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La Tunisie – Une communauté en déclin qui doit se transformer

Nous devons comprendre que c’est le changement politique qui provient du changement des conditions sociales, et pas l’inverse. En ce sens, il faut une RÉVOLUTION SOCIALE : un changement de la façon dont nous pensons de nous-mêmes et des autres, ainsi que la façon avec laquelle nous agissons les uns envers les autres. Les Tunisiens doivent commencer à penser en « communauté » et non en « individus». Si nous perdons la foi dans le sens de la « communauté » et continuons sur le chemin de « intérêts individuels », notre communauté, qui est la Tunisie, va finir par disparaître.jet2-2
Nos valeurs sont nos outils sociaux pour nous orienter dans la vie, ce sont les peuples qui les inventent, ce n’est ni la nature, ni Dieu. On les élimine si elles ne servent pas à nos besoins. On doit, par conséquent, éliminer tous les outils qu’on a hérité des 6 dernières décennies, et adopter de nouvelles valeurs, propices à une société en quête de grandeur. On a besoin de véritables réformes révolutionnaires dans la façon avec laquelle on se
comporte au travail, à la maison, à l’école, dans la rue, et avec soi-même.
Lorsque nous nous comportons de façon civilisée les uns envers les autres, nous aurons plus besoin d’une autorité qui contrôle nos moindres faits et gestes. Lorsque nous bâtissons nos propres communautés et s’entraidons à les préserver, nous réduirons à néant l’hégémonie du gouvernement. Lorsque nous éduquons nos enfants à la maison selon ces valeurs et ne comptons plus sur de vieux systèmes éducatifs gérés par des politiciens de l’ancienne école, nous sèmerons la peur dans ces esprits avides de pouvoir et de contrôle. Lorsque nous nous respectons les uns les autres dans les lieux publics, sur la route et sur nos plages, nous serons fidèles à l’image que le monde garde de notre peuple. Lorsque nous respectons les opinions des autres, leur droit d’expression et de parole, leur religion, à ce moment nous aurions honoré la Tunisie.

 

Terrorisme – Ce que nous devons faire

Historiquement, les gens se sont orientés vers le terrorisme lorsqu’ils s’inscrivaient dans une certaine dynamique de lutte contre ce qu’ils percevaient comme injustice socio-économique, politique ou historique. Les exemples sont multiples: Les Sionistes qui ont bombardé des cibles britanniques dans les années 1930, estimaient qu’ils devaient le faire dans le but de créer un Etat juif. La déclaration de guerre publiée par Oussama ben Laden contre les intérêts américains dans les années 1990, découlait de sa conviction que les troupes américaines en Arabie Saoudite représentaient une abomination pour le modèle d’Etat islamique qu’il croyait devoir exister dans la péninsule arabe.

Un terroriste trouve toujours de «bonnes raisons» pour effrayer, tuer et mutiler au nom d’un dieu, d’un pays, d’une idéologie ou d’une ethnicité. Peu importe les raisons, les outils ou les acteurs, le résultat final est toujours le même: la mort et la destruction.

De nombreux experts antiterroristes ont échoué à trouver des solutions pour traiter les causes  d’ordre micro ou macro, car ils ne se posaient pas les bonnes questions, tout comme beaucoup de nos «experts» en Tunisie aujourd’hui. Le problème c’est qu’au lieu de se concentrer sur «ce qui provoque le terrorisme”, on devrait se pencher sur “quelles sont les conditions dans lesquelles le terrorisme prolifère”,  la réponse à cette dernière question permettrait de retracer les traits psychologiques des individus et les conditions dans lesquelles ils évoluent.

En appliquant cela au contexte tunisien, nous nous rendrons compte que la Tunisie après 2011 est un territoire fertile idéal. De larges franges de jeunes Tunisiens se sentent marginalisés, privés de possibilités d’emploi ou d’un engagement politique et sociétal significatif, et déçus par un leadership politique froid et déconnecté, ayant lamentablement échoué à galvaniser cette jeunesse frustrée. Ces mêmes jeunes sont devenus des proies faciles pour un endoctrinement religieux sauvage, en l’absence d’un système éducatif efficace et de toutes perspectives d’un ascenseur socio-économique en marche.

