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RE-ENGINEERING THE OPPOSITION IN POST REVOLUTION

In my pursuit of the reasons behind the stalling of the Tunisian revolution and the lack of charismatic and visionary leaders, I have come across some new challenges that are shared by many in the political arena. They concern the strategies and the means necessary to building a winning political party. The following is an analysis of the current state of political party building.

The current model adopted by almost all the new parties requires a second look at the strategic level. It is top-heavy and pays very little attention to mobilizing resources. I wonder, is it because parties were not allowed sufficient time to organize and develop programs? Is it because they are still finding out what it means to communicate or raise funds?Is it because in their rush to seize power they never standardized procedures of how to build parties? Or is it simply because they are just learning on the job?

I would like to focus on two important factors.

Opposition parties are anything but successful as far as a strategic human resource mobilization is concerned. As for deployment into grassroots party building, it is more by default on account of demands by aspiring regional representatives. As a result, our parties are driven by ambition rather than vision, with uncoordinated pockets strewn throughout the country. This is one of the factors which produced the absence of choice on 10/23/2011. Choice, if it exists at all, is more about being close to the people and presenting solid propositions.

A critical test before opposition parties in Tunisia is the need to properly restructure internal party organization, second only to a party’s vision and strategy. A good party structure would mean separating political leadership from the party management. In other words, there is an urgent need to professionalize the internal workings of our parties (a question of meritocracy) if they are to meet the expectations of Tunisians. A situation where assignments are handed out based on personal loyalty is counter-productive and can only breed inequitable practices. Today, more than any time in the past, or possibly the future, professionalizing the operations of our political parties would necessitate focus in two areas. These are membership mobilization and party funding. The two are related.

As such, it is the absence of focus in these two areas that made our parties what they are – opposition in the true sense of the word- happy to jump on the opportunity to appear on TV or in half full meeting rooms, and provide nothing but rhetoric. To appeal to, and mobilize membership would entail working with specific groups of citizens such as unions, professional organizations and civil society. The strength of commitments to these partnerships would open the doors to financial contributions. Beyond offers however, membership would be encouraged to make contributions if they are guaranteed prudent management of party resources. Also, apart from good governance, good financial management is imperative for the financial survival of parties. Financial management should not be therefore only vested in the hands of political leaders. Competent personnel with requisite fundraising and bookkeeping skills must be recruited and remunerated.

The other issue is the need to focus mobilization specifically towards internal regions of the country, and specifically the close to a million unemployed and uneducated persons. Any party that is popular to these categories of our population would be guaranteed majority votes. Opposition parties need to consciously invest resources to develop youth and women mobilization programmes and projects in rural areas.

With all these issues addressed and strategies to fix or improve them in place, opposition parties should then begin the process of negotiating operational standards and best practices. If they are to ever consider alliances or future partnerships, any open issues will represent insurmountable challenges, prohibiting possible alliances, and robbing Tunisians of a viable political alternative to the current governing party, especially when the next elections are around the corner.

Un Leadership Hors-Jeu en Tunisie Post-Revolution

J’ai été  dépassé par l’absence de  leaders au lendemain de la vague  révolutionnaire qui a submergé le monde arabe. Par leaders, je ne veux pas dire les politiciens qui gagnent des élections fondées sur des promesses vides. Je parle des vrais leaders: hommes et femmes, jeunes et vieux, des personnes authentiques qui peuvent  parler directement à leur peuple, qui ont  le magnétisme pour rassembler tout le monde autour d’une vision et la volonté de dire la vérité, des personnes qui savent prendre les bonnes décisions et bien les faire appliquer , des personnes qui ont la capacité de  construire des coalitions, et regarder au-delà des clivages dans une société brisée par des enjeux sociaux, économiques et religieux. Il s’agit d’un point crucial dans l’histoire de la plupart des pays arabes. Ce sont des nations en cours d’élaboration et ce sont des moments privilégiés de l’histoire qui requièrent des leaders exceptionnels.

Je m’intéresse particulièrement à  la Tunisie qui était le levier de tous les changements dans le monde arabo-musulman.

La Tunisie d’aujourd’hui lutte pour une nouvelle orientation et de nouveaux dirigeants. Ce manque de leadership est particulièrement troublant parce que nous sommes à un moment critique monumental. Nous avons besoin d’un leader qui a une grande vision et le charisme pour unir tous les Tunisiens sous l’égide de l’intérêt général du pays.

La Tunisie d’aujourd’hui a besoin de lancer son  « Spoutnik ». Elle a besoin de sa propre version de Martin Luther King Jr. Quelqu’un, qui n’a pas peur d’être de la minorité, mais qui a le respect de la majorité, il peut être originaire d’une région oubliée du pays, ou d’une famille économiquement défavorisée, ou encore diplômé d’une de nos écoles étatiques. Il n’a pas à être issu d’une élite chanceuse qui a pu s’accaparer l’argent et le savoir. Il peut tout simplement être quelqu’un d’entre nous.

