations qui ont très peu de points communs avec nous, des enfants sur le Facebook ou jouant à des jeux vidéos, des jeunes filles qui veulent devenir des chanteuses de pop, et des adolescents qui n’ont jamais lu un livre et ne peuvent même pas formuler correctement une phrase.

Les gens qui subissent ce genre de traitement deviennent infectés et on finit par voir des obtus occuper des postes dans les mass medias, l’administration publique et le système éducatif.

La perception idéologique d’un Tunisien typique est devenue tellement contaminée que même si on l’expose à des informations authentiques il ne saura pas leur importance.

« La révélation de vraies informations n’a plus d’importance car un peuple qui a subi la démoralisation ne peut plus valoriser les vrais informations, les réalités ne comptent plus ». 4

Cette idée est étayée par les récentes coupures d’eau et d’électricité, l’émergence du mouvement Salafiste accompagné de la violence, et les attaques contre les  libertés des gens durant le mois de ramadan etc. …

Rien ne peut déstabiliser et démoraliser une nation comme l’impasse du chômage en face de ses jeunes diplômés, qui se comptent par des milliers chaque année.

Une fois bien exécuté, le processus de la déstabilisation ne doit pas durer plus que 5 ans. Il s’agit surtout d’agir sur le plan économique. En Tunisie, ce processus a ciblé les investissements étrangers et le libre échange. Les emplois sont éliminés et le travail devient un rêve pour plusieurs d’entre nos jeunes. Les prix ne cessent d’augmenter exponentiellement, et personne ne prête attention à l’inflation. Ainsi les crédits, un outil pour contrôler les générations à venir, représentent à présent la solution unique que ce soit pour les individus ou pour l’état.

Avoir des principes et des valeurs, et les défendre ne fait plus partie de la personnalité d’une personne qui a été démoralisée, puis déstabilisée.

Une fois hypnotisé, accepter les différentes crises de la vie nous devient très facile maintenant. Quand je parle des crises comme une partie de la Subversion Idéologique, je ne fais jamais référence aux catastrophes naturelles, mais plutôt aux actions récentes qui occupent nos rues, et à la violence physique ainsi que morale subies par nos concitoyens. C’est sous la lumière de ses événements critiques que les décisions tranchantes sont prises! Ainsi en offrant des compromis, le publique reçoit des solutions et des moyens pour sortir de l’impasse.

Ce compromis est une forme déguisée d’un retour à la normale. Des mesures économiques ou sociales sont alors prises rapidement pour donner l’impression que la vie est revenue à la normale. Ces mesures sont destinées non seulement à nous renvoyer vers l’hypnose, mais aussi à inculquer un sentiment d’euphorie qui donne l’impression que nous sommes toujours dans de beaux draps.

Qu’est-ce que nous pouvons faire.

Je ne suis pas en train d’écrire ceci avec un ton pessimiste, au contraire j’essaye de transmettre à chacun de nous un sentiment d’optimisme qui pourra un jour raisonner en reflétant une joie collective, la joie de la maîtrise du soi.

Pour commencer, permettez-moi de dire que les gens qui ont exercé la subversion idéologique sur notre peuple, ne sont pas les seuls responsables. Il faut se mettre d’accord que nous assumons aussi une partie de cette responsabilité.

Nous devons prendre de la distance par rapport à nos habitudes et commencer à percevoir la réalité d’un autre angle de vue, et à admettre que par l’individualisme on ne pourra jamais se détacher de la chaîne de dépendance à nos gouverneurs.

Il est évident que c’est difficile de ramer à contre courant et de lutter contre les « valeurs » et les mythes de sa société, mais sur le plan historique et moral, c’est le bon choix.

Faire face à des vérités cruelles peut mener à des sentiments accablants de négativité et de désespoir, mais c’est ainsi qu’on arrivera à l’éclaircissement et à la renaissance.

La dépression, est généralement due à un sentiment de faiblesse et nous sommes une société déprimée. « En vivant le pire, nous possédons le pouvoir de créer le meilleur »  3.

Nous ne devons pas céder aux appels à la haine et à la méprise de soi, que peut lancer des politiciens ou des prédicateurs. Nous devons démontrer de la détermination, tout en gardant la sympathie et la tolérance envers l’autre.