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Seifeddine Rezgui a sans aucun doute subi un lavage de cerveau, pour être victime  de ce que les psychologues appellent “La dynamique de pensée de groupe”. Ainsi, plutôt que d’explorer la psychologie et les circonstances de Seifeddine Rezgui, nous devrons nous intéresser à comment lui et ses semblables fonctionnent par rapport à l’autre, et le rôle de l’identité du groupe comme instigatrice de violence terroriste.

Freud, le parrain de la psychologie comportementale suggérait que les groupes offraient aux individus la possibilité de satisfaire à la fois les instincts humains (connexion d’appartenance & tendance de destruction), en développant des liens étroits avec les membres du groupe, et témoignant de son l’hostilité aux étrangers. En d’autres termes, Seifeddine a trouvé un refuge sûr et une connexion au sein du groupe terroriste, son sentiment d’appartenance était le sens qu’il a donné à sa vie. Il avait subordonné son identité individuelle à l’identité collective du groupe auquel il appartenait. La lutte du groupe, celle du “bien contre le mal” est devenue son combat, satisfaisant ainsi les deux instincts que Freud avait décrits. Il était alors facile de le convaincre que tout acte de terreur contre ceux à l’extérieur de son groupe était une guerre sainte nécessaire à mener contre un ennemi à neutraliser et détruire.

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Rester dans le déni, n’arrangera nullement la situation. la Tunisie manque affreusement  de la technologie et de l’expérience dont disposent autres pays, qui ont dans leur actif des années de lutte contre le terrorisme, c’est pour cela que la Tunisie a besoin d’adopter une autre approche plus compatible avec sa réalité: Rebâtir des liens plus solides entre citoyens et gouvernement, regagner la confiance de cette jeunesse oubliée. Ces efforts peuvent réduire la tendance d’un individu, camouflé dans des collectivités locales en difficultés,  à s’engager dans un extrémisme violent. Surmonter ce fossé intergénérationnel et inter-social ne sera certainement pas une tâche facile, cela nécessiterait de la prévoyance, de l’empathie, une vision claire, un leadership solide, une capacité d’écoute et de compréhension, et surtout la volonté et le sacrifice d’une élite auto-absorbée dans sa propre douleur.

si tout comme moi, vous êtes entrain de rêver

Si tout comme moi, vous avez passé trois années entre hauts et bas, si tout comme moi les turbulences économiques, les assassinats, les menaces terroristes vous ont déprimé et les jours de gloire ont ensoleillé votre vie d’espoir et de joie, alors vous seriez, tout comme moi, entrain d’attendre les élections d’Octobre et de Novembre avec impatience afin de retrouver une brise fraiche d’optimisme.
Vous seriez probablement entrain de rêver et de prier pour retrouver la perle rare, le chevalier à l’armure d’argent qui nous sauvera du haut de son cheval blanc. Vous seriez entrain de chercher la version tunisienne d’un dirigeant courageux, prêt à prendre le taureau par les cornes et apte de réunir à nouveau ce peuple martyrisé par une polarisation imposée. Vous seriez probablement à la recherche du prince charmant, celui qui fait appel aux citoyens, les écoute, et leur rappelle qu’ils sont la pierre angulaire d’une société civilisée … pas lui.
Vous seriez à la recherche d’un dirigeant intègre, ayant une puissante conscience et fierté professionnelle, un dirigeant qui serait là pour être le serviteur du peuple, et non pour être servi par le peuple. Vous seriez en quête d’un dirigeant avec des solutions aux problèmes difficiles auxquels nous sommes confrontés, un dirigeant qui pourrait restaurer notre foi en l’avenir, et être la lumière qui nous guide dans les jours à venir. Si vous êtes comme moi, vous êtes à la recherche d’un grand communicateur qui saurait parler au simple paysan et au bourgeois; quelqu’un qui est très respecté, redouté par nos ennemis et aimé par nos amis.
Bref, si vous êtes comme moi, vous êtes entrain de rêver….BETTER DAYS ARE COMING

