Author Archives: lotfi saibi

Lotfi Saibi has authored many white papers and articles in the areas of leadership, customer service, operations, and business development. Mr. Saibi’s vast management experience as a business owner, a consultant, VP sales, and more recently as CEO, coupled with his love to teach and mentor, has made him a very well respected leader among his peers, customers, and competitors.

Mr. Saibi’s management style only got better when he began coaching soccer over fifteen years ago-a career that ranged from youth soccer, to college, and eventually to the U. S. Soccer Olympic development Program. It was only natural that his passion to teach and mentor extended to his professional life in the areas of customer service, employee training, enterprise software sales training, asset management and mobile field services software, and financial services.

La femme Tunisienne et les éléctions du 23 octobre

L’idée a toujours été la même. Afin d’apparaître comme un mouvement ouvert et moderne, les leaders politiques ont toujours été favorables à la cause des femmes. Seulement, dès qu’ils prennent les rennes du pouvoir, ils réduisent les marges de liberté des femmes afin de satisfaire les conservateurs. C’etait le cas en 1789 en France, et en 1979 en Iran.

Je vais essayer de démontrer que c’est seulement si les femmes accomplissent les trois étapes suivantes qu’elles pourront commencer un nouveau type de révolution dans le monde arabe et musulman, et changer l’histoire de la femme arabe politique : 1. organiser une campagne paritaire adressée à toutes les régions du pays et pour tous les niveaux d’éducation. 2. engager une campagne éducationnelle et informative afin de mettre en valeur la contribution des femmes dans la société. 3. définir la responsabilité des femmes dans un pays en cours de transition démocratique.

La situation des femmes tunisiennes peut difficilement être comparée à celle de leurs homologues, particulièrement dans les pays arabes. Elles ont bousculé depuis longtemps la rigidité de leurs traditions et ont gagné un statut qui fait d’elles, du moins sur le papier, les égales des hommes dans la plupart des domaines de la vie politique, économique et sociale. Ainsi, plusieurs d’entre elles sont instruites, ont un travail et sont financièrement autonomes et actives dans la société. Seulement, la situation favorable de ces privilégiées cache la situation désastreuse dans laquelle vivent encore une large frange des femmes tunisiennes, particulièrement dans le milieu rural. Et la libération de la femme tunisienne ne sera effective que si elle englobe toutes les femmes, quelque soient leur région d’origine, leur milieu social et leur statut familial.

Après la révolution de la dignité engagée par les jeunes tunisiens et les personnes défavorisées, une autre révolution doit voir le jour. Seulement, celle-ci ne nécessite pas de feu ni de manifestations violentes. Il s’agit plutôt d’une révolution pacifique qui doit avoir lieu dans les esprits et les cœurs de toutes les femmes. Elle doit commencer immédiatement et par celles qui ont activement participé dans le renversement de l’ancien régime de Ben Ali. Pour cela, ces femmes devront vaincre la peur qu’elles sont de plus en plus nombreuses à ressentir dans les rues de Tunis lorsqu’elles se promènent tête nue et habillées comme elles l’ont toujours été. Ces femmes qui sont de plus en plus nombreuses à être inquiètes lorsqu’elles se pressent à leur travail ou qu’elles prennent du bon temps attablées sur la terrasse d’un café. Cette peur est le plus grand obstacle à leur liberté car elle se trouve ancrée au plus profond d’elles-mêmes. Il ne s’agira pas ici de faire sortir un despote et sa famille d’un quelconque palais mais de déloger l’héritage de siècles d’obscurantisme de l’esprit de leurs concitoyens. En effet, dans notre pays, des filles sont encore forcées de se marier  contre leur gré, de travailler dans les maisons bourgeoises comme servantes à un âge où elles devraient jouer et étudier, de subir toutes sortes de harcèlements dont des abus sexuels  de la part de leurs proches et des hommes du voisinage, des pratiques qui demeurent tabous.

C’est de la responsabilité des femmes tunisiennes instruites et actives dans le milieu professionnel ou dans la société civile de se regrouper en communautés pour engager ce nouveau combat. Elles ne doivent pas se satisfaire du niveau intellectuel et financier auquel elles sont parvenues car leurs connaissances ne valent que si elles sont partagées par le plus grand nombre de femmes et non par une minorité d’entre elles. Malheureusement, je constate que les débats engagés par plusieurs de ces femmes sur Internet, dans les milieux favorisés et sur les campus universitaires sont bien éloignés des préoccupations de la femme tunisienne issue d’un milieu modeste. Ces débats me semblent concerner davantage un souci de préserver leurs privilèges qu’une réflexion sur l’extension des avantages dont elles ont bénéficié à l’ensemble des femmes tunisiennes.

Un bon endroit pour commencer les programmes éducatifs pour les femmes par les femmes est leur maison. Il ne faut pas, en effet, sous-estimer le fait que les maisons dans lesquelles se pratique la répression donnent des sociétés où se pratique la répression. Pensez un instant à un enfant qui grandit avec une mère qu’elle voit opprimée et asservie, qui a renoncé à son droit d’être éduquée et de choisir entre travailler et rester à la maison, entre gagner son autonomie économique ou rester dépendante de son mari. C’est une préparation à une vie de despotisme et d’asservissement. Cela prépare la voie à une société totalitaire.