Pourquoi est-ce que cette révolte populaire n’a encore pas enfanté de vrais leaders? La réponse technique serait que le processus démocratique est encore en élaboration et qu’il nous gratifiera, espérons-le, des meilleurs fruits. Il ya toutefois, des facteurs plus profonds à l’œuvre. Et si nous voulons concrétiser ce rêve d’une Tunisie meilleure, nous devons savoir exactement ce qui a précédé  cette sécheresse de leadership. Il y avait Ali Ben Gthahem, Habib Bourguiba, Salah Ben Youssef, Farhat Hached, Tahar Hadad, Fadhel Ben Achour, et tant d’autres comme eux. Il fut un temps où nous sentions beaucoup de fierté et d’honneur d’être tunisiens. Notre pays a été parmi les premiers dans le monde arabe et au premier rang après le colonialisme dans l’éducation, les libertés personnelles, la recherche scientifique et l’athlétisme. Mais par-dessus tout, nous avions eu le droit de rêver parce que nous avions une vision commune et un leadership charismatique qui a su nous réunir au lieu de nous diviser. Cette trêve a été rapidement interrompue par un système qui contrôlait les esprits, qui  encourageait l’égoïsme et réprimait le dynamisme, le sens du pragmatisme et d’analyse, ainsi que la pensée innovante. Ce système a créé de nombreuses générations de jeunes qui n’ont pas d’estime ni de confiance en soi et qui n’ont aucune idée de ce que c’est que l’intelligence émotionnelle ; en d’autres termes on produisait des générations pauvres  en membres actifs pour bâtir une société efficace et développée. Et c’est ainsi que fut posée la fondation de notre culture actuelle qui freine l’initiative et le courage, et réprime le charisme et l’authenticité.

On pourrait se demander si notre nature arabo-musulmane ne serait pas responsable d’aménager le terrain pour des dirigeants autoritaires. Ou alors, serait-ce notre manque de formation, de savoir-faire, de désir d’innover et d’unité qui fait qu’il soit facile de nous gouverner par des dictateurs? Sommes-nous devenus ce troupeau de brebis  parce que nous avons perdu tout espoir en notre capacité à apporter un changement ou parce que nous valorisons les objectifs personnels au détriment des objectifs communs, ou alors parce qu’au fond on n’a aucune confiance les uns en les autres?

À mon avis, tous ces facteurs et bien d’autres sont en cause de la fuite des cerveaux et de l’absence de véritables leaders. En bref, le leadership de la Tunisie, présente une image pathétique d’oppression, de pauvreté et d’incompétence, aussi bien dans les affaires internes que étrangères, nous sommes désunis, impuissants, dépendants et incapables d’influencer notre peuple et encore moins la communauté internationale.

La question à laquelle nous devrons répondre est alors qui va se lever et dire aux gens que le gouffre est très profond et que notre modèle actuel de développement du leadership est défectueux? Qui va dire aux gens que l’extrémisme n’est pas la voie vers  un avenir brillant et réussi? Qui sera capable de capturer la vague révolutionnaire de la jeunesse et la placer sur le droit chemin avec une vision commune qui permet de résoudre les problèmes et colmater les brèches ? Qui dira à ces jeunes que leurs habitudes d’étude sont insuffisantes et qu’ils ont la capacité d’être aussi bons que n’importe qui dans le monde? Qui admettra que notre système d’éducation et nos éducateurs actuels devraient être mis de côté, et que la nouvelle voie implique le développement professionnel et non pas des diplômes inutiles? Qui dira au peuple que notre modèle actuel d’emprunter de l’argent pour payer des dettes anciennes n’est pas la meilleure forme d’investissement pour l’avenir ?  Qui dira aux syndicats et aux partis de l’opposition qu’à part une critique constructive, ils ont à proposer des solutions? Qui va dire aux tunisiens que notre leadership actuel nous divise bien plus qu’il nous unit?

Notre nouveau leader devra être honnête et digne de confiance, capable d’attirer les gens vers lui grâce à son sens de la responsabilité et de la justice. Il faudra qu’il commence  par expliquer que ce qui nous unit est beaucoup plus important que ce qui nous divise. On a besoin de quelqu’un qui dise la vérité, qui sache  guérir les blessures de ce peuple et  construire les coalitions nécessaires, on a besoin d’un promoteur du changement qui saura nous inspirer pour concrétiser le rêve. Notre nouveau leader aura la tâche de convaincre ce peuple que le changement doit d’abord venir de l’intérieur, que nous devons abandonner cette mauvaise habitude de toujours opter pour les solutions faciles et rapides mais pas forcément les plus efficaces et durables, que nous devons apprendre à écouter et à faire confiance, que le bien de tout un chacun passe obligatoirement par celui de la société.

Le peuple tunisien doit être engagé à former des leaders aujourd’hui pour qu’ils puissent résoudre les problèmes de demain. La prochaine génération de leaders devra faire face à une liste croissante d’enjeux complexes et doit être prête à aller de l’avant avec la vision, le courage et les compétences nécessaires pour relever le défi.

Nous devons assumer notre part de responsabilité et commencer les réformes de  l’intérieur. Chacun de nous doit se mettre devant sa glace et identifier ses défauts. Chacun de nous doit être son propre leader en réorientant son navire dans la bonne direction. Ce n’est que par cette réflexion collective que nous allons commencer à créer la prochaine génération de gouverneurs, d’entrepreneurs, de scientifiques, et de leaders de la communauté.