Leçon de vie………ou de mort

Vous pensez connaitre quelqu’un quand vous l’avez rencontré en personne, lorsque vous l’avez regardé dans les yeux pour lui parler et l’écouter expliquer ses principes et ses rêves. Ses valeurs sont si fortes et vous correspondent tellement, que sa cause devient la vôtre. Vous l’observez à la télévision et vous vous imbibez de chaque mot qui sort de sa bouche, il devient votre idole. Il incarne tout ce dont vous croyez, il représente désormais les millions de personnes qui ont réussi à se frayer un chemin rien que pour eux, en dépit de tous les obstacles. Vous attachez tous vos espoirs et vos rêves sur ses plans et stratégies d’égalité, de justice, d’équité. Vous le regardez se battre dans les moments de pression et de crises et vous priez pour lui pour qu’il s’en sorte. Vous le voyez se faire attaquer par les médias et les adversaires et vous vous dites, “C’est normal, ce sont ses ennemis après tout”. Vous vous identifiez à lui au point que ses ennemis deviennent les vôtres, ses amis deviennent les vôtres, ses idées deviennent les vôtres, ses pensées deviennent les vôtres. Il vous guide dans votre façon de parler, de débattre et de négocier. Votre admiration vous aveugle, et l’espoir de raviver l’espoir vous enchante… Un jour, vous découvrez que vous avez eu tort, ou qu’on vous a induit en erreur. Vous vous demandez si vous étiez si naïf que vous aviez raté tous les signes d’alerte, ou que cette personne portait si bien son masque au point de vous duper, ainsi que les millions de partisans et d’admirateurs. Pour vous consoler, vous acceptez enfin de vous résoudre au fait que peut-être le temps a, tout simplement, changé cette personne … et tous vos rêves pour un monde d’égalité, de justice, d’opportunité, de paix et d’équité ne seront que rêves … une utopie qui ne pourra fleurir que dans les contes de fées et…… les discours politiques. Tout s’est effondré au cours du mois de Juillet 2014, à un endroit que personne ne veut en parler, à la plus grande prison à ciel ouvert dans le monde qui enferme une population que l’on veut enterrée dans l’oubli. Tout a basculé quand l’homme que vous pensiez connaître se tenait figé pour regarder, et parfois encourager le massacre le plus inhumain le monde aura jamais connu, quand des centaines de petits enfants innocents comme le mien et les siens ont payé de leur sang sa complicité et connivence avec leurs meurtriers. Mes yeux ont finalement perçu l’ampleur du mensonge quand j’ai passé mes soirées à pleurer les victimes qui s’empilent, alors qu’il justifiait le génocide et se moquait probablement de gens comme moi qui l’ont mis là où il est aujourd’hui. Il est Barack Obama et je resterai toujours l’imbécile qui a pu un jour croire en lui.

Faites entrer l’accusé!

 

Le blâme parfume notre quotidien, et pas seulement en politique, mais dans le monde des affaires, à l’école, et même à la maison entre mari et femme. C’est un « pilier » de la scène politique et publique.

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Les exemples sont  multiples et tellement courants, qu’on ne se rend même pas compte de l’ampleur du phénomène : Quand un enfant échoue à l’école, c’est le système scolaire qu’on tacle de tous les noms. Quand une relation personnelle va mal, c’est le partenaire qui en est responsable.  Quand on perd son emploi, c’est le patron qui porte le chapeau. Quand une entreprise fait faillite pour mauvaise gestion, c’est l’environnement économique qu’on maudit. Quand un politicien perd une élection, c’est l’adversaire qui a dû tricher.