Afin de changer les mentalités d’hier, ces femmes doivent tout d’abord changer l’esprit des hommes et des femmes qui les entourent et ceci se fait à travers la culture et l’éducation. L’éducation dont il est question ici est l’auto-éducation et l’éducation one to one. C’est à chaque femme militante de parler et d’éduquer ceux et celles qui l’entourent sur ce que signifie l’égalité entre les hommes et les femmes dans une société.

Les femmes militantes doivent savoir que de pareils programmes éducatifs ne sont pas un luxe mais une nécessité qu’elles doivent commencer immédiatement si elles veulent capitaliser sur les anciens gains qu’elles ont obtenu. Ces femmes devraient peut-être tenir quelques sit-in et organiser plus de visites sur le terrain car il y a déjà plusieurs signes qui indiquent que les partis politiques n’accordent pas aux femmes toute la place qu’elles méritent en tant que partie intégrante de la société et au vu du rôle qu’elle ont joué lors de la révolution. Il y a ainsi peu de femmes dans toutes les nominations qui ont eu lieu après le 14 janvier que ce soit dans le gouvernement, dans les régions ou dans les commissions mises en place. Les femmes militantes, si elles sont réellement leaders, devraient s’inquiéter de tous les acquis qui sont les leurs durant les 50 dernières années, qui ont fait d’elles les femmes les plus éduquées, les plus progressistes et les plus indépendantes du monde arabe. Afin de demeurer sur la route, la mise en œuvre d’un solide plan de campagne est leur seule option. Et plus elles demeurent dans l’expectative, plus elles donnent la chance à leurs adversaires d’alimenter une vision qui est diamétralement opposée à la leur.

Let us make History or be history

For all Tunisians alike, young and old, rich and poor, from the north to the south, these are extraordinary times. And we face an extraordinary challenge. The leaders we will soon choose on October 23, 2011 will be faced with tough decisions in the months ahead. Their only responsibility is the commitment they have to serve our country and all of its citizens. No role in history could be more important or more difficult. Tunisians will stand for freedom, in all its facets. We seek a government for the people, from the people and of the people.
We, the citizens of Tunisia, need to be united in our belief, vision, and mission of guaranteeing full representation for all. From Tozeur to Tunis, Bizerte to Ben Guerdan, Kasserine to Kelibia, Sidi Bouzid to Sousse, we need to be united against any man, group, political system, or nation that is hostile to our freedom and a stable secure future.
Our revolution equals any great revolution in human history. Our young generation led us to emancipation. For that we owe them a brighter future to them and to the next ones that will follow. They seek an end to injustice, tyranny, corruption, and exploitation. More than an end of a corrupt despotic regime, we seek a new beginning.
Adversaries of freedom, some are still in power and others are seeking it, are now in quest of the fruits of freedom trees, irrigated by the blood of innocent young Tunisians. Their aggression is often more concealed than open. They have personally fired no guns. And they are seldom seen. They send their agitators, snipers, and militias to terrorize our kids, burn our businesses, and rob our homes. When we band together and march, their assassins kill and terrorize our sons, brothers, fathers, and sisters.
These adversaries of freedom plan to consolidate power, to control, and finally destroy the hopes of the bravest young men and women of the 21st century.
There is no simple single policy which will move us forward. Our commitment to freedom and street slogans are only but a beginning. What we need are intellectual maturity and wisdom, not destruction of property, in-fighting, and wealth-grabbing. We need to learn and allow for differences of opinions ideologies. For it is what separates us today, can make us stronger tomorrow, if we all have a better Tunisia in mind. There is much more we can do, and must do.
First, let us decide on who among us has the intellectual know-how to navigate us through these treacherous waters and uncertain times. This can only be accomplished through real, open, and honest dialogue. For if we are seeking a democracy, we need to begin now. Let October 23rd 2011 be the birth of an exemplary new nation that unites, not divides.

Sommes-nous incapable d’etre democrate parce que nous sommes muslmans? ?

Traduction par ABH.

Aujourd’hui en Tunisie, et dans tous les autres pays arabes, il n’y a pas de pénurie d’experts en démocratie. En effet, vous trouverez ceux qui se concentrent sur le sens fondamental de la démocratie et les notions qui lui sont liées comme la liberté, la participation et l’égalité des droits de chacun. Vous trouverez aussi ceux qui se focalisent sur les changements institutionnels nécessaires à mettre en place pour devenir une véritable démocratie, comme une justice indépendante, une nouvelle constitution et un parlement fonctionnel. Enfin, il y a ceux qui appellent au changement par la société civile comme l’expression d’une démocratie citoyenne. Ces discussions, saines et nécessaires, nous aident à comprendre les enjeux liés à l’établissement d’une véritable démocratie et à en comprendre les différentes significations. Cependant, elles nous informent peu sur les facteurs qui contribuent à la création, l’épanouissement et le développement de la démocratie. Elles ne peuvent, en tout cas, donner des réponses pour la région toute entière, de par la spécificité des expériences culturelles, religieuses et économiques et la complexité du contexte historique de chaque pays arabe. Je voudrais contribuer ici à expliquer le déficit de démocratie dans les pays arabes et analyser certains mythes et démythifier certaines hypothèses.