Why are there no TRUE leaders in post revolution Tunisia

The Arab world has long suffered a drought of the type of leadership that transforms its people. No such shortage is so evident than in recent post revolution times. Transformational leaders are not the type that win elections based on empty promises. Of those, there are as many as there are football coaches on a monday morning. They are the kind that, through their actions, improve their environment and the lives of those who follow them.
Of special interest to me is Tunisia which has long played the role of the beacon, especially in recent history.

Due to its place in history, Tunisia had always served as a leader of sort to the rest of Arab Nations, especially since it had emerged as a free and sovereign country from the colonial grips of France. Today it is struggling for a new direction and a new leadership. This lack of leadership is particularly troubling because Tunisia is at a critical monumental juncture. Tunisia needs a leader that has a great vision and the charisma to unite all Tunisians under the one umbrella that is the common good of the country. Tunisia today does not need a “soviet style” dictator, one that creates a divided Tunisia so that he can easily rule them. Tunisia today does not need to be stuck with its own version of a religious dictator. Tunisia today needs its Sputnik moment. It needs its own version of Martin Luther King Jr. One, who is not afraid to be from the minority but has the respect of the majority, he can be from a forgotten region of the country, or from an economically underprivileged family, or from a lesser than average public school system. He does not have to be from the elites or the lucky few. He can be one of us.

Why has this public revolt not created any real leaders? The technical answer is because the democratic process is still working itself out and will hopefully flush out the best of the crop. There are however deeper factors at work.  In order to dream of a better Tunisia, we must know exactly what just preceded this leadership drought. There was Ali Ben Gthahem, Habib Bourguiba, Salah Ben Youssef, Farhat Hached,  Tahar Hadad, Fadhel Ben Achour, Tahar Ben Achour and many others like them. It was a time when we felt great pride and honor to be Tunisian. Our country was among the first in the Arab world and first among post colonialism in education, personal freedom, healthcare, scientific research and athletics. Most of all, we had reason to dream because we had a common vision and charismatic leadership that assembled and not divided.  That period was followed by a deliberate and mind-controlling system that encouraged selfishness and discouraged proactive, practical, analytical, and out of the box thinking has created many generations of young people who lack the emotional intelligence to be active members of an efficient society. And thus was laid the foundation for the present culture which discourages initiative, courage, vision, charisma, and self identity.

One has to wonder if our Arab-Muslim composition is responsible for laying the ground for authoritarian leaderships. Is it because we lack the drive and know-how, the desire to innovate and work together towards a common goal that we are easily ruled by dictators? Is it because we value personal goals more than common objectives, or because we inherently have no trust in one-another and our ability to effectuate change, that we had become a herd of sheep? Is it because we automatically associate leadership with power and corruption that we have grown allergic to it? It is therefore my opinion that it is because of these reasons and others, that today we are experiencing a brain-drain and the absence of true leaders. In brief, Tunisia’s leadership, then and now, presents a pathetic picture of oppression, poverty and waste. In foreign as in domestic affairs we stand disunited, powerless, dependent and unable to influence our people and the international community.

The question before us then is who will rise up and tell the people that the hole is very deep, that our current leadership development model is flawed? Who will tell the people that religious extremism and ideologies are not the answer to a bright and successful future? Who will be able to capture the revolutionary wave of youth movement and set it straight with a common vision that solves and not divides, that our education system and our current educators should all be tossed out, and the new way involves professional and practical development, not worthless diplomas? Who will tell the young generation that their study habits are insufficient, and that they have the capacity to be as good as any in the world?  Who will tell the people that our current model of borrowing to pay old debts is not the way for the future and sustainability? Who will tell the labor unions and opposition parties that they must also provide solutions as well as constructive criticism? Who will tell the people that our current leadership is dividing us more than it is uniting us?

Our new leader will have to be honest and trustworthy, able to pull people towards him through his accountability and fairness. He will do so by first explaining that what unites us is a lot bigger than what divides us. More than telling the truth, we will need a healer and a coalition builder, a change maker and a rain-maker. Our new leader will have to convince all of us that change has to first come from within, that we have to abandon the bad habits of always seeking the quickest, and not always the best approaches, that we have to learn to listen and to trust, that we have to look out for the common good even at the expense of our own. He has to convince us that the whole is greater than the sum of its parts. That hard work pays off and that our competitors are not always our enemies.

The people of Tunisia must be committed to building leaders today to solve the problems of tomorrow. The next generation of leaders will face a growing list of complex issues and must be prepared to step forward with vision, courage, and the skills to meet the challenge. To right the ship, we have to accept our share of the blame by first looking inward. Each of has to be his own leader by pointing his compass into the right direction. It is only through this collective reflection that we will begin to create the next generation of government, business, science and community leaders.

