Author Archives: lotfi saibi

Lotfi Saibi has authored many white papers and articles in the areas of leadership, customer service, operations, and business development. Mr. Saibi’s vast management experience as a business owner, a consultant, VP sales, and more recently as CEO, coupled with his love to teach and mentor, has made him a very well respected leader among his peers, customers, and competitors.

Mr. Saibi’s management style only got better when he began coaching soccer over fifteen years ago-a career that ranged from youth soccer, to college, and eventually to the U. S. Soccer Olympic development Program. It was only natural that his passion to teach and mentor extended to his professional life in the areas of customer service, employee training, enterprise software sales training, asset management and mobile field services software, and financial services.

UN TITANIC MADE IN TUNISIA

Lorsque le temps est mauvais et qu’un orage se prépare, je regarde vers l’horizon et je me dis que des jours ensoleillés sont à venir. Aujourd’hui je vous écris avec le cœur lourd. Je suis généralement une personne positive, cependant, j’ai du mal à garder le même état d’esprit durant cette période de transition politique que nous vivons en Tunisie. Plus de dix-huit mois se sont écoulés et nous sommes dans la plupart des cas, en train de régresser dans les affaires d’Etat et dans ce qui importe vraiment au Tunisien. Plus de dix-huit mois se sont écoulés, et le paysage politique est plein d’incertitude, de conflits internes, et d’intérêts personnels qui s’affrontent au détriment du progrès et de nos libertés.

 Alors que notre jasmin tombe en pourriture, que notre “printemps” arabe nous a quitté  et que la paresse estivale s’installe, je ne peux pas m’empêcher d’observer l’ensemble de nos dirigeants avec désespoir tout en espérant qu’il y ait des solutions qui nous propulsent vers l’avant.

 Alors que chaque jour s’enfuit, j’ai l’impression d’être devant un navire coincé dans les eaux profondes de l’océan. Et j’observe  nos dirigeants, et les vois faire tout sauf tenter de s’en sortir, et mon espoir se transforme lentement en peur et en incertitude.

La Tunisie ressemble de plus en plus au navire insubmersible qu’était le Titanic. En 1912, le monde entier le pensait trop grand, trop rapide et trop avancé technologiquement pour couler. Il en était de même pour notre révolution, les présidents et les nations se sont levés et ont applaudi. Dans mon université de Harvard, il y a eu une “standing ovation” au milieu de sa célèbre place Harvard. Aujourd’hui, nous avons presque honte de la politique de nos leaders et de l’image qu’ils nous attribuent aux yeux du monde entier.

 Il y a exactement 100 ans, le navire insubmersible n’a pas coulé à cause d’une mauvaise stratégie, d’une mauvaise technologie, ou des eaux difficiles. Il a coulé parce que son capitaine se reposait trop sur tout, sauf sur ses proches et son équipe. Il n’a pas tenu compte de ses limites, des compétences de son équipe, et n’a fait aucune préparation regardant les problèmes qui pourraient se poser lors du voyage. Mais surtout, en apprenant que le navire avait heurté l’iceberg, il n’a pas su quoi faire, ce qui a coûté  la vie à un très grand nombre de personnes.

 Nos dirigeants d’aujourd’hui, et je veux le dire clairement, dans le gouvernement d’abord et dans l’opposition ensuite, ne sont pas différents du capitaine Smith. Ils n’ont pas les compétences pour naviguer en eaux difficiles. Ils n’ont pas le bons sens d’inclure les autres dans les prises de décision, ni l’empathie pour communiquer avec ceux qui leur faisaient confiance pour les mener à bon port.

 C’est décourageant, attristant, et démoralisant de voir le parti au pouvoir tout faire pour consolider sa position, construire sa base, et se fortifier en vue de maintenir sa position sur le long terme. Pratique courante pour n’importe quel parti au pouvoir, certes; mais dans notre cas, elle se fait aux dépends de la population et du peuple pauvre auquel le parti avait promis de l’aide. Chaque aspect de nos vies a empiré depuis le 14 Janvier, et l’avenir dans les mains de ce parti est sombre au mieux.

 Il est tout aussi décevant de voir des partis d’opposition s’engager dans des querelles et luttes de pouvoir internes, alors qu’aucun d’entre eux ne s’est présenté pour être un concurrent viable dans les prochaines élections.

 Nous, le peuple Tunisien, sommes les véritables perdants dans tout cela !  Quelles possibilités avons-nous ? Comment pouvons-nous obliger les dirigeants à répondre à nos besoins au lieu des leurs ? Avons-nous le temps de changer les règles du jeu quelques mois seulement avant les prochaines élections ? Devons-nous tout simplement abandonner ces élections et se concentrer sur celles qui auront lieu dans cinq ans ?