De 1990 à 1995, le monde a été témoin de la naissance d’une quarantaine de nouvelles démocraties, ce qui porte le total des pays démocratiques à près de 117, soit 60% du total des pays indépendants. En 2010, ce nombre a atteint les 200, soit près de 88% du total des pays souverains. Chaque région du monde, chaque continent, ou ethnie est représenté dans ce groupe, sauf les pays arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Cette absence est une flagrante anomalie dans le phénomène de globalisation démocratique. Existe-t-il donc une exception arabe dans le domaine de l’expression démocratique et pourquoi les pays arabes ne connaissent-ils toujours pas de véritable démocratie à part le cas spécifique du Liban ?

Le principal dénominateur commun des pays arabes est qu’ils sont majoritairement habités par des arabes musulmans. Leurs habitants partagent donc des valeurs communes et un socle culturel et religieux homogène, celui de la culture arabo-musulmane. Se peut-il alors que cette culture soit la raison du déficit démocratique des pays arabes ? Un autre facteur commun qui prédomine dans les pays arabes est le sous-développement économique. Ainsi, des pays comme l’Egypte, la Jordanie, la Maroc ou le Yémen ne seraient pas démocratiques parce qu’ils ne sont pas économiquement développés ? Peut-être aussi que le fait d’être inondé de pétro-dollars soit aussi la cause de l’absence d’innovation technologique et de leadership économique dans les monarchies du Golfe.

Je vais tenter de démontrer que le déficit de démocratie dans le monde arabe peut s’expliquer tout d’abord et principalement par les politiques et les choix économiques défaillants effectués par ces pays et non par leur culture ou leur religion. Afin de rejoindre le rang des pays démocratiques, les pays arabes n’ont d’autre choix que de travailler sur les modèles économiques qu’ils devront privilégier.

Culture et religion

Lorsque nous comparons les 16 pays arabo-musulmans avec les 29 autres pays musulmans mais non arabes (comme le Bengladesh, le Sénégal, la Turquie, l’Indonésie ou la Malaisie), nous trouvons que le deuxième groupe a pu assurer des droits démocratiques raisonnables à ses populations. Parmi les 16 pays du premier groupe, seul le Liban peut avoir une telle prétention. En outre, concernant les élections politiques, huit pays musulmans, là aussi non arabes, ont conduit des élections libres (mises à part celles menées en Algérie en 1991). Ces constats nous permettent donc d’affirmer, même si ce n’est pas d’une manière scientifique, que la religion musulmane n’est pas la cause du déficit démocratique des pays où elle prédomine. D’autres études, comme celle de l’ONG Freedom House ont, elles aussi, conclu que l’islam et la démocratie ne sont pas mutuellement exclusifs.

Qu’en est-il de la culture ? Dans notre histoire de peuple arabe et musulman, l’idée de communautés organisées autour de gouvernements représentatifs est pratiquement inconnue alors que les pays musulmans non arabes ont, eux, vécu de multiples expériences de groupes politiques organisés et représentatifs de la population. Pouvons-nous alors dire que les arabes se sont habitués à l’autocratie et à l’obéissance passive de leurs gouvernants, comme cela a été le cas en Tunisie durant les 55 dernières années? Pourquoi cette obéissance passive a pu rester aussi forte jusqu’à constituer un obstacle insurmontable à la démocratie dans le monde arabe, contrairement aux autres pays non arabes qui ont pu la dépasser et adopter des principes démocratiques ?

Serait-il possible d’imaginer que les Arabes en général n’accordent pas d’importance aux élections démocratiques comme une forme de gouvernance autonome ? Cette hypothèse ne tient pas si l’on se remémore les élections en Cisjordanie, en Algérie et au Kowéit. Près de 80% des citoyens en âge d’élire dans ces pays-là approuvent les principes démocratiques. En outre, selon des études du Baromètre arabe, conduits entre 2005 et 2008, les Arabes ne participeraient à un grand nombre d’élections que s’ils croient que leurs votes seraient pris en compte. En 2008, ils ont ignoré les élections en Egypte. Le même scénario s’est reproduit au Maroc et en Tunisie, lorsque les citoyens ont eu la conviction que les résultats des élections politiques étaient déterminés à l’avance.

Politiques économiques et sociales

Peut-on lier le bien-être d’un pays à sa capacité à s’engager et à réussir un processus démocratique ? Les niveaux du revenu par habitant de 2009 montrent les résultats suivants. Le Koweit est pratiquement aussi riche que la Norvège, le Bahréin est sur le même pied d’égalité que la France, l’Arabie Saoudite avec la Corée du Sud, Oman avec le Portugal et le Liban avec le Costa Rica. Seuls l’Egypte, la Jordanie, le Maroc, la Syrie et le Yemen sont loin derrière mais ne sont pas plus pauvres en termes de revenu par habitant que des pays comme l’Inde ou l’Indonésie, où la démocratie fonctionne malgré un déficit de prospérité générale. Et même lorsque l’on étudie la distribution du revenu par habitant selon les différentes classes sociales ou les régions, l’on observe les mêmes résultats, c’est-à-dire que les indicateurs économiques ne sont pas pires dans les pays arabes pauvres par rapport aux pays non arabes pauvres.