QUAND LES LEADERS MANIPULENT LEURS DISCIPLES

La manœuvre et la manipulation politiques sont en entière oscillation dans la conduite de la direction du parti Ennahdha. Ceci est légèrement prévu, surtout avec la très faible connaissance en politique et en diplomatie, et l’abondance de l’indifférence qui caractérise les dirigeants du parti fraichement venu.
Ces manipulations font-elles partie d’une stratégie ou d’une indifférence bien projetée et d’un manque d’empathie envers le citoyen tunisien moyen ? Comment alors expliquez-vous le double discours des prétendus chefs de ce parti? Laissez-moi placer deux exemples qui montrent le manque de transparence et de cohésion dans les rangs,  d’Ennahdha ainsi que l’absence d’une une vision claire, car il y a des facteurs qui mènent toute personne à penser deux fois avant de leur faire confiance et leur attribuer une voix pour de prochaines élections.
1. Le 17 mars 2011, pendant la visite  en Tunisie de Hillary Clinton la secrétaire d’état des États-Unis, les dirigeants d’Ennahdha ont accusé le gouvernement intérimaire de complicité et complaisance avec les USA. Des centaines de partisans d’Ennahdha ont manifesté dans la rue contre la visite de Mme. Clinton, qu’ils ont décrit comme ingérence des USA dans révolution de la Tunisie. Aujourd’hui, Mme. Clinton est  invitée par le même groupe qui l’accusait de se mêler dans nos affaires. Qu’a-t-il changé depuis le dernier Mars ? Et bien, Ennahdha est maintenant au pouvoir et n’a personne à attaquer ou accuser de complicité.
Je demande à ces leaders ce qu’ils pensent vraiment des Etats-Unis. Quelle est leur position claire au sujet de l’intervention des USA dans nos affaires domestiques?

Ces chefs d’Ennahdha ont-ils des principes sur lesquels ils peuvent réagir ?
2. M. Jebali, « décidez sur quel pied vous dansez ». D’une part vous voulez déclarez le sauveur de la palestine (je cite votre super speech de la « sixième khilafa »), et de l’autre vous réservez un aceuil aussi chaleureux avec embrassades et accolades au meilleur ami qu’Israel a dans le sénat des USA. le meme John McCain, plus fort senateur Americain à  Washington, qui; il y a de ça des années; a dit ouvertement que “les nations arabes devraient comprendre que Israel est ici pour rester”  et ” nous ne tourneront jamais le dos à nos amis juifs”
Vous êtes confus Mr. Jebali, et par conséquence vous nous induisez tous en confusion. Avez-vous donc aucuns principes ? Mr. Jebali, un des signes d’un bon chef est qu’il ne vibre pas face aux défis, qu’il soit un exemple de courage et de magnétisme pour tous ses disciples, et qu’il n’attend pas la meilleure offre pour prendre une position. Vous avez fait de la Tunisie un pitre parmi ses alliés et amis. Ne nous vendez pas au plus offrant Mr.Jebali ; Nous ne sommes pas à vendre.

POLITICAL LEADERSHIP AND MANIPULATION

Political maneuvering and manipulation is in full swing by the Nahdha party leadership. This is somewhat expected, especially when the newly arrived party leadership has very little knowledge of policy and diplomacy, but plenty of indifference.

Are these manipulations part of a well designed strategy or indifference and lack of empathy towards the average Tunisian citizen? How then do you explain the double-talk of the so called leaders of this party? Let me site two examples that show lack of transparency, cohesion in the ranks, and a clear vision: factors that lead any person to think twice before trusting them again with a vote for any future office.

  1. During March 17, 2011 visit of Hillary Clinton, U.S. Secretary of State to Tunisia, Senior Leadership of Nahdha accused the then interim government of complicity and yielding to the US’s wishes. Thousands of Nahdha supporters demonstrated in the street against Mrs. Clinton’s visit, which they have described as US interference in Tunisia’s home-grown revolution. Today, Mrs. Clinton is an honored guest of the same people who accused her of meddling in our affairs. What has changed since this past March? Well, Nahdha is now in power and has no one to attack or accuse of complicity. SO I ask how you really feel about the USA. What is your clear position about the US’s involvement in our domestic issues? Do these leaders of Nahdha have principles upon which they can govern?
  2. The same John McCain who years ago openly said that Arab nations should understand that Israel is here to stay. So, I say to you Mr. Jebali, decide which foot to dance on. On one hand you want to make a law that every person who is a friend of Israel is considered a criminal, and on the other you are hugging and kissing the best friend Israel has in the US senate.

You are confused, and you are confusing all of us as a result. Have you no principles? A sign of a good leader is one who does not waiver in the face of challenges, one who is an example of courage and magnetism to all his disciples, and one who does not wait for the best offer to take up a position. You have made of Tunisia a laughing stock among its allies and friends. Do not sell us to the highest bidders Mr. Jebali. We are not for sale.

 

THE FUTURE OF TUNISIA: IT IS A QUESTION OF LEADERSHIP

Tunisia is in the middle of a period of rapid change and complex crises. Its temporary leaders must be able to make bold decisions quickly. Tunisia’s leaders have failed to take steps to address the economic, political and social crises. The failure to act decisively has resulted in the loss of credibility and a void in short term winning solutions. One would be justified to ask if it is due to lack of expertise and awareness of the consequences, or an indifference that is caused by the blind desire to remain in office, or win the next elections, at any cost.