 Je suis d’avis que ni le parti actuellement au pouvoir, ni l’opposition ne peuvent nous mener seuls sains et saufs au rivage. Qu’est-il arrivé à « tous pour un et un pour tous»? Des promesses n’ont-elles pas été faites, et un serment prêté devant Dieu ?

 Je suis convaincu que la seule solution que nous ayons est de nous réunir autour d’un objectif commun appelé « Tunisie ». Rien n’est plus important, ni plus valeureux que notre avenir et celui de nos enfants. Martin Luther King Jr a dit une fois : « Ne nous laissons pas plaire dans la vallée du désespoir. Nous  ferons face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, et je continuerais toujours à avoir un rêve », et je persisterais à avoir ce rêve d’une Tunisie meilleure, prospère, libre et démocratique.  

Congrès National sur l’Emploi – Opportunité Ratée

Le problème du chômage a toujours été un sujet très important qui m’a largement interpelé et dans lequel je me suis beaucoup investi en essayant de mieux le comprendre et en apportant mon soutien selon mes propres moyens. En tant que professeur d’université, chef d’entreprise, comme quelqu’un qui a grandi au centre-ouest de la Tunisie, une région où près de 45% de ceux qui sont diplômés de l’université ne trouvent pas de travail et en tant que père compatissant d’un diplômé universitaire qui comprend que la dignité est égale à un emploi, il m’est douloureux de voir les rêves des générations futures, et celles de leurs familles partir en fumée.

C’est justement pour cela que j’ai salué l’initiative du gouvernement provisoire que d’organiser un congrès de trois jours pour chercher et débattre des stratégies, tendre la main à ceux qui ont une certaine expérience dans le traitement des problèmes de chômage. Je pensais que de belles résolutions sortiront une fois les données ont été recueillies, développées et analysées.

Malheureusement, durant ces 3 jours de congrès, nous avons assisté à plusieurs opportunités ratées par le gouvernement. M. Abdelwahab Maatar, MFPE, avait sous-estimé, lors de ses apparitions dans les medias,  la gravité du problème du chômage et son impact et sur la psychologie d’un jeune et sur l’économie politique des années à venir. Ce même mauvais calcul lui a fait perdre des points en matière de mesures correctives (embaucher les jeunes diplômés en priorité par exemple). Il a fini par prendre une série de décisions, dont aucune n’a été suffisamment puissante pour réparer le mal en place. Pire encore, et dans une extraordinaire démonstration d’irresponsabilité,  il s’est mis à  attaquer les administrations précédentes et à blâmer le manque d’enthousiasme et de courage des chômeurs. Il est clair que tout citoyen, chômeur ou travailleur, diplômé ou pas d’ailleurs, mérite un meilleur traitement de la part d’un fonctionnaire de l’état qui a eu accès à ce poste grâce aux innombrables  promesses qu’il ait faites, et dont  le droit à un emploi était sa préférée. Ce genre de comportement, venant d’un haut responsable,  me laisse perplexe quant à la capacité de ce gouvernement à résoudre un problème dont  il ne reconnaît même pas l’existence. Cette insensibilité de la part du ministre serait le parfait exemple de leadership à ne jamais suivre.

J’ai malheureusement fini par laisser la méfiance prendre le dessus quant aux objectifs réels du congrès. Etait-ce vraiment destiné à apporter des solutions aux  800 000 chômeurs ? Pourquoi n’a-t-on pas pensé à les consulter? Où étaient les diplômés chômeurs qui errent dans les quatre coins du pays? On aurait pu les emmener par bus, on aurait dû les mettre dans des hôtels décents et les traiter avec autant de courtoisie que celle que nous accordons aux étrangers en provenance d’autres pays arabes. A ma grande surprise, rien de cela n’a été prévu, et les représentants des diplômés chômeurs n’étaient pas les seuls à manquer le rendez-vous ; les partis d’opposition, les experts, les économistes, les syndicats (UGTT), les organisations patronales (UTICA, CONECT), les entreprises nationales (PGH ou BSB) ainsi que les compagnies multinationales ont tous été absents. Il est clair que ce congrès n’avait rien de « national » vu que la participation s’y était limitée à des interventions « amicales » de professeurs universitaires et la présence de jeunes consultants très enthousiastes mais qui manquaient d’expérience pratique.

J’aurais tant aimé voir le parti au pouvoir assumer sa responsabilité et prendre l’initiative de rassembler les diverses parties prenantes, quelles que soient leurs idéologies ou  allégeances, afin de ressortir avec les meilleures propositions possibles. Cela aurait été un excellent exemple de maturité en matière de leadership politique et aurait pu être l’étincelle qui ramènerait notre pays aux vrais combats de la révolution : l’emploi et la dignité.