Cherchez une mission qui vous passionne, et prenez l’initiative. Trouvez des personnes avec qui vous partagez la même passion et créer un groupe ainsi qu’un plan pour réaliser des buts que vous prédéfinissez. Suivez des cours qui vous permettent de réaliser vos rêves parce que, vous savez, nos rêves restent toujours là ils ne disparaissent jamais.

Créer des communautés qui partagent les mêmes valeurs. N’attendez pas les autres pour commencer, soyez le leader que vous êtes au fond. Tout ce qu’il vous faut c’est de la détermination et de la volonté. La liberté et la réussite, sont des choix !

Si vos buts vous paraissent irréalisables, ou si vous n’essayez pas, vous aller gâcher votre temps et rater des occasions. Si vous optez pour une attitude négative et décourager les gens, et bien c’est vous qui aurez perdu, pas nous.

 

Références:

  1. Destroyed From Within: The Four Stages of Ideological Subversion
  2. http://itooktheredpill.wordpress.com/2008/10/19/
  3.  http://www.crossroad.to/Quotes/brainwashing/2007/bezmenov.htm

4. http://www.truthmove.org/content/operation-gladio/

MIND CONTROL AND DICTATORSHIP

WHY ARE WE SO EASILY MANIPULATED? What Lessons learned and what can we do?

IDEOLOGICAL SUBVERSION is the answer. It is a strategy of slow brainwashing that generally takes years to bare fruit. It consists of four very well orchestrated parts: demoralization, destabilization, Crisis, and then Normalization1.

Ideological subversion is “Promising the people what they will never receive while creating crisis to justify building a huge government, a police state, and finally an economic crisis and steer the people anyway they will, just as a Sheppard with his sheep” 2    

I will try to show that our current state of affairs in Tunisia is a result of a long, methodical process of ideological subversion, first started in the late seventies by well paid Ben Ali militia, and now adopted, perhaps unknowingly, by the Troika as they slowly and methodically kill whatever little spirit we have left.

Conspiracy theorists may even claim that this process, perfected by the CIA in the late 1940s, used extensively during the cold war by both sides, was first introduced to Ben Ali as a director of security in the late 1970s, then put into action as he was being groomed by the West to be their “Manchurian candidate”.

Demoralizing the Tunisian people took about 15 to 20 years by those in government and those close to them, such as media, labor union bosses and wealthy powerful individuals. This first step of I.S. usually the longest of the four resulted in a collective mind that is incapable of making intelligible decisions on its own. We became a nation hypnotized as we often exhibited strange detachment from reality.

This was implemented by manipulating public opinion and creating a powerful secret police that would infiltrate the homes and the work place, creating panic and distrust among families and friends. The result is an infected nation that seeks temporary pleasures (such as music events, television, and athletic events) to forget about its collective ills, just as a sick patient seeks more pain killers. A false sense of calmness prevailed over the country and safeguarded by a well structured and systemic mind controlling machine.

How is it that today, 2012, we are a country in disarray, with no common vision or values? We are on the verge of squandering the only real opportunity of emancipation, though not anticipated. Why do we appear lost with no guiding principles or leadership?

The answer is really simple. We have been let out from a dark room after thirty years, and now we are blinded by the light.

The reasons why we were hypnotized in this dark room is simply so that we can be easily governed. The more interesting question to ask is, how.

The essence of social control can be traced to influences over what people care about; what their values are, and what’s important to them. For most of us, it is our families, our health, our status, and our possessions. While the focus is in the “self”, the values are all proscribed from the outside. We call this phenomenon “depersonalized narcissism”—the individual thinks and cares almost exclusively about “him” but only in the external societal proscribed ways.3

Through television, advertising and the world around us, we are told what beautiful is, what success is, what style is, and what “normal” is. By what we see on television or in other media, we are taught what is important and what to think about. We have in-depth coverage of sports and celebrity gossip while education or the environmental are barely even mentioned. Just think of what a typical evening looks like at a Tunisian home: parents watching TV shows imported from nations we have very little in common with, kids on Facebook or playing video games, young ladies wanting to be music pop stars, and adolescents who do not own a book or and can’t put together a full sentence.

