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Démocratie-start-up, dites-vous? oui, mais

Comment peut-on parler de démocratie-start-up en ignorant les bases premières qui font le succès d’une start-up? Il parait que cette question n’a pas été suffisamment discutée par les personnes en charge de ce dossier. Sommes-nous sûrs, d’avoir identifié le bon ‘’ business model’’ en prenant en compte la Tunisie post-révolution? Avons-nous identifié les composantes de l’écosystème et, en particulier, les pièces fragilisées qu’il va falloir réparer ou remplacer? Rien n’est moins sûr.

Investir-en-Tunisie-start-up-democracy

Traiter séparément chacune des pièces défaillantes du système, c’est ignorer la réalité et l’histoire du comment et du pourquoi qui ont fait que nous sommes ici, logés à cette enseigne.   Laisser les choses  comme si de rien n’était, revient à panser nos  plaies ouvertes en espérant calmer nos douleurs. Mettre tous nos malheurs sur le compte du soi-disant échec d’une révolution, ou sur le dos d’un trop-plein de leaders incompétents,  serait une conduite irresponsable envers  la réalité d’une société bel et bien souffrante. Il nous faudra affronter courageusement le fait que notre écosystème stagne et que notre balance commercial soit inversée pour espérer un jour sortir de cette boucle infernale qui nous tire vers l’échec. Nous n’avons besoin ni de plus ni de mieux du même,   nous avons besoin d’un nouveau système par lequel et dans lequel tous les actionnaires peuvent bien profiter et prospérer.

Ce gouvernement bénéficie, à première vue, du fait qu’il est largement constitué de personnes qui ont réussi dans le secteur privé, il est censé de même avoir tiré les bonnes leçons des erreurs commises par ses prédécesseurs, il devrait être capable d’innover et, en cas de nécessité, certains le diront, retro-innover (reverse innovate) de nouveaux ‘business models’ pour une traiter une économie enlisée au stade de point mort.

Considérons alors quelques problématiques clés qui doivent être analysées alors que nous nous embarquons dans ce ‘’Business model’’ de démocratie –start-up:

  1. Quelles valeurs ajoutées, ces (22) projets vont-ils créer à moyen et longs termes? Pourront-ils améliorer notre niveau de vie? Vont-ils nous donner de nouvelles options, ou simplement nous servir d’alternatives? En gardant à l’esprit que le citoyen moyen pense le plus probablement aux réseaux routiers, aux hôpitaux et aux équipements médicaux, aux systèmes d’énergies renouvelables, aux filières  alimentaires alternatives, aux écoles et autres nécessités quotidiennes, quels impacts ces projets auraient-ils sur ce citoyen, et seraient-ils vraiment réalisés?
  2. A qui profiteraient ces projets? La réponse est simple: cela dépendra s’ils sont des initiatives strictement privées ou des projets réalisés en mode ‘’ responsabilité sociale’’.  Dans le premier cas, les projets sont destinés à maximiser les profits et à servir en tant que rampes de lancement pour des multinationales cherchant à retro-innover pour se maintenir à flot. Ce type de projets n’est pas destiné à servir le public, qui y est  ciblé juste en tant que client-payeur. Dans le deuxième cas, les projets ont un objectif socioéconomique et viseront à maximiser les taux de réalisation des buts assignés comme l’accès  des zones rurales aux soins et à l’éducation de base, l’accès aux technologies et notamment à l’ internet pour tous, au transport public gratuit…
  3. Ces nouvelles initiatives apporteraient-elles des solutions différentes de celles existantes? Comment pourrait-on s’assurer qu’elles ne succomberont pas au même sort que les autres? Leurs études ont-elles été réalisées par ce gouvernement, ceux qui l’ont précédé Ou par des ONG? Saurait-on, par exemple, pourquoi certaines; sinon la plupart; des initiatives gérées par le gouvernement ont-elles échoué? Connaitrait-on, au moins, le rôle joué par le leadership politique dans le succès ou l’échec de ces projets technologiques inducteurs de transformations? A-t-on documenté, inventorié les erreurs, les négligences, les mauvaises comme  les bonnes pratiques, des initiatives similaires précédentes que ce soit chez nous ou chez les autres?
  4. De quelles ressources ces projets auront-ils besoin pour atteindre les objectifs escomptés? A-t-on réellement pensé au scenario du changement du leadership politique? A-t-on aujourd’hui, ou va-t-on former demain, les agents, cadres opérationnels et stratégiques nécessaires pour réaliser ces projets? A-t-on aujourd’hui, ou va-t-on acquérir demain, la logistique nécessaire pour assurer la fabrication, le transport et la livraison des biens et services qui en résulteront? Si ces projets réaliseront leurs potentiels, a-t-on pensé à adapter l’offre énergétique, y compris renouvelable, à la demande qui serait, bien sûr, bien plus importante? Avons-nous un plan de formation pour préparer les nouvelles générations d’ingénieurs, d’enseignants et d’ouvriers pour pouvoir conduire et réaliser  ces projets et surtout apprendre et s’améliorer pour lancer de nouvelles initiatives encore plus ambitieuses?  Avons-nous les experts en environnement pour pouvoir faire face aux impacts que ces projets ne manqueraient pas d’occasionner au milieu naturel?
  5. Quel type de relations et d’interactions devrait être mis en place pour forcer le succès?