Par soucis de transparence, je tiens à vous raconter cette anecdote.  J’ai rencontré trois jeunes filles de Sfax et Médenine qui ont dû, chacune, emprunter de l’argent pour pouvoir assister au congrès. Elles ne venaient chercher les solutions proposées par le gouvernement. Elles avaient tout simplement l’espoir de rencontrer des chefs d’entreprises afin qu’elles puissent transmettre leurs CV et peut-être obtenir une interview ou deux. Malheureusement pour elles, personne n’a songé à inviter des chefs d’Entreprises.

 

J’ose espérer que l’année prochaine, le MFPE sera plus sensible et plus compatissant envers le million de chômeurs qu’on aura au pays. J’ose également espérer que le prochain congrès sera plus inclusif et pourra réunir toutes les parties prenantes.

 

La restructuration d’un parti d’opposition

Dans le cadre d’une série d’analyses, à la recherche de moyens fiables pour améliorer les chances des partis d’opposition quant à se constituer en tant que véritables alternatives crédibles, je considère que les modèles (supposé) utilisés pour le montage de partis dans une Tunisie postrévolutionnaire, est à revoir.

Le modèle adopté actuellement par les nouveaux partis exige un second regard sur le plan stratégique car il est construit autour  d’un mécanisme  trop lourd qui accorde très peu d’importance à la mobilisation des différentes ressourcesEst-ce parce que les partis n’ont pas eu suffisamment de temps pour s’organiser et développer des programmes et des visions? Est-ce parce qu’ils sous-estiment l’importance du marketing politique ? Est-ce parce qu’ils essaient encore d’apprendre comment communiquer ou lever des fonds? Est-ce parce qu’ils sont a la recherche des stars au lieu des militants ? Est-ce parce que dans leur empressement à s’imposer sur la scène politique ils n’ont jamais pu instaurer des procédures normalisées pour construire un parti? Ou est-ce tout simplement parce qu’ils sont en train d’apprendre sur le tas?

Je voudrais mettre l’accent sur deux facteurs importants :

Imaginons que certains dirigeants de l’opposition décident de  sillonner l’ensemble du pays, pour être à l’écoute des gens, sans trop parler, manger ce qu’ils mangent, partager leurs sourires et leurs larmes, tenir dans leurs bras les petits enfants et réconforter la vieille dame malade. Que se passerait-il si ces gens sentent que ces politiciens sont conscients de leurs besoins et qu’ils sont sincèrement soucieux des défis auxquels ils font face ? Ne serait-elle pas la meilleure façon  d’établir la crédibilité et d’affirmer que l’opposition est vraiment proche de la population ? C’est ça le vrai leadership transformationnel et c’est exactement ce qui manque. Le contact direct. C’est ainsi qu’on construit de puissants partis solides et durables qui s’appuient sur des bases infaillibles. On n’a pas besoin de donner de son argent mais tout simplement de son temps et une partie de son cœur. On aura transformé des spectateurs méfiants et désespérés en des participants actifs, plein d’espoir et des militants potentiels. C’est ainsi qu’on  peut construire un vrai parti.

Toutefois les partis d’opposition sont tout sauf réussis quant à la mobilisation stratégique des ressources humaines. En ce qui concerne le déploiement au niveau local, il fonctionne plus par défaut que par conviction car il est modulé par les demandes qui affluent de ceux qui aspirent à devenir des représentants régionaux du parti. En conséquence, nos partis sont motivés par des ambitions plutôt que par une vision, avec des foyers non coordonnés éparpillés sur tout le pays. C’est l’un des facteurs qui ont produit l’absence de choix le 23/10/2011.Ce choix ou cette alternative se doit d’être proche des gens et de présenter des propositions solides et viables.

Un autre défi face aux partis d’opposition en Tunisie est la nécessité de bien réorganiser le parti en interne. Une structure en bonne et due forme impliquerait de séparer le leadership politique de la gestion du parti. En d’autres termes, il ya un besoin urgent de professionnaliser le fonctionnement interne de nos partis (une question de méritocratie) si on a l’ambition de répondre aux attentes des Tunisiens. Une gestion où les affectations sont fondées sur la popularité ou la loyauté est contre-productive et ne peut qu’engendrer des pratiques inéquitables. Aujourd’hui, plus que jamais dans le passé, et peut-être dans l’avenir, la professionnalisation des activités de nos partis politiques doit se concentrer sur deux volets interdépendants : la mobilisation des militants et le financement du parti.

C’est l’absence de mise au point dans ces deux domaines qui ont fait nos partis sont ce qu’ils sont : Une opposition qui chante les mêmes vieilles mélodies et essaye de convertir les déjà convertis. Mobiliser des adhérents impliquerait de travailler avec des groupes spécifiques de citoyens tels que les syndicats, les organisations professionnelles et la société civile. La force d’engagement de ces partenariats ouvre les portes à des contributions financières. Il est bien clair que les adhérents seraient encouragés à apporter des contributions financières s’ils ont la garantie d’une gestion prudente des ressources du parti. En outre, en dehors de la bonne gouvernance, la bonne gestion financière est impérative pour la survie des partis. De ce fait, la gestion financière ne doit pas être tributaire de la seule volonté  des dirigeants politiques : un personnel ayant une expertise  dans la collecte de fonds et avec les compétences requises en comptabilité doit être recruté et rémunéré.