En Tunisie, s’amuser à se renvoyer le « ballon du blâme » semble, en effet, être une pratique socialement acceptable. C’est une contagion qui se répand de génération en génération, motivée par l’amplification  des égos refusant l’embarras de l’échec.

Un regard bref sur les archives des médias  Tunisiens au cours des trois dernières années, nous permettra de définir « avec  précision » ceux qui occupent le banc des accusés, responsables des différentes crises qu’a connues le pays:  Les Américains, les Qataris et les Saoudiens, le FMI, la Banque mondiale, Moody et standard and Poor’s, et la liste est encore plus garnie. Ils sont coupables de tous les maux du  pays, y compris la situation financière et économique. Nos politiques, notre leadership et nos citoyens sont indemnes de toute responsabilité : Nous sommes innocents de tout ce qui peut nous arriver. Ce sont toujours les autres « mauvais gars » qui doivent être maudits.

Durant 3 ans de « Transition Démocratique »,  les dirigeants politiques et les hauts fonctionnaires de l’état ont systématiquement refusé de prendre acte de leurs échecs. Jusqu’à présent, aucun chef de parti politique n’a volontairement pris la responsabilité d’une défaite électorale colossale et a démissionné. Aucun ministre n’a volontairement cédé son poste en assumant une défaillance de gouvernance, pourtant dieu sait combien de ministère souffre le martyre à cause d’une incompétence profonde de gestion.

Le « Ballon du Blâme » est devenu la stratégie en vogue de la politique tunisienne,  peut-être parce que l’électorat n’est pas assez astucieux pour entrevoir les manœuvres de ce jeu, ou pas assez informé pour pouvoir départager les responsabilités et accuser les vrais coupables. Mais que ce soit par manque d’éveil ou manque de transparence,  jouer au « Ballon du blâme » est désormais devenue une pratique socialement acceptable, et même médiatiquement souhaitable. En somme, plus la partie attisera « les applaudissements » de ceux qui la regardent, plus  les partis politiques useront de ce jeu comme outil de politique politicienne, conduisant finalement à une démocratie tarée et une gouvernance délabrée.

Imaginons une seconde que l’opposition et ses députés avaient mené une « vraie » campagne d’information et de communication directe avec leurs électeurs dès le 1er jour. Imaginons une seconde que la Troïka avait eu recours à la technologie déjà en place pour communiquer sur le degré d’avancement des projets de développement régional, les dépenses du gouvernement ou encore le manque de liquidité. Imaginons une seconde que les informations sur la vraie nature des terroristes étaient disponibles au public immédiatement dès qu’elles étaient recueillis. Ne pensez-vous pas que cela nous aurait évité   cet échange d’accusations ridicule auquel se livrent nos politiques actuellement et  qui risque de  trainer le pays à l’abîme ?

Malheureusement, et malgré les cycles interminables de ce jeu du blâme, il n’y a  pratiquement aucune  diligence pour atténuer l’ampleur du phénomène. Plus grave encore il n’existe aucune preuve que l’électorat rejette ce « Show » ennuyeux,  il n’y a  qu’à voir l’audimat des émissions télé épinglant l’opposition et la troïka.

Il est clair que nous avons besoin d’une cure  d’autocritique constructive, nous avons besoin d’une prise de conscience générale, nous avons besoin d’une vraie transparence pour  ce qui est gouvernance de l’État  ou encore processus judiciaire.  Mais par-dessus tout,  nous avons besoin de remettre à l’ordre du jour la notion de la « responsabilité ».

L’engrenage d’Ennahdha

 

D’une part, Ghannouchi passe (ou fait semblant de passer)  par une phase  de  « super-communicant »,  qui parle à qui veut bien  l’entendre et se fait photographier à volonté. En politique, cela s’appelle « La posture ».  Cela sert  strictement  à créer un récit pour ses alliés étrangers afin de mieux se  positionner. Ghannouchi et  derrière lui son parti, ont besoin dapparaître ouverts à des relations courtoises avec les principaux acteurs politiques sur la scène tunisienne, ils ont besoin de propager  l’idée du compromis et d’inclusion.

