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Case Study in Leadership: When the President Becomes the Inspector

Introduction: Governing by Surprise

What happens when a country is run like a nightly inspection tour?

In Tunisia, President Kais Saied has carved out a unique—and deeply personal—approach to leadership. He appears without notice at ministry offices, warehouses, public markets, or illegal dumping sites, often late at night. These surprise visits are broadcast through tightly controlled media coverage, with the president fully aware of the camera, microphone, and framing.

He confronts dysfunction head-on. He scolds ministers, humiliates civil servants, and speaks directly to the people, unfiltered. On the surface, it looks like moral clarity in action—an uncorrupted president holding a broken system accountable.

But dig deeper, and you find something else:
A model of leadership that is highly reactive, deeply centralized, and dangerously unsustainable.

This isn’t just about style. It’s about how a state functions—or collapses—when leadership is built on distrust, isolation, and fear.

What Looks Like Strength May Be Institutional Weakness

At first glance, Saied’s approach appeals to frustrated citizens. It taps into real anger about corruption, inefficiency, and public sector failure. People want accountability—and here’s a president willing to confront the rot directly.

But the method reveals its own dysfunction:

  • The president has to act as inspector-in-chief.
  • Institutions are clearly not trusted to self-regulate.
  • Ministers and senior officials are surprised, exposed, and often discarded.

If the top of the system doesn’t trust anyone below, then governance is no longer about leadership—it’s about surveillance.

Fear-Based Culture: Compliance Over Competence

When the risk of public shaming is high, people adapt—but not in healthy ways. Under this model:

  • Civil servants hide problems rather than solve them.
  • Ministers say what the president wants to hear, not what he needs to know.
  • Innovation and initiative are replaced with silence and self-preservation.

This is leadership by fear. And fear is a terrible long-term management tool. It creates obedience, not performance.

The Cult of the Lone Watchman

These visits have become a ritual: the president, the camera, the microphone, the reprimand. They suggest that only one person can be trusted to uphold the state. Everyone else is suspect. Even those hand-picked by the president are later discarded or scolded in public.

What emerges is not a system—it’s a cult of oversight, centered on the idea that only the leader sees clearly.

But a one-man model of governance is brittle. It does not scale. It cannot delegate. And it leaves the country vulnerable to burnout, blind spots, and breakdown.

Warning Signs of an Unsustainable Leadership Model

SymptomConsequence
Constant surprise visitsBreakdown of trust in the institutional chain of command
Public shaming of officialsCulture of fear, avoidance, and passive resistance
Media-managed moral performancesErosion of authenticity, increase in spectacle over substance
Zero delegation of responsibilityFragile governance model overly dependent on one individual
No strategic follow-throughFocus on visible reaction, not durable reform

From Action to Optics: When Governance Becomes Theater

Perhaps the most dangerous shift is this:
These visits are no longer tools of reform. They’ve become performative acts of leadership.

They offer no clear roadmap for institutional reform, no systemic solutions, no delegation of authority. Instead, they offer visual proof that the president is vigilant, and that the system cannot be trusted without him.

This isn’t leadership by vision—it’s leadership by visibility.

What True Leadership Would Look Like Instead

A sustainable leadership model would:

  • Build systems that catch problems before the president has to
  • Empower teams to act with integrity, not fear
  • Define clear KPIs, not rely on spontaneous interventions
  • Develop a culture of trust, coaching, and learning

Real leadership is judged not by how visible the president is in solving problems,
but by how little intervention is needed once institutions function on their own.

Conclusion: A Fragile Future for a Hyper-Personalized Presidency

Kais Saied’s nightly inspection model reflects more than frustration. It reflects deep isolation at the top of Tunisia’s government.
It reveals a president who trusts no one, leads through shock and fear, and has normalized personal confrontation over institutional capacity.

This is a model that may feel strong in the moment—but over time, it hollows out the state.

Leadership that cannot delegate, cannot last.


Reflection Questions for Leaders and Citizens

  • Are we building systems that work—or just reacting when they fail?
  • Are leaders trusted enough to lead—or simply feared into obedience?
  • Is our governance model sustainable—or built entirely on one person’s presence?

La Tunisie – Une communauté en déclin qui doit se transformer

Nous devons comprendre que c’est le changement politique qui provient du changement des conditions sociales, et pas l’inverse. En ce sens, il faut une RÉVOLUTION SOCIALE : un changement de la façon dont nous pensons de nous-mêmes et des autres, ainsi que la façon avec laquelle nous agissons les uns envers les autres. Les Tunisiens doivent commencer à penser en « communauté » et non en « individus». Si nous perdons la foi dans le sens de la « communauté » et continuons sur le chemin de « intérêts individuels », notre communauté, qui est la Tunisie, va finir par disparaître.jet2-2
Nos valeurs sont nos outils sociaux pour nous orienter dans la vie, ce sont les peuples qui les inventent, ce n’est ni la nature, ni Dieu. On les élimine si elles ne servent pas à nos besoins. On doit, par conséquent, éliminer tous les outils qu’on a hérité des 6 dernières décennies, et adopter de nouvelles valeurs, propices à une société en quête de grandeur. On a besoin de véritables réformes révolutionnaires dans la façon avec laquelle on se
comporte au travail, à la maison, à l’école, dans la rue, et avec soi-même.
Lorsque nous nous comportons de façon civilisée les uns envers les autres, nous aurons plus besoin d’une autorité qui contrôle nos moindres faits et gestes. Lorsque nous bâtissons nos propres communautés et s’entraidons à les préserver, nous réduirons à néant l’hégémonie du gouvernement. Lorsque nous éduquons nos enfants à la maison selon ces valeurs et ne comptons plus sur de vieux systèmes éducatifs gérés par des politiciens de l’ancienne école, nous sèmerons la peur dans ces esprits avides de pouvoir et de contrôle. Lorsque nous nous respectons les uns les autres dans les lieux publics, sur la route et sur nos plages, nous serons fidèles à l’image que le monde garde de notre peuple. Lorsque nous respectons les opinions des autres, leur droit d’expression et de parole, leur religion, à ce moment nous aurions honoré la Tunisie.