Je crois que ces deux points majeurs peuvent servir de catalyseur de réformes dans nos partis. Cette étape, une fois achevée,  doit être  suivie par un processus de négociation des normes opérationnelles et les meilleures pratiques de gestion.

Il est à noter, qu’en absence de ces reformes, les éventuelles alliances ou les partenariats futurs, représenteraient des défis insurmontables, ce qui interdirait des coalitions possibles et priverait les Tunisiens d’une alternative politique viable, d’autant plus que les prochaines élections sont au tournant.

 

RE-ENGINEERING THE OPPOSITION IN POST REVOLUTION

In my pursuit of the reasons behind the stalling of the Tunisian revolution and the lack of charismatic and visionary leaders, I have come across some new challenges that are shared by many in the political arena. They concern the strategies and the means necessary to building a winning political party. The following is an analysis of the current state of political party building.

The current model adopted by almost all the new parties requires a second look at the strategic level. It is top-heavy and pays very little attention to mobilizing resources. I wonder, is it because parties were not allowed sufficient time to organize and develop programs? Is it because they are still finding out what it means to communicate or raise funds?Is it because in their rush to seize power they never standardized procedures of how to build parties? Or is it simply because they are just learning on the job?

I would like to focus on two important factors.

Opposition parties are anything but successful as far as a strategic human resource mobilization is concerned. As for deployment into grassroots party building, it is more by default on account of demands by aspiring regional representatives. As a result, our parties are driven by ambition rather than vision, with uncoordinated pockets strewn throughout the country. This is one of the factors which produced the absence of choice on 10/23/2011. Choice, if it exists at all, is more about being close to the people and presenting solid propositions.

A critical test before opposition parties in Tunisia is the need to properly restructure internal party organization, second only to a party’s vision and strategy. A good party structure would mean separating political leadership from the party management. In other words, there is an urgent need to professionalize the internal workings of our parties (a question of meritocracy) if they are to meet the expectations of Tunisians. A situation where assignments are handed out based on personal loyalty is counter-productive and can only breed inequitable practices. Today, more than any time in the past, or possibly the future, professionalizing the operations of our political parties would necessitate focus in two areas. These are membership mobilization and party funding. The two are related.

As such, it is the absence of focus in these two areas that made our parties what they are – opposition in the true sense of the word- happy to jump on the opportunity to appear on TV or in half full meeting rooms, and provide nothing but rhetoric. To appeal to, and mobilize membership would entail working with specific groups of citizens such as unions, professional organizations and civil society. The strength of commitments to these partnerships would open the doors to financial contributions. Beyond offers however, membership would be encouraged to make contributions if they are guaranteed prudent management of party resources. Also, apart from good governance, good financial management is imperative for the financial survival of parties. Financial management should not be therefore only vested in the hands of political leaders. Competent personnel with requisite fundraising and bookkeeping skills must be recruited and remunerated.

The other issue is the need to focus mobilization specifically towards internal regions of the country, and specifically the close to a million unemployed and uneducated persons. Any party that is popular to these categories of our population would be guaranteed majority votes. Opposition parties need to consciously invest resources to develop youth and women mobilization programmes and projects in rural areas.

With all these issues addressed and strategies to fix or improve them in place, opposition parties should then begin the process of negotiating operational standards and best practices. If they are to ever consider alliances or future partnerships, any open issues will represent insurmountable challenges, prohibiting possible alliances, and robbing Tunisians of a viable political alternative to the current governing party, especially when the next elections are around the corner.

Un Leadership Hors-Jeu en Tunisie Post-Revolution

J’ai été  dépassé par l’absence de  leaders au lendemain de la vague  révolutionnaire qui a submergé le monde arabe. Par leaders, je ne veux pas dire les politiciens qui gagnent des élections fondées sur des promesses vides. Je parle des vrais leaders: hommes et femmes, jeunes et vieux, des personnes authentiques qui peuvent  parler directement à leur peuple, qui ont  le magnétisme pour rassembler tout le monde autour d’une vision et la volonté de dire la vérité, des personnes qui savent prendre les bonnes décisions et bien les faire appliquer , des personnes qui ont la capacité de  construire des coalitions, et regarder au-delà des clivages dans une société brisée par des enjeux sociaux, économiques et religieux. Il s’agit d’un point crucial dans l’histoire de la plupart des pays arabes. Ce sont des nations en cours d’élaboration et ce sont des moments privilégiés de l’histoire qui requièrent des leaders exceptionnels.