D’autre part, ses lieutenants se sont engagés dans une série de menaces et de discours antagonistes. Ils prétendent qu’ils n’ont pas peur des manifestations anti-gouvernements parce qu’ils ont la légitimité des urnes de leur côté. Ils parlent de vengeance de tous ceux qui s’opposent à la « légitimité sacrée » d’Ennahdha et de sang dans les rues. Ils ont appuyé des tueurs connus, comme les LPR et les groupes salafistes djihadistes. Tout cela transpire le désespoir, pire encore cela rappelle le scénario Égyptien.

Au bout de  moins de 2 ans, Ennahdha a brillamment réussi à détruire l’économie, en ignorant les vrais problèmes, et à affaibli la sécurité interne  de la nation, ainsi que la sécurité de nos frontières, ce qui a découragé les investissements étrangers. En outre, ils ont accablé ce peuple et plusieurs de ses générations futures, de la dette internationale en sapant davantage son pouvoir d’achat. En un mot, il s’agit d’une forme délibérée de destruction de la dignité et de la volonté d’une nation.

 

Deux ans après les premières élections libres du pays, il est clair que bâtir une société réellement démocratique n’a jamais été le plan du parti au pouvoir. Cela s’explique parfaitement bien en analysant les dessous du discours qu’ils adressaient à leurs alliés islamistes et à leur base radicale : La démocratie des urnes était le moyen pour atteindre le pouvoir et se l’accaparer, mais certainement pas une voie de restauration de l’état.

La vérité est que Nahdha et ses dirigeants sont pétrifiés, car les seuls véritables alliés qu’ils se sont gardés sont des mercenaires qui continuent à s’accrocher  en espérant des postes gouvernementaux ou des rançons ou même les deux. Leur terreur est d’autant plus intense que  ce qui se passe en Egypte va à l’encontre de leur désir. Car plus les frères de l’Égypte tombent, plus les Nahdhaouis de la Tunisie s’enfoncent, au moins en termes d’opinion publique internationale

 

N’importe quel lâche peut s’engager dans une campagne de destruction, c’est tout ce qu’il y a de plus facile, mais il faut un vrai patriote pour engager une bataille de construction et de restauration de la dignité perdue pendant les années de Ben Ali.

Et indépendamment de la solution qu’on va trouver à la crise actuelle, et du positionnement des islamistes tunisiens à son issue, l’histoire retiendra qu’ils ont assassiné un rêve, pillé une révolution, et volé l’avenir de toute une nation.

La restructuration d’un parti d’opposition

Dans le cadre d’une série d’analyses, à la recherche de moyens fiables pour améliorer les chances des partis d’opposition quant à se constituer en tant que véritables alternatives crédibles, je considère que les modèles (supposé) utilisés pour le montage de partis dans une Tunisie postrévolutionnaire, est à revoir.

Le modèle adopté actuellement par les nouveaux partis exige un second regard sur le plan stratégique car il est construit autour  d’un mécanisme  trop lourd qui accorde très peu d’importance à la mobilisation des différentes ressourcesEst-ce parce que les partis n’ont pas eu suffisamment de temps pour s’organiser et développer des programmes et des visions? Est-ce parce qu’ils sous-estiment l’importance du marketing politique ? Est-ce parce qu’ils essaient encore d’apprendre comment communiquer ou lever des fonds? Est-ce parce qu’ils sont a la recherche des stars au lieu des militants ? Est-ce parce que dans leur empressement à s’imposer sur la scène politique ils n’ont jamais pu instaurer des procédures normalisées pour construire un parti? Ou est-ce tout simplement parce qu’ils sont en train d’apprendre sur le tas?