Qu’en est-il du développement humain (éducation et santé) ? Le rang de la plupart des pays arabes est encore plus bas en termes de développement humain qu’il ne l’est au niveau du revenu par habitant. L’Arabie saoudite est rangée 31 places plus bas et l’Algérie 19. En outre, lorsque l’on compare les niveaux de développement humain, on trouve par exemple que ceux des riches Etats du Golfe sont au mieux équivalents à ceux du Portugal et de la Hongrie, alors que l’Arabie saoudite a le même rang que la Bulgarie et le Panama. Si l’on se tourne vers les Etats arabes peu ou pas exportateurs de pétrole, nous pouvons constater par exemple que l’Egypte a le même rang que l’Indonésie et le Maroc le même rang que l’Afrique du Sud. En d’autres mots, l’on peut trouver, à tous les niveaux de développement, et en utilisant des critères différents, un grand nombre de démocraties qui sont sur le même plan que des pays arabes non démocratiques avec qui, elles partagent les mêmes indicateurs économiques.

Alors si le problème d’absence démocratique n’est pas lié au niveau du développement économique et social, serait-il imputable au modèle économique privilégié par les pays arabes en question ? Dans la plupart des pays arabes, les plus grands employeurs sont les institutions publiques elles-mêmes. Les gouvernements peuvent supporter un sur-effectif colossal dans leurs bureaucraties publiques en utilisant les recrutements en masse comme un chèque avec lequel ils achètent la paix sociale. La société civile est faible et coptée par des organismes contrôlés par l’Etat. Quant aux règles de fonctionnement du secteur privé, elles sont faussées. Il n’existe pas un réel entrepreneuriat car la plupart des personnes qui font du « business » le font pour le secteur public, se nourrissent de contrats publics ou représentent des entreprises étrangères. Avec de telles structures, il y a peu d’incitations pour investir et créer des entreprises avec une vraie prise de risque. En effet, pourquoi prendre des risques alors des salaires stables sont disponibles et que l’on peut se garantir des profits sans prendre de risques.

La majorité des emplois reposant sur le gouvernement, la participation des individus en tant que membres de larges communautés partageant des valeurs est découragée. De même, la dynamique de l’innovation, d’une économie indépendante, de la concurrence, de la propriété individuelle ainsi qu’une forte éthique du travail n’existent pas. Pourtant, à une autre époque, le monde occidental est parvenu, lui, à récupérer, améliorer et transmettre le savoir construit par la civilisation arabo-musulmane qui détenait, alors, le leadership dans les sciences, la médecine, l’astronomie et les sciences humaines et sociales. Mais de nos jours, dans les pays arabes, l’esprit entrepreneurial n’est pas encouragé, conduisant à un tissu économique constitué de petites et moyennes entreprises et un fort taux de chômage et de sous-emploi. L’Egypte et la Tunisie offrent d’excellents exemples de pays où il est extrêmement difficile de créer des entreprises. Combinées ensemble, ces forces créent une structure économique qui décourage la création de libertés politiques et économiques, qui conduisent généralement à la pleine adoption des idéaux démocratiques. Pour parler le langage du monde de l’informatique, nous pouvons dire que tous ces concepts sont des applications que le monde arabe n’arrive pas à télécharger sur ses iphones et ses ordinateurs.

Il y a donc un déficit dans la conception et la mise en place des politiques économiques qui expliquerait l’absence de démocratie dans le monde arabe et qui est lié à la manière dont le gouvernement crée des distorsions dans les marchés, les mesures d’incitation, les classes sociales ainsi que dans l’ensemble du fonctionnement de la société.

Lotfi Saïbi

When there is no one to govern

A young man who is mentally challenged, physically disabled, and financially strapped, is dead. He is the victim of a hit and run accident on the GP 3, leading from Tunis to Gafsa. He is actually the victim of a failing system, and a community that is all too busy in-fighting through manipulation and greed.
At the local levels, this story encompasses everything that has, and is going wrong, with most rural poor communities. It covers every aspect of our legal, administrative, and socio-economic aspect of post-revolution-transition Tunisia. This story happened on Thursday July 21, 2011. This story could have happened anywhere on the 320 km stretch, but it happened in the town of Jelma. It is a story about a young man who was forced by his retired school-director father to work for the municipality (hadhira) and collect around 120 Dinars per month. It is a story about the local “mafia” guy who receives kickbacks from the over 1300 people registered in Jelma to perform “hadhira” work for the municipality, although only about 300 of them actually do anything that resemble work. It is the story of a failed government system that turns the other cheek, rationalizing that keeping these people “busy” and “happy” is better than making them actually accountable for work they get paid for. They rationalize, correctly, that this is freedom, finally. It is a story of a failed roads department that does not enforce driving laws or posts signs alerting drivers and pedestrians. It is a story of the complete absence a fair justice system. It is the story of a selfish driver who disregarded all laws and cut through a center of town at 140 km/hour instead of the customary 50 km/hour. This is the story of the ones that rule are the ones with money and influence.