Je m’intéresse particulièrement à  la Tunisie qui était le levier de tous les changements dans le monde arabo-musulman.

La Tunisie d’aujourd’hui lutte pour une nouvelle orientation et de nouveaux dirigeants. Ce manque de leadership est particulièrement troublant parce que nous sommes à un moment critique monumental. Nous avons besoin d’un leader qui a une grande vision et le charisme pour unir tous les Tunisiens sous l’égide de l’intérêt général du pays.

La Tunisie d’aujourd’hui a besoin de lancer son  « Spoutnik ». Elle a besoin de sa propre version de Martin Luther King Jr. Quelqu’un, qui n’a pas peur d’être de la minorité, mais qui a le respect de la majorité, il peut être originaire d’une région oubliée du pays, ou d’une famille économiquement défavorisée, ou encore diplômé d’une de nos écoles étatiques. Il n’a pas à être issu d’une élite chanceuse qui a pu s’accaparer l’argent et le savoir. Il peut tout simplement être quelqu’un d’entre nous.

Pourquoi est-ce que cette révolte populaire n’a encore pas enfanté de vrais leaders? La réponse technique serait que le processus démocratique est encore en élaboration et qu’il nous gratifiera, espérons-le, des meilleurs fruits. Il ya toutefois, des facteurs plus profonds à l’œuvre. Et si nous voulons concrétiser ce rêve d’une Tunisie meilleure, nous devons savoir exactement ce qui a précédé  cette sécheresse de leadership. Il y avait Ali Ben Gthahem, Habib Bourguiba, Salah Ben Youssef, Farhat Hached, Tahar Hadad, Fadhel Ben Achour, et tant d’autres comme eux. Il fut un temps où nous sentions beaucoup de fierté et d’honneur d’être tunisiens. Notre pays a été parmi les premiers dans le monde arabe et au premier rang après le colonialisme dans l’éducation, les libertés personnelles, la recherche scientifique et l’athlétisme. Mais par-dessus tout, nous avions eu le droit de rêver parce que nous avions une vision commune et un leadership charismatique qui a su nous réunir au lieu de nous diviser. Cette trêve a été rapidement interrompue par un système qui contrôlait les esprits, qui  encourageait l’égoïsme et réprimait le dynamisme, le sens du pragmatisme et d’analyse, ainsi que la pensée innovante. Ce système a créé de nombreuses générations de jeunes qui n’ont pas d’estime ni de confiance en soi et qui n’ont aucune idée de ce que c’est que l’intelligence émotionnelle ; en d’autres termes on produisait des générations pauvres  en membres actifs pour bâtir une société efficace et développée. Et c’est ainsi que fut posée la fondation de notre culture actuelle qui freine l’initiative et le courage, et réprime le charisme et l’authenticité.

On pourrait se demander si notre nature arabo-musulmane ne serait pas responsable d’aménager le terrain pour des dirigeants autoritaires. Ou alors, serait-ce notre manque de formation, de savoir-faire, de désir d’innover et d’unité qui fait qu’il soit facile de nous gouverner par des dictateurs? Sommes-nous devenus ce troupeau de brebis  parce que nous avons perdu tout espoir en notre capacité à apporter un changement ou parce que nous valorisons les objectifs personnels au détriment des objectifs communs, ou alors parce qu’au fond on n’a aucune confiance les uns en les autres?

À mon avis, tous ces facteurs et bien d’autres sont en cause de la fuite des cerveaux et de l’absence de véritables leaders. En bref, le leadership de la Tunisie, présente une image pathétique d’oppression, de pauvreté et d’incompétence, aussi bien dans les affaires internes que étrangères, nous sommes désunis, impuissants, dépendants et incapables d’influencer notre peuple et encore moins la communauté internationale.

La question à laquelle nous devrons répondre est alors qui va se lever et dire aux gens que le gouffre est très profond et que notre modèle actuel de développement du leadership est défectueux? Qui va dire aux gens que l’extrémisme n’est pas la voie vers  un avenir brillant et réussi? Qui sera capable de capturer la vague révolutionnaire de la jeunesse et la placer sur le droit chemin avec une vision commune qui permet de résoudre les problèmes et colmater les brèches ? Qui dira à ces jeunes que leurs habitudes d’étude sont insuffisantes et qu’ils ont la capacité d’être aussi bons que n’importe qui dans le monde? Qui admettra que notre système d’éducation et nos éducateurs actuels devraient être mis de côté, et que la nouvelle voie implique le développement professionnel et non pas des diplômes inutiles? Qui dira au peuple que notre modèle actuel d’emprunter de l’argent pour payer des dettes anciennes n’est pas la meilleure forme d’investissement pour l’avenir ?  Qui dira aux syndicats et aux partis de l’opposition qu’à part une critique constructive, ils ont à proposer des solutions? Qui va dire aux tunisiens que notre leadership actuel nous divise bien plus qu’il nous unit?