Any responsible citizens of this nation needs to ask himself the following questions:
1. How can we force these leaders to be motivated to address these time sensitive issues rather than follow their political agenda?
2. With cronyism and corruption as present as ever, what can be done to restore good governance, and improve, or change, leadership?
3. How can youth, civil society, and social media change leadership?
4. What steps should be considered to make leadership responsive to our needs, and save this nation from an imminent economic crisis?
If we are to consider the Tunisian economy as following conventional models, then we need very little visionary leadership. However, there is nothing conventional about the current crisis. So we need a strong, credible leadership, with a sustainable home-grown organic strategy, not one that relies on foreign interference.

Tunisia’s current leadership possesses very little mental capacity and emotional intelligence to put together  programs that will orient our collective muscles towards building a sustainable economy like that of other nations such as South Korea, Argentina, or Brazil.
When citizens lose hope in their leadership and in the future and begin to despair, they resort to acts that are not conducive to nation-building and a society that is progressing towards prosperity

The Political Pragmatist demands change…TODAY

Although unsuccessful as “tete de liste” for the Sidi Bouzid region, partly because we did not know how to “talk” to the locals and partly because of the sudden Tsunami called Al 3aridha, I remain a passive-active in Tunisian politics. I have been attending political and association meetings over the last two months. This short but intense path to political participation gave rise to many important lessons I believe are applicable to many young and aspiring political Leaders today. The first is that youth and political participation rarely seem to coincide. Only about 20% of the youth had bothered to vote on 10/23/2011.

After several months talking to youth nationwide, the reason most frequently mentioned for political apathy is lack of representation or identification with present political leaders. This harsh reality poses the largest obstacle: reinstating credibility and true representation in a new, pragmatic political leadership. I firmly believe politics has not failed. Politicians have. As long as young political leaders committed to the ideals of democracy, freedom and equal access top opportunities remain on the sidelines, we’ll never make any progress, regardless of all the talk of the “big party”

All my life I have been told youth is the future. I disagree. They are here, NOW.

Young Tunisians can no longer rely on present leadership and tried and failed methods. I believe the problem is more structural. Young leaders from the whole country must be taken into consideration in the decision-making process to alter hoe politics works and get the results we desire.

Young Tunisians demand pragmatic solutions to real problems, not promises and more of the same empty words. Political parties must fundamentally change. Tunisian youth have a key role to play by participating at every level of politics, including municipal and legislative. They must lose their fear, or apathy, and get involved; our duty is to demand space for participation, today.

La femme Tunisienne et les éléctions du 23 octobre

L’idée a toujours été la même. Afin d’apparaître comme un mouvement ouvert et moderne, les leaders politiques ont toujours été favorables à la cause des femmes. Seulement, dès qu’ils prennent les rennes du pouvoir, ils réduisent les marges de liberté des femmes afin de satisfaire les conservateurs. C’etait le cas en 1789 en France, et en 1979 en Iran.

Je vais essayer de démontrer que c’est seulement si les femmes accomplissent les trois étapes suivantes qu’elles pourront commencer un nouveau type de révolution dans le monde arabe et musulman, et changer l’histoire de la femme arabe politique : 1. organiser une campagne paritaire adressée à toutes les régions du pays et pour tous les niveaux d’éducation. 2. engager une campagne éducationnelle et informative afin de mettre en valeur la contribution des femmes dans la société. 3. définir la responsabilité des femmes dans un pays en cours de transition démocratique.

La situation des femmes tunisiennes peut difficilement être comparée à celle de leurs homologues, particulièrement dans les pays arabes. Elles ont bousculé depuis longtemps la rigidité de leurs traditions et ont gagné un statut qui fait d’elles, du moins sur le papier, les égales des hommes dans la plupart des domaines de la vie politique, économique et sociale. Ainsi, plusieurs d’entre elles sont instruites, ont un travail et sont financièrement autonomes et actives dans la société. Seulement, la situation favorable de ces privilégiées cache la situation désastreuse dans laquelle vivent encore une large frange des femmes tunisiennes, particulièrement dans le milieu rural. Et la libération de la femme tunisienne ne sera effective que si elle englobe toutes les femmes, quelque soient leur région d’origine, leur milieu social et leur statut familial.

Après la révolution de la dignité engagée par les jeunes tunisiens et les personnes défavorisées, une autre révolution doit voir le jour. Seulement, celle-ci ne nécessite pas de feu ni de manifestations violentes. Il s’agit plutôt d’une révolution pacifique qui doit avoir lieu dans les esprits et les cœurs de toutes les femmes. Elle doit commencer immédiatement et par celles qui ont activement participé dans le renversement de l’ancien régime de Ben Ali. Pour cela, ces femmes devront vaincre la peur qu’elles sont de plus en plus nombreuses à ressentir dans les rues de Tunis lorsqu’elles se promènent tête nue et habillées comme elles l’ont toujours été. Ces femmes qui sont de plus en plus nombreuses à être inquiètes lorsqu’elles se pressent à leur travail ou qu’elles prennent du bon temps attablées sur la terrasse d’un café. Cette peur est le plus grand obstacle à leur liberté car elle se trouve ancrée au plus profond d’elles-mêmes. Il ne s’agira pas ici de faire sortir un despote et sa famille d’un quelconque palais mais de déloger l’héritage de siècles d’obscurantisme de l’esprit de leurs concitoyens. En effet, dans notre pays, des filles sont encore forcées de se marier  contre leur gré, de travailler dans les maisons bourgeoises comme servantes à un âge où elles devraient jouer et étudier, de subir toutes sortes de harcèlements dont des abus sexuels  de la part de leurs proches et des hommes du voisinage, des pratiques qui demeurent tabous.