 

Terrorisme – Ce que nous devons faire

Historiquement, les gens se sont orientés vers le terrorisme lorsqu’ils s’inscrivaient dans une certaine dynamique de lutte contre ce qu’ils percevaient comme injustice socio-économique, politique ou historique. Les exemples sont multiples: Les Sionistes qui ont bombardé des cibles britanniques dans les années 1930, estimaient qu’ils devaient le faire dans le but de créer un Etat juif. La déclaration de guerre publiée par Oussama ben Laden contre les intérêts américains dans les années 1990, découlait de sa conviction que les troupes américaines en Arabie Saoudite représentaient une abomination pour le modèle d’Etat islamique qu’il croyait devoir exister dans la péninsule arabe.

Un terroriste trouve toujours de «bonnes raisons» pour effrayer, tuer et mutiler au nom d’un dieu, d’un pays, d’une idéologie ou d’une ethnicité. Peu importe les raisons, les outils ou les acteurs, le résultat final est toujours le même: la mort et la destruction.

De nombreux experts antiterroristes ont échoué à trouver des solutions pour traiter les causes  d’ordre micro ou macro, car ils ne se posaient pas les bonnes questions, tout comme beaucoup de nos «experts» en Tunisie aujourd’hui. Le problème c’est qu’au lieu de se concentrer sur «ce qui provoque le terrorisme”, on devrait se pencher sur “quelles sont les conditions dans lesquelles le terrorisme prolifère”,  la réponse à cette dernière question permettrait de retracer les traits psychologiques des individus et les conditions dans lesquelles ils évoluent.

En appliquant cela au contexte tunisien, nous nous rendrons compte que la Tunisie après 2011 est un territoire fertile idéal. De larges franges de jeunes Tunisiens se sentent marginalisés, privés de possibilités d’emploi ou d’un engagement politique et sociétal significatif, et déçus par un leadership politique froid et déconnecté, ayant lamentablement échoué à galvaniser cette jeunesse frustrée. Ces mêmes jeunes sont devenus des proies faciles pour un endoctrinement religieux sauvage, en l’absence d’un système éducatif efficace et de toutes perspectives d’un ascenseur socio-économique en marche.

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Seifeddine Rezgui a sans aucun doute subi un lavage de cerveau, pour être victime  de ce que les psychologues appellent “La dynamique de pensée de groupe”. Ainsi, plutôt que d’explorer la psychologie et les circonstances de Seifeddine Rezgui, nous devrons nous intéresser à comment lui et ses semblables fonctionnent par rapport à l’autre, et le rôle de l’identité du groupe comme instigatrice de violence terroriste.

Freud, le parrain de la psychologie comportementale suggérait que les groupes offraient aux individus la possibilité de satisfaire à la fois les instincts humains (connexion d’appartenance & tendance de destruction), en développant des liens étroits avec les membres du groupe, et témoignant de son l’hostilité aux étrangers. En d’autres termes, Seifeddine a trouvé un refuge sûr et une connexion au sein du groupe terroriste, son sentiment d’appartenance était le sens qu’il a donné à sa vie. Il avait subordonné son identité individuelle à l’identité collective du groupe auquel il appartenait. La lutte du groupe, celle du “bien contre le mal” est devenue son combat, satisfaisant ainsi les deux instincts que Freud avait décrits. Il était alors facile de le convaincre que tout acte de terreur contre ceux à l’extérieur de son groupe était une guerre sainte nécessaire à mener contre un ennemi à neutraliser et détruire.

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Rester dans le déni, n’arrangera nullement la situation. la Tunisie manque affreusement  de la technologie et de l’expérience dont disposent autres pays, qui ont dans leur actif des années de lutte contre le terrorisme, c’est pour cela que la Tunisie a besoin d’adopter une autre approche plus compatible avec sa réalité: Rebâtir des liens plus solides entre citoyens et gouvernement, regagner la confiance de cette jeunesse oubliée. Ces efforts peuvent réduire la tendance d’un individu, camouflé dans des collectivités locales en difficultés,  à s’engager dans un extrémisme violent. Surmonter ce fossé intergénérationnel et inter-social ne sera certainement pas une tâche facile, cela nécessiterait de la prévoyance, de l’empathie, une vision claire, un leadership solide, une capacité d’écoute et de compréhension, et surtout la volonté et le sacrifice d’une élite auto-absorbée dans sa propre douleur.