Notre nouveau leader devra être honnête et digne de confiance, capable d’attirer les gens vers lui grâce à son sens de la responsabilité et de la justice. Il faudra qu’il commence  par expliquer que ce qui nous unit est beaucoup plus important que ce qui nous divise. On a besoin de quelqu’un qui dise la vérité, qui sache  guérir les blessures de ce peuple et  construire les coalitions nécessaires, on a besoin d’un promoteur du changement qui saura nous inspirer pour concrétiser le rêve. Notre nouveau leader aura la tâche de convaincre ce peuple que le changement doit d’abord venir de l’intérieur, que nous devons abandonner cette mauvaise habitude de toujours opter pour les solutions faciles et rapides mais pas forcément les plus efficaces et durables, que nous devons apprendre à écouter et à faire confiance, que le bien de tout un chacun passe obligatoirement par celui de la société.

Le peuple tunisien doit être engagé à former des leaders aujourd’hui pour qu’ils puissent résoudre les problèmes de demain. La prochaine génération de leaders devra faire face à une liste croissante d’enjeux complexes et doit être prête à aller de l’avant avec la vision, le courage et les compétences nécessaires pour relever le défi.

Nous devons assumer notre part de responsabilité et commencer les réformes de  l’intérieur. Chacun de nous doit se mettre devant sa glace et identifier ses défauts. Chacun de nous doit être son propre leader en réorientant son navire dans la bonne direction. Ce n’est que par cette réflexion collective que nous allons commencer à créer la prochaine génération de gouverneurs, d’entrepreneurs, de scientifiques, et de leaders de la communauté.

Why are there no TRUE leaders in post revolution Tunisia

The Arab world has long suffered a drought of the type of leadership that transforms its people. No such shortage is so evident than in recent post revolution times. Transformational leaders are not the type that win elections based on empty promises. Of those, there are as many as there are football coaches on a monday morning. They are the kind that, through their actions, improve their environment and the lives of those who follow them.
Of special interest to me is Tunisia which has long played the role of the beacon, especially in recent history.

Due to its place in history, Tunisia had always served as a leader of sort to the rest of Arab Nations, especially since it had emerged as a free and sovereign country from the colonial grips of France. Today it is struggling for a new direction and a new leadership. This lack of leadership is particularly troubling because Tunisia is at a critical monumental juncture. Tunisia needs a leader that has a great vision and the charisma to unite all Tunisians under the one umbrella that is the common good of the country. Tunisia today does not need a “soviet style” dictator, one that creates a divided Tunisia so that he can easily rule them. Tunisia today does not need to be stuck with its own version of a religious dictator. Tunisia today needs its Sputnik moment. It needs its own version of Martin Luther King Jr. One, who is not afraid to be from the minority but has the respect of the majority, he can be from a forgotten region of the country, or from an economically underprivileged family, or from a lesser than average public school system. He does not have to be from the elites or the lucky few. He can be one of us.

Why has this public revolt not created any real leaders? The technical answer is because the democratic process is still working itself out and will hopefully flush out the best of the crop. There are however deeper factors at work.  In order to dream of a better Tunisia, we must know exactly what just preceded this leadership drought. There was Ali Ben Gthahem, Habib Bourguiba, Salah Ben Youssef, Farhat Hached,  Tahar Hadad, Fadhel Ben Achour, Tahar Ben Achour and many others like them. It was a time when we felt great pride and honor to be Tunisian. Our country was among the first in the Arab world and first among post colonialism in education, personal freedom, healthcare, scientific research and athletics. Most of all, we had reason to dream because we had a common vision and charismatic leadership that assembled and not divided.  That period was followed by a deliberate and mind-controlling system that encouraged selfishness and discouraged proactive, practical, analytical, and out of the box thinking has created many generations of young people who lack the emotional intelligence to be active members of an efficient society. And thus was laid the foundation for the present culture which discourages initiative, courage, vision, charisma, and self identity.

One has to wonder if our Arab-Muslim composition is responsible for laying the ground for authoritarian leaderships. Is it because we lack the drive and know-how, the desire to innovate and work together towards a common goal that we are easily ruled by dictators? Is it because we value personal goals more than common objectives, or because we inherently have no trust in one-another and our ability to effectuate change, that we had become a herd of sheep? Is it because we automatically associate leadership with power and corruption that we have grown allergic to it? It is therefore my opinion that it is because of these reasons and others, that today we are experiencing a brain-drain and the absence of true leaders. In brief, Tunisia’s leadership, then and now, presents a pathetic picture of oppression, poverty and waste. In foreign as in domestic affairs we stand disunited, powerless, dependent and unable to influence our people and the international community.