Je voudrais mettre l’accent sur deux facteurs importants :

Imaginons que certains dirigeants de l’opposition décident de  sillonner l’ensemble du pays, pour être à l’écoute des gens, sans trop parler, manger ce qu’ils mangent, partager leurs sourires et leurs larmes, tenir dans leurs bras les petits enfants et réconforter la vieille dame malade. Que se passerait-il si ces gens sentent que ces politiciens sont conscients de leurs besoins et qu’ils sont sincèrement soucieux des défis auxquels ils font face ? Ne serait-elle pas la meilleure façon  d’établir la crédibilité et d’affirmer que l’opposition est vraiment proche de la population ? C’est ça le vrai leadership transformationnel et c’est exactement ce qui manque. Le contact direct. C’est ainsi qu’on construit de puissants partis solides et durables qui s’appuient sur des bases infaillibles. On n’a pas besoin de donner de son argent mais tout simplement de son temps et une partie de son cœur. On aura transformé des spectateurs méfiants et désespérés en des participants actifs, plein d’espoir et des militants potentiels. C’est ainsi qu’on  peut construire un vrai parti.

Toutefois les partis d’opposition sont tout sauf réussis quant à la mobilisation stratégique des ressources humaines. En ce qui concerne le déploiement au niveau local, il fonctionne plus par défaut que par conviction car il est modulé par les demandes qui affluent de ceux qui aspirent à devenir des représentants régionaux du parti. En conséquence, nos partis sont motivés par des ambitions plutôt que par une vision, avec des foyers non coordonnés éparpillés sur tout le pays. C’est l’un des facteurs qui ont produit l’absence de choix le 23/10/2011.Ce choix ou cette alternative se doit d’être proche des gens et de présenter des propositions solides et viables.

Un autre défi face aux partis d’opposition en Tunisie est la nécessité de bien réorganiser le parti en interne. Une structure en bonne et due forme impliquerait de séparer le leadership politique de la gestion du parti. En d’autres termes, il ya un besoin urgent de professionnaliser le fonctionnement interne de nos partis (une question de méritocratie) si on a l’ambition de répondre aux attentes des Tunisiens. Une gestion où les affectations sont fondées sur la popularité ou la loyauté est contre-productive et ne peut qu’engendrer des pratiques inéquitables. Aujourd’hui, plus que jamais dans le passé, et peut-être dans l’avenir, la professionnalisation des activités de nos partis politiques doit se concentrer sur deux volets interdépendants : la mobilisation des militants et le financement du parti.

C’est l’absence de mise au point dans ces deux domaines qui ont fait nos partis sont ce qu’ils sont : Une opposition qui chante les mêmes vieilles mélodies et essaye de convertir les déjà convertis. Mobiliser des adhérents impliquerait de travailler avec des groupes spécifiques de citoyens tels que les syndicats, les organisations professionnelles et la société civile. La force d’engagement de ces partenariats ouvre les portes à des contributions financières. Il est bien clair que les adhérents seraient encouragés à apporter des contributions financières s’ils ont la garantie d’une gestion prudente des ressources du parti. En outre, en dehors de la bonne gouvernance, la bonne gestion financière est impérative pour la survie des partis. De ce fait, la gestion financière ne doit pas être tributaire de la seule volonté  des dirigeants politiques : un personnel ayant une expertise  dans la collecte de fonds et avec les compétences requises en comptabilité doit être recruté et rémunéré.

Je crois que ces deux points majeurs peuvent servir de catalyseur de réformes dans nos partis. Cette étape, une fois achevée,  doit être  suivie par un processus de négociation des normes opérationnelles et les meilleures pratiques de gestion.

Il est à noter, qu’en absence de ces reformes, les éventuelles alliances ou les partenariats futurs, représenteraient des défis insurmontables, ce qui interdirait des coalitions possibles et priverait les Tunisiens d’une alternative politique viable, d’autant plus que les prochaines élections sont au tournant.

 

PRENEZ GARDE A UN ATMOSPHERE TOXIQUE

Alors permettez-moi de jetter la lumière sur ce qui constitue une leadership destructrice, dans l’espoir que cette fois-ci, nous pourrions être mieux formés .