People that undergo this sort of treatment become infected and stuck with useful idiots occupying mass media, government administration and the educational systems, as we have endured for nearly thirty years. The ideological perception of a typical Tunisian citizen became so contaminated even if you exposed them to authentic information they would never believe it. “Exposure to true information does not matter anymore because a people who have been exposed to demoralization cannot process true information, facts do not matter”4

Such examples of infection based facts are the recent water and electricity shortages, the surge of Salafist movement and violence, and the attacks on personal liberties of Tunisians and foreigners alike during the holy month of Ramadan. Nothing demoralizes and destabilizes a nation than the gloomy future of its educated masses, by the hundreds of thousands a year.

Destabilization is a process, if well executed that takes no more than 3 to 5 years. It is mostly economical. In Tunisia, it focused on the principles of free market and foreign investment. Jobs are eliminated and employment prospects become a dream for many. Prices continue to rise as inflation is ignored. Borrowing, for individuals and for the state, becomes the solution, as it is a way of keeping control of a nation for generations to come. A person who is demoralized, then destabilized no longer can be expected to have a beliefs or values to fight for. He is unable to assess factors or make intelligent decisions. This can possibly characterize most of us today, as we are, on a daily basis, watching the effective machine of ideological subversion at work, while unable to react. We have become brain washed and easily accepting of crises as way of life. We have become the frog that slowly boils away.

When I speak of crises as part of an Ideological Subversion, I generally do not mean natural crises. I refer to such things as the recent garbage that took over the streets and the physical and verbal attacks on citizens and national (like the museum de Marsa). It is during this period that urgent measures are put in place. The public is offered a solution and a way out of the crisis, and usually in return of some kind of compromise.

This trade-off is a disguised form of a return to normal. Quick economic or security measures are then taken to appear as if life is back to normal. They are meant to not only subdue us back to hypnosis, but instill a sense of euphoria and belief that we are always cared for

What we can do.

I am not writing this with a sense of defeatism. In the contrary, I am trying to instill in all of us a sense of optimism that will one day resonate with a collective joy, the joy of self control.

First, let me say that those who practiced ideological subversion on all of us are not the only ones to blame. We must share in the responsibility. We must first come to terms with the gravity of our predicament. We must step away from the “normalement” and wake up to reality, the reality that no one alone can break the shackle of this dependence on those who govern us. While it is certainly not easy to go against the destructive “values” and myths of one’s society, it is, historically and morally, the right thing to do.

Facing unpleasant truths can result in overwhelming feelings of negativity and despair, but such is the path of enlightenment and true positivity. Depression often comes from a feeling of powerlessness and we are depressed society. “By facing the worst, we hold the power to create the better”3. We must not be swayed by such destructive, self-hating, self-promoting weak preachers or politicians. Our optimism and purpose threaten them. We must be resolute, and at the same time, retain sympathy for other’s viewpoints and circumstances.

Find a mission you really care about it and take the first step. Find others who share your values and create a bond and a plan to achieve. Educate yourself in the ways of pursuing your dream because it is still out there. Create communities of values. Do not wait for others to show the way. Become the leader you always wanted to be. All it takes is determination and a will to do so4. Freedom and success are a choice.

If your goal seems unattainable to you, or if you don’t see the point in trying, you have lost sight of the moment and the possibilities. If you refuse to try and discourage others who do, you have lost. We have not.

References:

  1. Destroyed From Within: The Four Stages of Ideological Subversion
  2. http://itooktheredpill.wordpress.com/2008/10/19/
  3.  http://www.crossroad.to/Quotes/brainwashing/2007/bezmenov.htm

4.    http://www.truthmove.org/content/operation-gladio/

UN TITANIC MADE IN TUNISIA

Lorsque le temps est mauvais et qu’un orage se prépare, je regarde vers l’horizon et je me dis que des jours ensoleillés sont à venir. Aujourd’hui je vous écris avec le cœur lourd. Je suis généralement une personne positive, cependant, j’ai du mal à garder le même état d’esprit durant cette période de transition politique que nous vivons en Tunisie. Plus de dix-huit mois se sont écoulés et nous sommes dans la plupart des cas, en train de régresser dans les affaires d’Etat et dans ce qui importe vraiment au Tunisien. Plus de dix-huit mois se sont écoulés, et le paysage politique est plein d’incertitude, de conflits internes, et d’intérêts personnels qui s’affrontent au détriment du progrès et de nos libertés.

 Alors que notre jasmin tombe en pourriture, que notre “printemps” arabe nous a quitté  et que la paresse estivale s’installe, je ne peux pas m’empêcher d’observer l’ensemble de nos dirigeants avec désespoir tout en espérant qu’il y ait des solutions qui nous propulsent vers l’avant.