The question before us then is who will rise up and tell the people that the hole is very deep, that our current leadership development model is flawed? Who will tell the people that religious extremism and ideologies are not the answer to a bright and successful future? Who will be able to capture the revolutionary wave of youth movement and set it straight with a common vision that solves and not divides, that our education system and our current educators should all be tossed out, and the new way involves professional and practical development, not worthless diplomas? Who will tell the young generation that their study habits are insufficient, and that they have the capacity to be as good as any in the world?  Who will tell the people that our current model of borrowing to pay old debts is not the way for the future and sustainability? Who will tell the labor unions and opposition parties that they must also provide solutions as well as constructive criticism? Who will tell the people that our current leadership is dividing us more than it is uniting us?

Our new leader will have to be honest and trustworthy, able to pull people towards him through his accountability and fairness. He will do so by first explaining that what unites us is a lot bigger than what divides us. More than telling the truth, we will need a healer and a coalition builder, a change maker and a rain-maker. Our new leader will have to convince all of us that change has to first come from within, that we have to abandon the bad habits of always seeking the quickest, and not always the best approaches, that we have to learn to listen and to trust, that we have to look out for the common good even at the expense of our own. He has to convince us that the whole is greater than the sum of its parts. That hard work pays off and that our competitors are not always our enemies.

The people of Tunisia must be committed to building leaders today to solve the problems of tomorrow. The next generation of leaders will face a growing list of complex issues and must be prepared to step forward with vision, courage, and the skills to meet the challenge. To right the ship, we have to accept our share of the blame by first looking inward. Each of has to be his own leader by pointing his compass into the right direction. It is only through this collective reflection that we will begin to create the next generation of government, business, science and community leaders.

QUAND LES LEADERS MANIPULENT LEURS DISCIPLES

La manœuvre et la manipulation politiques sont en entière oscillation dans la conduite de la direction du parti Ennahdha. Ceci est légèrement prévu, surtout avec la très faible connaissance en politique et en diplomatie, et l’abondance de l’indifférence qui caractérise les dirigeants du parti fraichement venu.
Ces manipulations font-elles partie d’une stratégie ou d’une indifférence bien projetée et d’un manque d’empathie envers le citoyen tunisien moyen ? Comment alors expliquez-vous le double discours des prétendus chefs de ce parti? Laissez-moi placer deux exemples qui montrent le manque de transparence et de cohésion dans les rangs,  d’Ennahdha ainsi que l’absence d’une une vision claire, car il y a des facteurs qui mènent toute personne à penser deux fois avant de leur faire confiance et leur attribuer une voix pour de prochaines élections.
1. Le 17 mars 2011, pendant la visite  en Tunisie de Hillary Clinton la secrétaire d’état des États-Unis, les dirigeants d’Ennahdha ont accusé le gouvernement intérimaire de complicité et complaisance avec les USA. Des centaines de partisans d’Ennahdha ont manifesté dans la rue contre la visite de Mme. Clinton, qu’ils ont décrit comme ingérence des USA dans révolution de la Tunisie. Aujourd’hui, Mme. Clinton est  invitée par le même groupe qui l’accusait de se mêler dans nos affaires. Qu’a-t-il changé depuis le dernier Mars ? Et bien, Ennahdha est maintenant au pouvoir et n’a personne à attaquer ou accuser de complicité.
Je demande à ces leaders ce qu’ils pensent vraiment des Etats-Unis. Quelle est leur position claire au sujet de l’intervention des USA dans nos affaires domestiques?

Ces chefs d’Ennahdha ont-ils des principes sur lesquels ils peuvent réagir ?
2. M. Jebali, « décidez sur quel pied vous dansez ». D’une part vous voulez déclarez le sauveur de la palestine (je cite votre super speech de la « sixième khilafa »), et de l’autre vous réservez un aceuil aussi chaleureux avec embrassades et accolades au meilleur ami qu’Israel a dans le sénat des USA. le meme John McCain, plus fort senateur Americain à  Washington, qui; il y a de ça des années; a dit ouvertement que “les nations arabes devraient comprendre que Israel est ici pour rester”  et ” nous ne tourneront jamais le dos à nos amis juifs”
Vous êtes confus Mr. Jebali, et par conséquence vous nous induisez tous en confusion. Avez-vous donc aucuns principes ? Mr. Jebali, un des signes d’un bon chef est qu’il ne vibre pas face aux défis, qu’il soit un exemple de courage et de magnétisme pour tous ses disciples, et qu’il n’attend pas la meilleure offre pour prendre une position. Vous avez fait de la Tunisie un pitre parmi ses alliés et amis. Ne nous vendez pas au plus offrant Mr.Jebali ; Nous ne sommes pas à vendre.