This story is anything but unique. Young people have died in the way to a hospital on donkey backs because the ambulance was being used for personal airings. In some cases the abuse is so pervasive that the tires to the other local ambulance were sold off.

a patient brought to the local hospital on the back of a pick up

It is a story of a mentally handicapped person being forced to register for Hadhira work so that his older brother can benefit of his salary. It is a story of an entire section of a town, about 54 families to be exact, receiving money for selling their votes to political parties. It is a story of every government representative being on the take, either for money reasons, or in exchange for security. It is the story of money and equipment allocated for the local hospital gets diverted or sold on the open market. And this is only the tip of the iceberg.

At the national level, this story repeats itself in more little towns than one can imagine. I have spoken to individuals responsible for overseeing such complaints by citizens and non NGOs. Almost to the person, they all shrugged they shoulders and accused me of naiveté. The reasons are too long to list as most are waiting for the hand-over to the next government. Most mentioned the lack of funding, as others mentioned the lack of oversight. I came away believing in a way we have gone backwards in how we deal with each other. Respect between the individuals is no longer there. Dignity, which was the motor of this revolution, is nothing more than just a word for many. For they have lost their dignities without even knowing it.

Tunisia’s revolution in a crash-landing mode

News, electronic and print, is dominated by highlights and lowlights of civil unrest, public property destruction, and at least 3 confirmed deaths by gunfire. Military and police force are unable to control the violence and have, at times, resorted to shootings and skirmishes with the locals. Consequently, a curfew has been announced and enforced in several cities. As I try to get back to “normalcy” and everyday activities from my week long trip to the gouvernerat of Sidi Bouzid, I find it disheartening to see an enormously widening gap of misinformation and distrust between the major cities and the small towns, the coastal areas and the far western gouvernerats, and in some cases between the educated and not so educated. A clearer line of divide is emerging. This division is being encouraged and taken advantage of by many groups and sub-groups, operating in anonymity.

How we got here and where we are going are subjects that require far more time and bites that I am afforded at this moment. What I will try to shed some light on is why.

Let us begin at the national level, and let me the first, that I know of, to announce that regionalism is alive and well, and in some cases, even worse than the time of Ben Ali. Political parties, especially the ones with grassroots going back decades, are the ones who are contributing, whether directly or indirectly, through the media manipulation and campaign financing, to benefit from the old adage of “divide and conquer”. We are seeing examples of such “mini civil wars” beginning to take shape throughout the country, along geographical and socio-economic lines.

There are no political parties of considerable size or weight that have sprung west of the Tunis-Sousse auto-route. East is where the “elite” is. East is where the money resides. East is where the masses with the means, resources, connections, and “old” political know-how. The West might as well be “part of Algeria”, as announced by some radio personality, who later claimed he was partial to regionalism.

At the local and small town levels, matters are no better. A recent trip to the town of Jelma fully confirmed such conduct. In a town of no more than 7000 residents, there are 7 offices representing different political parties, manned by men whose political maturity matches that of mine in nuclear science. Their only interests are to serve their personal interests. Democratic institutions in these rural areas are not to be found, and the few people who wish to develop them are scared to do so in public. It was terribly frightening to see the fear and distrust in the eyes of these residents. It is as if ZABA has not left.

It is alleged that that political parties or popular movements, represented by a few local hooligans have adopted the tried and true system perfected by the RCD. It is called scaring the locals and buying their loyalties for the upcoming elections, if they ever take place.

These same parties and movements, such as Haraket Echaab and Ennahdha in Jelma are engaged in a policy of adding fuel to already red hot fire. Some of the messages I had personally heard this past week included BCE is worse than Ben Ali, every party outside of theirs is an RCD party, if you drive a nice car then you must have stolen public money, if you had lived or studied abroad then you are a foreign agent, and some other ridiculous allegations not worth mentioning.

The fact remains, they have managed to derail the real debate and discussion about democracy and registration for the upcoming elections.

Based on this week long excursion to Sidi Bouzid, I’d say the wheels are off the track and this fast moving train has already been derailed. To get it back on track we will require a monumental and well coordinated effort the likes of which has not been seen before.

Good luck to all of us.

We want a revolution…against corruption

Today we found out that the departed ruling family has robbed our country of over 100 billion dinars. That is outrageous and down right criminal. The amount, as high as it is, will one day be insignificant once compared to the freedoms we have gained, especially if we get smart and do the right thing.
What bothers me more, once the original anger subsides, is that the corruption machine that helped the Ben Alis acquire all that cash, is still entranched in the system. Moreover, the system is still in place, and in some cases more powerful and sustainable. They are certainly more dangerous now because a) they are less identifiable as they managed to redefine themselves as defenders of freedom, and b) they are more experienced as they have infiltrated our ranks and have mutated as other organism, more difficult to kill.
They may choose to operate on their own, or they may choose to create another thousand Ben Alis. Either way, we the people of Tunisia will suffer once more.
What is the solution then?
As the militants of this democracy gather around their forums and round tables, the political parties fight it out on television and facebook, the well oiled corruption machine is hard at work setting the stage for another take-over. This time, it will be our fault not theirs. And we will deserve it because we have managed to keep us too busy fighting, criticizing the same government we are too  quick to blame for lack of security and lack of jobs. The same jobs lost because these same individuals managed to close our factories and our hotels.
Wake up Tunisia. What we need is another revolution. Not to throw a government out, but to say DEGAGE to the corruption machine that only got better and stronger.