 Alors que chaque jour s’enfuit, j’ai l’impression d’être devant un navire coincé dans les eaux profondes de l’océan. Et j’observe  nos dirigeants, et les vois faire tout sauf tenter de s’en sortir, et mon espoir se transforme lentement en peur et en incertitude.

La Tunisie ressemble de plus en plus au navire insubmersible qu’était le Titanic. En 1912, le monde entier le pensait trop grand, trop rapide et trop avancé technologiquement pour couler. Il en était de même pour notre révolution, les présidents et les nations se sont levés et ont applaudi. Dans mon université de Harvard, il y a eu une “standing ovation” au milieu de sa célèbre place Harvard. Aujourd’hui, nous avons presque honte de la politique de nos leaders et de l’image qu’ils nous attribuent aux yeux du monde entier.

 Il y a exactement 100 ans, le navire insubmersible n’a pas coulé à cause d’une mauvaise stratégie, d’une mauvaise technologie, ou des eaux difficiles. Il a coulé parce que son capitaine se reposait trop sur tout, sauf sur ses proches et son équipe. Il n’a pas tenu compte de ses limites, des compétences de son équipe, et n’a fait aucune préparation regardant les problèmes qui pourraient se poser lors du voyage. Mais surtout, en apprenant que le navire avait heurté l’iceberg, il n’a pas su quoi faire, ce qui a coûté  la vie à un très grand nombre de personnes.

 Nos dirigeants d’aujourd’hui, et je veux le dire clairement, dans le gouvernement d’abord et dans l’opposition ensuite, ne sont pas différents du capitaine Smith. Ils n’ont pas les compétences pour naviguer en eaux difficiles. Ils n’ont pas le bons sens d’inclure les autres dans les prises de décision, ni l’empathie pour communiquer avec ceux qui leur faisaient confiance pour les mener à bon port.

 C’est décourageant, attristant, et démoralisant de voir le parti au pouvoir tout faire pour consolider sa position, construire sa base, et se fortifier en vue de maintenir sa position sur le long terme. Pratique courante pour n’importe quel parti au pouvoir, certes; mais dans notre cas, elle se fait aux dépends de la population et du peuple pauvre auquel le parti avait promis de l’aide. Chaque aspect de nos vies a empiré depuis le 14 Janvier, et l’avenir dans les mains de ce parti est sombre au mieux.

 Il est tout aussi décevant de voir des partis d’opposition s’engager dans des querelles et luttes de pouvoir internes, alors qu’aucun d’entre eux ne s’est présenté pour être un concurrent viable dans les prochaines élections.

 Nous, le peuple Tunisien, sommes les véritables perdants dans tout cela !  Quelles possibilités avons-nous ? Comment pouvons-nous obliger les dirigeants à répondre à nos besoins au lieu des leurs ? Avons-nous le temps de changer les règles du jeu quelques mois seulement avant les prochaines élections ? Devons-nous tout simplement abandonner ces élections et se concentrer sur celles qui auront lieu dans cinq ans ?

 Je suis d’avis que ni le parti actuellement au pouvoir, ni l’opposition ne peuvent nous mener seuls sains et saufs au rivage. Qu’est-il arrivé à « tous pour un et un pour tous»? Des promesses n’ont-elles pas été faites, et un serment prêté devant Dieu ?

 Je suis convaincu que la seule solution que nous ayons est de nous réunir autour d’un objectif commun appelé « Tunisie ». Rien n’est plus important, ni plus valeureux que notre avenir et celui de nos enfants. Martin Luther King Jr a dit une fois : « Ne nous laissons pas plaire dans la vallée du désespoir. Nous  ferons face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, et je continuerais toujours à avoir un rêve », et je persisterais à avoir ce rêve d’une Tunisie meilleure, prospère, libre et démocratique.  

Congrès National sur l’Emploi – Opportunité Ratée

Le problème du chômage a toujours été un sujet très important qui m’a largement interpelé et dans lequel je me suis beaucoup investi en essayant de mieux le comprendre et en apportant mon soutien selon mes propres moyens. En tant que professeur d’université, chef d’entreprise, comme quelqu’un qui a grandi au centre-ouest de la Tunisie, une région où près de 45% de ceux qui sont diplômés de l’université ne trouvent pas de travail et en tant que père compatissant d’un diplômé universitaire qui comprend que la dignité est égale à un emploi, il m’est douloureux de voir les rêves des générations futures, et celles de leurs familles partir en fumée.