C’est de la responsabilité des femmes tunisiennes instruites et actives dans le milieu professionnel ou dans la société civile de se regrouper en communautés pour engager ce nouveau combat. Elles ne doivent pas se satisfaire du niveau intellectuel et financier auquel elles sont parvenues car leurs connaissances ne valent que si elles sont partagées par le plus grand nombre de femmes et non par une minorité d’entre elles. Malheureusement, je constate que les débats engagés par plusieurs de ces femmes sur Internet, dans les milieux favorisés et sur les campus universitaires sont bien éloignés des préoccupations de la femme tunisienne issue d’un milieu modeste. Ces débats me semblent concerner davantage un souci de préserver leurs privilèges qu’une réflexion sur l’extension des avantages dont elles ont bénéficié à l’ensemble des femmes tunisiennes.

Un bon endroit pour commencer les programmes éducatifs pour les femmes par les femmes est leur maison. Il ne faut pas, en effet, sous-estimer le fait que les maisons dans lesquelles se pratique la répression donnent des sociétés où se pratique la répression. Pensez un instant à un enfant qui grandit avec une mère qu’elle voit opprimée et asservie, qui a renoncé à son droit d’être éduquée et de choisir entre travailler et rester à la maison, entre gagner son autonomie économique ou rester dépendante de son mari. C’est une préparation à une vie de despotisme et d’asservissement. Cela prépare la voie à une société totalitaire.

Afin de changer les mentalités d’hier, ces femmes doivent tout d’abord changer l’esprit des hommes et des femmes qui les entourent et ceci se fait à travers la culture et l’éducation. L’éducation dont il est question ici est l’auto-éducation et l’éducation one to one. C’est à chaque femme militante de parler et d’éduquer ceux et celles qui l’entourent sur ce que signifie l’égalité entre les hommes et les femmes dans une société.

Les femmes militantes doivent savoir que de pareils programmes éducatifs ne sont pas un luxe mais une nécessité qu’elles doivent commencer immédiatement si elles veulent capitaliser sur les anciens gains qu’elles ont obtenu. Ces femmes devraient peut-être tenir quelques sit-in et organiser plus de visites sur le terrain car il y a déjà plusieurs signes qui indiquent que les partis politiques n’accordent pas aux femmes toute la place qu’elles méritent en tant que partie intégrante de la société et au vu du rôle qu’elle ont joué lors de la révolution. Il y a ainsi peu de femmes dans toutes les nominations qui ont eu lieu après le 14 janvier que ce soit dans le gouvernement, dans les régions ou dans les commissions mises en place. Les femmes militantes, si elles sont réellement leaders, devraient s’inquiéter de tous les acquis qui sont les leurs durant les 50 dernières années, qui ont fait d’elles les femmes les plus éduquées, les plus progressistes et les plus indépendantes du monde arabe. Afin de demeurer sur la route, la mise en œuvre d’un solide plan de campagne est leur seule option. Et plus elles demeurent dans l’expectative, plus elles donnent la chance à leurs adversaires d’alimenter une vision qui est diamétralement opposée à la leur.

Let us make History or be history

For all Tunisians alike, young and old, rich and poor, from the north to the south, these are extraordinary times. And we face an extraordinary challenge. The leaders we will soon choose on October 23, 2011 will be faced with tough decisions in the months ahead. Their only responsibility is the commitment they have to serve our country and all of its citizens. No role in history could be more important or more difficult. Tunisians will stand for freedom, in all its facets. We seek a government for the people, from the people and of the people.
We, the citizens of Tunisia, need to be united in our belief, vision, and mission of guaranteeing full representation for all. From Tozeur to Tunis, Bizerte to Ben Guerdan, Kasserine to Kelibia, Sidi Bouzid to Sousse, we need to be united against any man, group, political system, or nation that is hostile to our freedom and a stable secure future.
Our revolution equals any great revolution in human history. Our young generation led us to emancipation. For that we owe them a brighter future to them and to the next ones that will follow. They seek an end to injustice, tyranny, corruption, and exploitation. More than an end of a corrupt despotic regime, we seek a new beginning.
Adversaries of freedom, some are still in power and others are seeking it, are now in quest of the fruits of freedom trees, irrigated by the blood of innocent young Tunisians. Their aggression is often more concealed than open. They have personally fired no guns. And they are seldom seen. They send their agitators, snipers, and militias to terrorize our kids, burn our businesses, and rob our homes. When we band together and march, their assassins kill and terrorize our sons, brothers, fathers, and sisters.
These adversaries of freedom plan to consolidate power, to control, and finally destroy the hopes of the bravest young men and women of the 21st century.
There is no simple single policy which will move us forward. Our commitment to freedom and street slogans are only but a beginning. What we need are intellectual maturity and wisdom, not destruction of property, in-fighting, and wealth-grabbing. We need to learn and allow for differences of opinions ideologies. For it is what separates us today, can make us stronger tomorrow, if we all have a better Tunisia in mind. There is much more we can do, and must do.
First, let us decide on who among us has the intellectual know-how to navigate us through these treacherous waters and uncertain times. This can only be accomplished through real, open, and honest dialogue. For if we are seeking a democracy, we need to begin now. Let October 23rd 2011 be the birth of an exemplary new nation that unites, not divides.