Pour réussir ces réalisations capitales, plusieurs acteurs doivent être en synergie et synchronisation avec la stratégie mise en place, après tout il s’agit bel et bien  de notre  ‘’start-up’’ national, peu importe ce que nous en pensons. Notre succès  exige l’alignement et la coordination entre les différents partenaires à savoir les syndicats, les associations socioprofessionnelles tels l’UGTT et l’UTICA, les ministères, l’administration et les institutions publiques ainsi que le secteur privé.

Le défi ne sera que plus dur à relever, si l’on prend en considération a politique politicienne qui règne au pays actuellement, tout comme la profonde césure qui traverse notre société.

Il est à espérer que ce gouvernement sortant, ait pensé à un mécanisme innovant qui mettra ces projets sur la bonne voie, à travers un modèle d’implémentation  facilement exécutable par d’autres. Ce sera  l’héritage qu’il aurait à montrer aux générations futures, en étant le gouvernement qui a pu mettre en place la première pierre dans l’édifice du projet Tunisien.

Cette démocratie-start-up devrait être la voie de sortie de la Tunisie vers le salut,  après quatre ans de pays-en-roue-libre. Mais ceci n’ira pas sans difficultés, sans révisions profondes des lois et réglementations existantes, et surtout sans une refonte totale des valeurs de la société.

 

Democracy Startup Business Model

Can we talk about a “democracy start up” when we are ignoring the very basis of what makes a startup successful. Has the right business model been identified encompassing post revolution Tunisia? Have we identified all the pieces comprising the ecosystem and especially the weakened components that need to be replaced?

Investir-en-Tunisie-start-up-democracy

Treating each of the failing parts of the system separately is ignoring the reality and the history of how and why we got here in the first place. Leaving it as is would be nothing short of a series of bandages meant to make us temporarily forget the pain. Blaming all of our pains on a failed revolution or too many incompetent leaders is downright irresponsible and ignoring the reality of a society in pain.

Our ecosystem is stagnant and our exports are in reverse mode and what is needed isn’t more of the same but a system by which and in which all the stakeholders can thrive.  This government benefits from insight as they are composed largely of people who succeeded in the private sector, and from mistakes made by others before them; therefore they should be able to innovate, out of necessity, some might even argue, reverse-innovate new business models for an economy stuck in neutral.

Let’s look at some key issues to be studied as we embark on this democracy startup business model:

  1. What value do these projects create in the long term? Do they improve our lives, give us other options, or simply serve as an alternative? Keep in mind that the average citizen is probably thinking of existing roads, hospitals and medical equipment, renewable energy, other food alternatives, schools and other every day essential. What impact, social or economic will they have on us as a people and will that be realized?
  2. Who do these projects serve? The answer to this question is simple: it depends. If they are meant as strictly private initiatives or socially responsible ones. The former dictates that they would have to be profit maximizers, serving as a launching pad for MN corporations looking to reverse-innovate to stay afloat, and in which case they do not serve the public, rather target the public strictly as a paying client; the latter would mean that they have a socio-economic purpose and would be considered as reach-maximizers such as more access to rural hospital and elementary schools, access to technology and available internet to all and free public transportation.
  3. What sets these initiatives apart from past initiatives and how can we ensure they will not succumb to the same fate? Have there been studies conducted, by this government or others before it, or NOGs, of why some if not most initiatives managed in part or fully by the government have failed? DO we know what role political leaderships play in the success or failure of such transformational technological projects? Have we documented all the missteps and the best practices of the past, ours and others like us?
  4. What resources will be needed for these projects to reach their desired objectives? Have we really thought about what would happen when leadership changes? Do we have now, or will later train, the necessary labor force to achieve these projects? Do we have now or de we acquire all logistics necessary to ensure the manufacturing, transport, and delivery of our goods and services? As these projects realize their potential, do we produce enough renewable energy to secure satisfying demand or have we thought of alternative ways? Have we a plan for preparing future generations of engineers, teachers, manual workers and environmentalists to care for residual effects of such an industrial revolution?
  5. What relationships have to be in place, created or improved for success? To take on such a momentous achievement, many stakeholders have to be in synch with the strategy in place. This is a national undertaking no matter how you look at it. It requires the alignment of the syndicates such as UGTT and UTICA, all the ministries and public administration institutions, as well as the private sector. At a time political partisanship and deep divide in our nation, this will prove to be a challenge for many.

I hope that the soon departing government has thought of an innovative mechanism to keep these projects on the right track through a working model that is easily executed by others once they are on the outside looking in as it will define their legacy.

This democracy startup might be what this country needs after three years of spinning idly, but it will not be without difficulties and revisions of existing laws and re-evaluation of values.