C’est justement pour cela que j’ai salué l’initiative du gouvernement provisoire que d’organiser un congrès de trois jours pour chercher et débattre des stratégies, tendre la main à ceux qui ont une certaine expérience dans le traitement des problèmes de chômage. Je pensais que de belles résolutions sortiront une fois les données ont été recueillies, développées et analysées.

Malheureusement, durant ces 3 jours de congrès, nous avons assisté à plusieurs opportunités ratées par le gouvernement. M. Abdelwahab Maatar, MFPE, avait sous-estimé, lors de ses apparitions dans les medias,  la gravité du problème du chômage et son impact et sur la psychologie d’un jeune et sur l’économie politique des années à venir. Ce même mauvais calcul lui a fait perdre des points en matière de mesures correctives (embaucher les jeunes diplômés en priorité par exemple). Il a fini par prendre une série de décisions, dont aucune n’a été suffisamment puissante pour réparer le mal en place. Pire encore, et dans une extraordinaire démonstration d’irresponsabilité,  il s’est mis à  attaquer les administrations précédentes et à blâmer le manque d’enthousiasme et de courage des chômeurs. Il est clair que tout citoyen, chômeur ou travailleur, diplômé ou pas d’ailleurs, mérite un meilleur traitement de la part d’un fonctionnaire de l’état qui a eu accès à ce poste grâce aux innombrables  promesses qu’il ait faites, et dont  le droit à un emploi était sa préférée. Ce genre de comportement, venant d’un haut responsable,  me laisse perplexe quant à la capacité de ce gouvernement à résoudre un problème dont  il ne reconnaît même pas l’existence. Cette insensibilité de la part du ministre serait le parfait exemple de leadership à ne jamais suivre.

J’ai malheureusement fini par laisser la méfiance prendre le dessus quant aux objectifs réels du congrès. Etait-ce vraiment destiné à apporter des solutions aux  800 000 chômeurs ? Pourquoi n’a-t-on pas pensé à les consulter? Où étaient les diplômés chômeurs qui errent dans les quatre coins du pays? On aurait pu les emmener par bus, on aurait dû les mettre dans des hôtels décents et les traiter avec autant de courtoisie que celle que nous accordons aux étrangers en provenance d’autres pays arabes. A ma grande surprise, rien de cela n’a été prévu, et les représentants des diplômés chômeurs n’étaient pas les seuls à manquer le rendez-vous ; les partis d’opposition, les experts, les économistes, les syndicats (UGTT), les organisations patronales (UTICA, CONECT), les entreprises nationales (PGH ou BSB) ainsi que les compagnies multinationales ont tous été absents. Il est clair que ce congrès n’avait rien de « national » vu que la participation s’y était limitée à des interventions « amicales » de professeurs universitaires et la présence de jeunes consultants très enthousiastes mais qui manquaient d’expérience pratique.

J’aurais tant aimé voir le parti au pouvoir assumer sa responsabilité et prendre l’initiative de rassembler les diverses parties prenantes, quelles que soient leurs idéologies ou  allégeances, afin de ressortir avec les meilleures propositions possibles. Cela aurait été un excellent exemple de maturité en matière de leadership politique et aurait pu être l’étincelle qui ramènerait notre pays aux vrais combats de la révolution : l’emploi et la dignité.

Par soucis de transparence, je tiens à vous raconter cette anecdote.  J’ai rencontré trois jeunes filles de Sfax et Médenine qui ont dû, chacune, emprunter de l’argent pour pouvoir assister au congrès. Elles ne venaient chercher les solutions proposées par le gouvernement. Elles avaient tout simplement l’espoir de rencontrer des chefs d’entreprises afin qu’elles puissent transmettre leurs CV et peut-être obtenir une interview ou deux. Malheureusement pour elles, personne n’a songé à inviter des chefs d’Entreprises.

 

J’ose espérer que l’année prochaine, le MFPE sera plus sensible et plus compatissant envers le million de chômeurs qu’on aura au pays. J’ose également espérer que le prochain congrès sera plus inclusif et pourra réunir toutes les parties prenantes.