Sommes-nous incapable d’etre democrate parce que nous sommes muslmans? ?

Traduction par ABH.

Aujourd’hui en Tunisie, et dans tous les autres pays arabes, il n’y a pas de pénurie d’experts en démocratie. En effet, vous trouverez ceux qui se concentrent sur le sens fondamental de la démocratie et les notions qui lui sont liées comme la liberté, la participation et l’égalité des droits de chacun. Vous trouverez aussi ceux qui se focalisent sur les changements institutionnels nécessaires à mettre en place pour devenir une véritable démocratie, comme une justice indépendante, une nouvelle constitution et un parlement fonctionnel. Enfin, il y a ceux qui appellent au changement par la société civile comme l’expression d’une démocratie citoyenne. Ces discussions, saines et nécessaires, nous aident à comprendre les enjeux liés à l’établissement d’une véritable démocratie et à en comprendre les différentes significations. Cependant, elles nous informent peu sur les facteurs qui contribuent à la création, l’épanouissement et le développement de la démocratie. Elles ne peuvent, en tout cas, donner des réponses pour la région toute entière, de par la spécificité des expériences culturelles, religieuses et économiques et la complexité du contexte historique de chaque pays arabe. Je voudrais contribuer ici à expliquer le déficit de démocratie dans les pays arabes et analyser certains mythes et démythifier certaines hypothèses.

De 1990 à 1995, le monde a été témoin de la naissance d’une quarantaine de nouvelles démocraties, ce qui porte le total des pays démocratiques à près de 117, soit 60% du total des pays indépendants. En 2010, ce nombre a atteint les 200, soit près de 88% du total des pays souverains. Chaque région du monde, chaque continent, ou ethnie est représenté dans ce groupe, sauf les pays arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Cette absence est une flagrante anomalie dans le phénomène de globalisation démocratique. Existe-t-il donc une exception arabe dans le domaine de l’expression démocratique et pourquoi les pays arabes ne connaissent-ils toujours pas de véritable démocratie à part le cas spécifique du Liban ?

Le principal dénominateur commun des pays arabes est qu’ils sont majoritairement habités par des arabes musulmans. Leurs habitants partagent donc des valeurs communes et un socle culturel et religieux homogène, celui de la culture arabo-musulmane. Se peut-il alors que cette culture soit la raison du déficit démocratique des pays arabes ? Un autre facteur commun qui prédomine dans les pays arabes est le sous-développement économique. Ainsi, des pays comme l’Egypte, la Jordanie, la Maroc ou le Yémen ne seraient pas démocratiques parce qu’ils ne sont pas économiquement développés ? Peut-être aussi que le fait d’être inondé de pétro-dollars soit aussi la cause de l’absence d’innovation technologique et de leadership économique dans les monarchies du Golfe.

Je vais tenter de démontrer que le déficit de démocratie dans le monde arabe peut s’expliquer tout d’abord et principalement par les politiques et les choix économiques défaillants effectués par ces pays et non par leur culture ou leur religion. Afin de rejoindre le rang des pays démocratiques, les pays arabes n’ont d’autre choix que de travailler sur les modèles économiques qu’ils devront privilégier.

Culture et religion

Lorsque nous comparons les 16 pays arabo-musulmans avec les 29 autres pays musulmans mais non arabes (comme le Bengladesh, le Sénégal, la Turquie, l’Indonésie ou la Malaisie), nous trouvons que le deuxième groupe a pu assurer des droits démocratiques raisonnables à ses populations. Parmi les 16 pays du premier groupe, seul le Liban peut avoir une telle prétention. En outre, concernant les élections politiques, huit pays musulmans, là aussi non arabes, ont conduit des élections libres (mises à part celles menées en Algérie en 1991). Ces constats nous permettent donc d’affirmer, même si ce n’est pas d’une manière scientifique, que la religion musulmane n’est pas la cause du déficit démocratique des pays où elle prédomine. D’autres études, comme celle de l’ONG Freedom House ont, elles aussi, conclu que l’islam et la démocratie ne sont pas mutuellement exclusifs.

Qu’en est-il de la culture ? Dans notre histoire de peuple arabe et musulman, l’idée de communautés organisées autour de gouvernements représentatifs est pratiquement inconnue alors que les pays musulmans non arabes ont, eux, vécu de multiples expériences de groupes politiques organisés et représentatifs de la population. Pouvons-nous alors dire que les arabes se sont habitués à l’autocratie et à l’obéissance passive de leurs gouvernants, comme cela a été le cas en Tunisie durant les 55 dernières années? Pourquoi cette obéissance passive a pu rester aussi forte jusqu’à constituer un obstacle insurmontable à la démocratie dans le monde arabe, contrairement aux autres pays non arabes qui ont pu la dépasser et adopter des principes démocratiques ?