La revolution revisitée

 

Le monde a retenu l’image de ces Tunisiens, jeunes et défavorisés, prêts à mourir pour la liberté et l’espoir d’un avenir meilleur. Leur lutte continue et ils ne s’arrêteront pas avant la disparition de toutes les traces de ces 23 dernières années de tyrannie et de corruption. Pour la deuxième fois en moins de 60 jours, ils démontrent leur volonté de renverser le gouvernement et insistent sur un ensemble de revendications politiques qu’ils veulent voir réalisées.

Cela exigera plus de temps et coûtera plus de vies mais ainsi va la révolution. Le manque de représentativité du peuple dans les instances gouvernantes, l’absence d’emplois, l’injustice économique et la répartition inégale des richesses restent les sujets du jour. Les manifestants d’hier et d’aujourd’hui sont toujours en quête d’un gouvernement qui tienne compte de leurs besoins, renforce l’action judiciaire et favorise la croissance économique.

La tenue de grèves et de sit-in quotidiens plonge le pays dans un climat de tension permanente qui a atteint son summum entre les deux constituants majeurs de la population jeune tunisienne : des chômeurs et personnes défavorisées d’un côté et une classe moyenne active, de l’autre. Les premiers se sentent marginalisées par le système actuel et craignent d’être, encore une fois, les victimes d’un régime plus intéressé par sa stabilité que par son équité. Les deuxièmes se voient comme les victimes des interruptions continues dans la marche régulière de l’activité économique causées par les grèves, les violences et les manifestations. La fermeture de quelques entreprises étrangères implantées sur le sol national les a confortés dans ce sentiment. Certains d’entre eux commencent même à se demander si la révolution valait vraiment la peine d’être menée et cherchent la stabilité et un retour rapide à la normale.

Les échanges virulents se multiplient entre ces deux groupes sur les réseaux sociaux et les blogs, une cyber-guerre se dessine ainsi avec séquences vidéo tronquées et commentaires agressifs de part et d’autre. Il est cependant intéressant de constater que leurs objectifs et rêves sont similaires mais que leurs méthodes présentent, néanmoins, beaucoup de contrastes.

Comment les factions Dégage et Engage voient le futur est une question intéressante à se poser. On peut également se demander quelles sont les méthodes et les outils qu’ils comptent utiliser pour atteindre leurs objectifs ? A quoi le rêve qu’ils formulent aujourd’hui sur leurs murs facebook, dans leurs tweets et sur leurs pancartes ressemblera dans dix ans ?

On peut, par ailleurs, constater que la jeunesse égyptienne s’est montrée plus avertie et intellectuellement plus mature dans sa période de transition. La jeunesse tunisienne sera, elle, témoin d’autres sacrifices personnels et sociétaux dont elle n’a pas encore conscience ou qu’elle ne veut pas encore faire. Mais en fin de compte, ces leçons auront valeur de sacrifice. Il suffit de comparer la tendance aux saccages et à la destruction de certains jeunes tunisiens alors que des groupes de jeunes égyptiens servent désormais de guides touristiques à la place Tahrir. Peut-être, est-ce des signes du devenir de ces deux révolutions !

Cela me dérange au plus haut point de voir les divisions entre les Tunisiens, qui étaient si unis dans la conduite de cette révolution, se creuser de jour en jour. Certains ont eu recours à des insultes lamentables que l’on croyait révolues, à la stigmatisation et au régionalisme. On pouvait voir qu’ils ne considéraient que le court terme, et parfois, leurs seuls désirs personnels. Ces pratiques ne servent, en fait, que ceux parmi nous qui veulent un retour aux temps anciens. Comme notre société n’est pas démocratiquement mature et intellectuellement consciente, elle va souffrir des conséquences de ces subdivisions.

La Tunisie a besoin aujourd’hui d’un leader jeune et charismatique qui pourra rallier à lui les différents partis et montrer la voie à un avenir meilleur pour tous. Je me souviens d’un jeune John. F. Kennedy qui a dit«ne pas demander ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays”.

 

L’ EVOLUTION DE LA REVOLUTION

Le résultat d’une révolution datant de plusieurs siècles est la violence, l’extrémisme, et la contre-révolution. Les Tunisiens, les Egyptiens, et bientôt, nous espérons, nos frères et soeurs du Maroc à l’Iraq, doivent apprendre à faire face aux conséquences du renversement d’une dictature, et doivent transformer cette sagesse en des actions capitales. La révolution française de 1789, les bolcheviks de 1917, la révolution iranienne de 1979, ou celle de l’Europe de l’Est dix ans plus tard, pour n’en citer que quelques-uns, pourraient fournir des idées que nous pouvons appliquer aujourd’hui pour tracer notre chemin loin de la violence, du chaos, et des actes de barbarie déchainés, comme a été récemment rapporté en Tunisie. 