POLITICAL LEADERSHIP AND MANIPULATION

Political maneuvering and manipulation is in full swing by the Nahdha party leadership. This is somewhat expected, especially when the newly arrived party leadership has very little knowledge of policy and diplomacy, but plenty of indifference.

Are these manipulations part of a well designed strategy or indifference and lack of empathy towards the average Tunisian citizen? How then do you explain the double-talk of the so called leaders of this party? Let me site two examples that show lack of transparency, cohesion in the ranks, and a clear vision: factors that lead any person to think twice before trusting them again with a vote for any future office.

  1. During March 17, 2011 visit of Hillary Clinton, U.S. Secretary of State to Tunisia, Senior Leadership of Nahdha accused the then interim government of complicity and yielding to the US’s wishes. Thousands of Nahdha supporters demonstrated in the street against Mrs. Clinton’s visit, which they have described as US interference in Tunisia’s home-grown revolution. Today, Mrs. Clinton is an honored guest of the same people who accused her of meddling in our affairs. What has changed since this past March? Well, Nahdha is now in power and has no one to attack or accuse of complicity. SO I ask how you really feel about the USA. What is your clear position about the US’s involvement in our domestic issues? Do these leaders of Nahdha have principles upon which they can govern?
  2. The same John McCain who years ago openly said that Arab nations should understand that Israel is here to stay. So, I say to you Mr. Jebali, decide which foot to dance on. On one hand you want to make a law that every person who is a friend of Israel is considered a criminal, and on the other you are hugging and kissing the best friend Israel has in the US senate.

You are confused, and you are confusing all of us as a result. Have you no principles? A sign of a good leader is one who does not waiver in the face of challenges, one who is an example of courage and magnetism to all his disciples, and one who does not wait for the best offer to take up a position. You have made of Tunisia a laughing stock among its allies and friends. Do not sell us to the highest bidders Mr. Jebali. We are not for sale.

 

THE FUTURE OF TUNISIA: IT IS A QUESTION OF LEADERSHIP

Tunisia is in the middle of a period of rapid change and complex crises. Its temporary leaders must be able to make bold decisions quickly. Tunisia’s leaders have failed to take steps to address the economic, political and social crises. The failure to act decisively has resulted in the loss of credibility and a void in short term winning solutions. One would be justified to ask if it is due to lack of expertise and awareness of the consequences, or an indifference that is caused by the blind desire to remain in office, or win the next elections, at any cost.

Any responsible citizens of this nation needs to ask himself the following questions:
1. How can we force these leaders to be motivated to address these time sensitive issues rather than follow their political agenda?
2. With cronyism and corruption as present as ever, what can be done to restore good governance, and improve, or change, leadership?
3. How can youth, civil society, and social media change leadership?
4. What steps should be considered to make leadership responsive to our needs, and save this nation from an imminent economic crisis?
If we are to consider the Tunisian economy as following conventional models, then we need very little visionary leadership. However, there is nothing conventional about the current crisis. So we need a strong, credible leadership, with a sustainable home-grown organic strategy, not one that relies on foreign interference.

Tunisia’s current leadership possesses very little mental capacity and emotional intelligence to put together  programs that will orient our collective muscles towards building a sustainable economy like that of other nations such as South Korea, Argentina, or Brazil.
When citizens lose hope in their leadership and in the future and begin to despair, they resort to acts that are not conducive to nation-building and a society that is progressing towards prosperity

The Political Pragmatist demands change…TODAY

Although unsuccessful as “tete de liste” for the Sidi Bouzid region, partly because we did not know how to “talk” to the locals and partly because of the sudden Tsunami called Al 3aridha, I remain a passive-active in Tunisian politics. I have been attending political and association meetings over the last two months. This short but intense path to political participation gave rise to many important lessons I believe are applicable to many young and aspiring political Leaders today. The first is that youth and political participation rarely seem to coincide. Only about 20% of the youth had bothered to vote on 10/23/2011.

After several months talking to youth nationwide, the reason most frequently mentioned for political apathy is lack of representation or identification with present political leaders. This harsh reality poses the largest obstacle: reinstating credibility and true representation in a new, pragmatic political leadership. I firmly believe politics has not failed. Politicians have. As long as young political leaders committed to the ideals of democracy, freedom and equal access top opportunities remain on the sidelines, we’ll never make any progress, regardless of all the talk of the “big party”

All my life I have been told youth is the future. I disagree. They are here, NOW.

Young Tunisians can no longer rely on present leadership and tried and failed methods. I believe the problem is more structural. Young leaders from the whole country must be taken into consideration in the decision-making process to alter hoe politics works and get the results we desire.

Young Tunisians demand pragmatic solutions to real problems, not promises and more of the same empty words. Political parties must fundamentally change. Tunisian youth have a key role to play by participating at every level of politics, including municipal and legislative. They must lose their fear, or apathy, and get involved; our duty is to demand space for participation, today.