Serait-il possible d’imaginer que les Arabes en général n’accordent pas d’importance aux élections démocratiques comme une forme de gouvernance autonome ? Cette hypothèse ne tient pas si l’on se remémore les élections en Cisjordanie, en Algérie et au Kowéit. Près de 80% des citoyens en âge d’élire dans ces pays-là approuvent les principes démocratiques. En outre, selon des études du Baromètre arabe, conduits entre 2005 et 2008, les Arabes ne participeraient à un grand nombre d’élections que s’ils croient que leurs votes seraient pris en compte. En 2008, ils ont ignoré les élections en Egypte. Le même scénario s’est reproduit au Maroc et en Tunisie, lorsque les citoyens ont eu la conviction que les résultats des élections politiques étaient déterminés à l’avance.

Politiques économiques et sociales

Peut-on lier le bien-être d’un pays à sa capacité à s’engager et à réussir un processus démocratique ? Les niveaux du revenu par habitant de 2009 montrent les résultats suivants. Le Koweit est pratiquement aussi riche que la Norvège, le Bahréin est sur le même pied d’égalité que la France, l’Arabie Saoudite avec la Corée du Sud, Oman avec le Portugal et le Liban avec le Costa Rica. Seuls l’Egypte, la Jordanie, le Maroc, la Syrie et le Yemen sont loin derrière mais ne sont pas plus pauvres en termes de revenu par habitant que des pays comme l’Inde ou l’Indonésie, où la démocratie fonctionne malgré un déficit de prospérité générale. Et même lorsque l’on étudie la distribution du revenu par habitant selon les différentes classes sociales ou les régions, l’on observe les mêmes résultats, c’est-à-dire que les indicateurs économiques ne sont pas pires dans les pays arabes pauvres par rapport aux pays non arabes pauvres.

Qu’en est-il du développement humain (éducation et santé) ? Le rang de la plupart des pays arabes est encore plus bas en termes de développement humain qu’il ne l’est au niveau du revenu par habitant. L’Arabie saoudite est rangée 31 places plus bas et l’Algérie 19. En outre, lorsque l’on compare les niveaux de développement humain, on trouve par exemple que ceux des riches Etats du Golfe sont au mieux équivalents à ceux du Portugal et de la Hongrie, alors que l’Arabie saoudite a le même rang que la Bulgarie et le Panama. Si l’on se tourne vers les Etats arabes peu ou pas exportateurs de pétrole, nous pouvons constater par exemple que l’Egypte a le même rang que l’Indonésie et le Maroc le même rang que l’Afrique du Sud. En d’autres mots, l’on peut trouver, à tous les niveaux de développement, et en utilisant des critères différents, un grand nombre de démocraties qui sont sur le même plan que des pays arabes non démocratiques avec qui, elles partagent les mêmes indicateurs économiques.

Alors si le problème d’absence démocratique n’est pas lié au niveau du développement économique et social, serait-il imputable au modèle économique privilégié par les pays arabes en question ? Dans la plupart des pays arabes, les plus grands employeurs sont les institutions publiques elles-mêmes. Les gouvernements peuvent supporter un sur-effectif colossal dans leurs bureaucraties publiques en utilisant les recrutements en masse comme un chèque avec lequel ils achètent la paix sociale. La société civile est faible et coptée par des organismes contrôlés par l’Etat. Quant aux règles de fonctionnement du secteur privé, elles sont faussées. Il n’existe pas un réel entrepreneuriat car la plupart des personnes qui font du « business » le font pour le secteur public, se nourrissent de contrats publics ou représentent des entreprises étrangères. Avec de telles structures, il y a peu d’incitations pour investir et créer des entreprises avec une vraie prise de risque. En effet, pourquoi prendre des risques alors des salaires stables sont disponibles et que l’on peut se garantir des profits sans prendre de risques.

La majorité des emplois reposant sur le gouvernement, la participation des individus en tant que membres de larges communautés partageant des valeurs est découragée. De même, la dynamique de l’innovation, d’une économie indépendante, de la concurrence, de la propriété individuelle ainsi qu’une forte éthique du travail n’existent pas. Pourtant, à une autre époque, le monde occidental est parvenu, lui, à récupérer, améliorer et transmettre le savoir construit par la civilisation arabo-musulmane qui détenait, alors, le leadership dans les sciences, la médecine, l’astronomie et les sciences humaines et sociales. Mais de nos jours, dans les pays arabes, l’esprit entrepreneurial n’est pas encouragé, conduisant à un tissu économique constitué de petites et moyennes entreprises et un fort taux de chômage et de sous-emploi. L’Egypte et la Tunisie offrent d’excellents exemples de pays où il est extrêmement difficile de créer des entreprises. Combinées ensemble, ces forces créent une structure économique qui décourage la création de libertés politiques et économiques, qui conduisent généralement à la pleine adoption des idéaux démocratiques. Pour parler le langage du monde de l’informatique, nous pouvons dire que tous ces concepts sont des applications que le monde arabe n’arrive pas à télécharger sur ses iphones et ses ordinateurs.

Il y a donc un déficit dans la conception et la mise en place des politiques économiques qui expliquerait l’absence de démocratie dans le monde arabe et qui est lié à la manière dont le gouvernement crée des distorsions dans les marchés, les mesures d’incitation, les classes sociales ainsi que dans l’ensemble du fonctionnement de la société.

Lotfi Saïbi