La question avec laquelle la plupart des Tunisiens sont aux prises aujourd’hui est de savoir s’ils peuvent confier leur avenir au gouvernement intérimaire. C’est une question importante à poser puisque la plupart ou la totalité de ses membres aux niveaux national et régional tels que les ministres, les gouverneurs et les appareils de sécurité, ont été loyaux a l’ancien régime qui les payait grassement. Beaucoup vont profiter de la confusion et de la politique du manque de compréhension du public. La plupart s’enfonceront encore plus en rétablissant leur anciens réseaux de “quasi-mafia”. C’est la stratégie utilisée dans la phase posterieure aux élections Ukrainiennes de 2004. Les oligarques ont resté trop longtemps au pouvoir après les élections, ils ont profité de leurs racines profondément ancrées pour renforcer leurs pouvoirs, s’enrichir, et prolonger la misère de ceux qui n’ont pas de liens directs avec le régime. Je crains que ce scénario se répète alors que nous débattons ce qui est meilleur pour la Tunisie. Je demande que nous considérons tous les choix possibles se présentant à nous comme des citoyens de la Tunisie. Quels choix permettront d’éviter la violence et la corruption post-révolutionnaire, tout en garantissant les droits de tous ceux qui se sont révoltés?

Les Tunisiens ont besoin de rendre leur gouvernement intérimaire responsable de toutes ses décisions, par la transparence. Que ce soit pour discuter des incitations économiques, des allocations de chômage, s’occuper des prisonniers complices de l’ancien régime, ou de discuter d’une nouvelle constitution, il doit y avoir une équité envers les électeurs et une peur d’eux. La maniére le plus simple de rendre cela possible et de porter l’esprit de la révolution au sein des couloirs du Parlement serait de téléviser les débats politiques. Je n’ai jamais été convaincu par toutes les décisions qui se déroulent a huis clos. Il semble que l’équipe intérimaire est très sélective dans son partage de l’information. Il ya plus de questions que de réponses, en particulier en ce qui concerne la sécurité nationale et intérieure, et le sort de ces criminels en état d’arrestation. Pour que le public tunisien puisse faire confiance à ces politiciens, il existe de nombreuses questions a regler et a discuter en public. Quant à la sélection des personnes occupant certains postes puissants, le public doit être parfaitement informés sur les critères utilisés pour cette sélection, et les pouvoirs de ceux qui sont choisis ainsi que ceux qui sont refusés. La plupart des démocraties occidentales mènent des enquêtes approfondies sur les candidats, et ceux qui ont un passé douteux ou représentant un éventuel conflit d’intérêt ne sont pas considérés comme légitimes.

Le gouvernements intérimaire et ceux qui seront bientôt élus auront une tâche ardue a faire face. La Tunisie a besoin de beaucoup plus que des réformes politiques. Elle a besoin de sécurité, d’emploi et de ventres pleins. Résoudre un problème en oubliant un autre encouragera des troubles post révolutionnaires. La responsabilité de projeter la normalité est essentielle. Cela permettra d’atténuer toute préoccupation pour les autres qui considèrent la Tunisie comme lieu de vacances et d’investissement. Cela contribuerait grandement à mettre des milliers de gens au travail. Les lois du travail et le droit d’organiser une grève doivent être revus, révisés, surtout dans le cas des employés des entreprises, publics ou privés, fournissant des services essentiels. Les grèves récentes ont rien fait qu’aggraver et affaiblir une économie déjà très malade.

Les Tunisiens ont besoin de confier leur avenir et leur sort à un gouvernement représentatif qui a un projet d’un solide plan de travail économique, social et politique.

Tout d’abord, je vais me concentrer sur la stratégie économique, car aujourd’hui elle est la principale préoccupation de la plupart des Tunisiens, suivis de près par la réforme sociale. Je ne vais pas discuter de notre PIB ou service de la dette. Au lieu de cela, je vais proposer une approche ascendante dans la façon de répartir les ressources et mettre tous ceux qui sont prêts à retourner au travail, et remettre notre pays sur les rails. Ce sera le sujet de mon prochain post.

A POST-REVOLUTION EVOLUTION

A bi-product of a revolution dating back centuries is violence, extremism, and counter-revolution. Tunisians, Egyptians, and soon we hope our brothers and sisters from Morocco to Baghdad, must learn to deal with the aftermath of overthrowing a dictatorship, and turn that wisdom to very momentous actions. The French revolution of 1789, the Bolsheviks of 1917, the Iranian revolution of 1979 or Eastern Europe ten years later, to list just a few, could provide insights that we can apply today to navigate our way past violence, chaos, and outright barbaric acts, as has been recently reported in Tunisia.

The question that most Tunisians are struggling with today is whether or not to trust the interim government with deciding their future. This is an important question to ask since most, or all of its members at the national and regional levels such as ministers, governors and the security apparatus, were loyal to and handsomely paid by the old regime. Many will take advantage of the confusion and the public lack of understanding policy. Most will dig in even deeper by re-establishing their old “quasi-mafia” networks. This is the strategy utilized in the Ukraine post 2004 elections. The oligarchs remained in power too long after the elections, took advantage of their deeply embedded roots to expand their powers, enrich themselves, and extend the misery of those with no direct ties to the regime. I fear this scenario repeating itself as we debate what is best for Tunisia. I ask that we consider all possible choices presenting themselves to us as citizens of Tunisia. What choices will prevent post-revolution violence and corruption, yet guarantee the rights of all of those who revolted?

Tunisians need to make their interim government accountable for all of its decisions through transparency. Whether it is discussing economic incentives, unemployment compensations, dealing with imprisoned old regime cronies, or discussing a new constitution, there needs to be fairness to and fear of the constituents. A simple of way of making this possible and carrying the spirit of the revolution through the halls of the Parliament would be to televise all political debates. I have not been convinced of all the decisions taking place behind closed doors. It seems that the interim team is very selective in its information sharing. There are more questions than there are answers, especially with regard to national and domestic security, and the fate of those criminals under arrest. For the Tunisian public to trust these politicians, more needs to be brought to the table and discussed in the open. As for the selection of individuals filling certain powerful positions, the public needs to be fully versed on the criteria used for such selection, and the credentials of those chosen as well as those turned away. Most western style democracies conduct thorough background investigations on candidates, and those with questionable pasts or representing possible conflict of interest are not considered as legitimate. Any good leader would tell you that he needs to surround himself with others who complement him and share the vision, ask the tough questions, and not necessarily those who serve as puppets and simply go along for the ride.

The interim and the soon to be elected governments will have a daunting task in front of them. Tunisia needs more than political reform. It needs security, jobs and full bellies. Resolving one while forgetting about the other would encourage post revolution disorder. The responsibility of projecting normalcy is critical. It will alleviate any concern for others who consider Tunisia as a vacation and investment area. This will go a long way into putting thousands of people to work. Labor laws and the right to hold a strike may have to be revisited, and certainly revised in the case of employees of companies, public or private, providing essential services. Recent strikes have done nothing but aggravate and weaken an already very sick economy.

Tunisians need to trust their future to a representative government that drafts a solid working economic, social, and political plan.

First, I will focus on the economic strategy, because it is the primary concern of most Tunisians today, closely followed by social reform.  I will not discuss our GDP or debt service. Instead, I will offer a bottom-up approach of how to allocate resources and put everyone that is willing back to work, and get our country back on track. This will be the subject of my next post.

Lotfi Saibi

From America, with Love

Il est Janvier 2011. Je suis chez moi aux Etas Unis. Je suis dans mon bureau. Je suis dans ma voiture et à l’Université. Peut être que je suis dans un avion, ou dans un café. J’essaie très difficilement de respirer. La fumée du gaz lacrymogènes est si dense. Mes yeux brûlent si mal que je pourrais hurler. J’allume des cocktails Molotov. J’évite les balles tout en espérant qu’ils ne soient pas réels. Je crie et hurle à des hommes habillés en uniformes noir, casqués d’une maniere effrayante. J’ai plus de pierres….Est ce que c’est 1978 et 1979 de nouveau. Je me souleve de mon bureau. C’es t bizarre, je suis a cinq mille kilomètres de Tunis, mais je suis dans les ruelles de la centre ville. En effet, c’est 2011, comme mon Blackberry m’informe des nouvelles plus inquiétantes, et les documents devant moi me rappelent de mes nombreux délais dépassés.
J’ai quitté la Tunisie le 30 Décembre pour m’occuper de mes affaires universitaires en Amerique. Je n’avais jamais pensé que je pourrais manquer ce qui a eu lieu en Janvier. Les similitudes entre cette l’époque  des annees 70 et maintenant sont trop nombreuses. Les sentiments que j’ai ressenti et les angoisses que j’ai vécu semblaient comme si ils étaient tout simplement conservés dans un coffre-fort pendant 30 ans et tout d’un coup libérés. La colère, l’incrédulité, l’empathie, la peur et le courage, tout refait surface à chaque notification d’Al Jazeera et de Facebook. A l’epoque, et maintenant, nous nous sommes battus contre les régimes répressifs. Nous nous sommes battus pour la dignité et la survie.  Nous avons presque perdu notre besoin humain conféré par Dieu, celui du respect de soi, de la liberté et de la paix. Nous avons décidé de riposter et de changer les règles. Personne n’a jamais vu ou photographié la dignité, mais nous la voulions de retour.
Je tiens à féliciter mes frères et sœurs Tunisiens et Egyptiens pour le courage dont ils ont fait preuve dans la lutte contre deux des régimes les plus répressifs. Ben Ali fait peut être partie de l’histoire, mais les racines de son empire sont toujours en place. Nous avons seulement commencé le long processus de transition. L’histoire nous a appris que la vrai démocratie est insaisissable, car beaucoup de gens nous font obstacle et nous mettent des battons dans les roues. Ce sont des gens qui bénéficient de l’absence de liberté. Des gens qui cherchent à accumuler plus de pouvoir et de richesses par notre manque de cohésion et d’unité. Notre dignité est en jeu. Notre vrai travail vient juste de commencer.

Lotf Saibi