Nos jeunes ne disposent pas encore de la maturité intellectuelle, la sagesse politique et le dialogue ouvert qu’on trouve dans des démocraties plus avancées. Notre pays ne peut pas survivre une lesson en démocratie comme la plupart des pays industrialisés qui ont subi des changements radicaux et des troubles sociaux et politiques. Nous ne possédons pas les ressources, les infrastructures, ou les petro-dollars pour endurer une guerre civile. En tant que citoyens de cette petite et tendre nation, nous devons être conscients et avertis. Nous ne supporteront pas un autre chef destructeur, toxique, et despotique. Grâce à la révolution du jasmin, nous nous sommes débarrassés de ces ordures venimeux, toutefois le danger rôde toujours. Les hommes et les femmes qui composaient son système bien organisé, et bien financé, se déplacent encore et terrorisent toujours nos rues. Ce sont les ministres, les vendeurs, les clients, les enseignants, les maires, la police, les propriétaires de magasins, et tous les autres.

L’égoïsme, le narcissisme, et la nécessité personnelle du pouvoir sont parmi les caractéristiques des leaders destructeurs . Ces dirigeants nocives ne respectent pas leurs promesses du bien-être de leurs peuples. D’autres symptômes fréquents des leaders destructeurs incluent habiliter et renforcer un très petit cercle de partisans fidèls, empecher la construction d’une structure solide, et l’absence d’organisation efficace. Les leaders destructifs sont traditionnels dans leur facon de penser – “command and control “- est un modis operandi. Les effets d’une telle structure se voient dans les résultats économiques, sociaux et politiques qui compromettent la qualité de vie et les libertés des citoyens, une chose avec laquelle tous les Tunisiens sont trop familiers. Le control peut etre evident, comme quand la police secrète ou politique espionne les citoyens ou les groupes d’opposition, ou peut être subtil, comme rappels de l’isolement  social et politiquequand  l’unité autour d’une cause ne se matérialis pas, comme le cas du 26-26.

D’autres symptômes moins évidents, qui ont été exposées récemment au cours de cette période de transition, sont les suivants:

  • Agendas personnels: le recrutement, la sélection et la promotion sont basés sur un agenda politique interne. Par exemple s’entourer de sujets fidèles, au détriment des autres qui peuvent être plus qualifiés pour le poste.
  • Compensations politiques: Les promotions et les avantages ne sont pas liés au rendement, mais à la loyauté.
  • L’utilisation inefficace des ressources: La répartition des budgets entre les départements ou les régions est basée sur le régionalisme, le favoritisme, et les centres de pouvoir.
  • Trop de paroles: Les plans sont riches et chargés seulement dans les discours ; beaucoup de paroles mais pas assez d’action.
  • Le manque de collaboration au sein du gouvernement .
  • Poignarder dans le dos, et avoir mauvaise langue comme characteristiques des membres sortants. Ce sont des pratiques que nous avons vu dernièrement dans la Tunisie comme characteristiques des membres  RCD sortants.

Mes chers compatriotes tunisiens, nous ne devons pas tolérer les mauvais comportements et les dirigeants destructeurs. Nous aurions perdu une révolution parfaite. Le sang de nos amis n’a pas encore séché. Nous ne devons pas oublier les 23 dernières années. Nous devons collaborer, former et renforcer la cohésion entre tous les segments du gouvernement et notre société. Il ne doit pas y avoir dans nos rangs une division qui nous affaiblit et renforce ceux qui cherchent à contrôler notre destinée. Comme disait Gandhi: «Nous devons être le changement que nous voulons voir”

L.S.

A CALL TO THE YOUNG PEOPLE OF TUNISIA

To my fellow members of the JDT, let us not become lackadaisical. Let us overcome, through dialogue, our ideological differences and unite as one. Our real job has just begun. Many of you marched and many of you have been beaten. The physical and emotional scars will be with you forever. I ask you, what was our main objective and why did so many of us get killed and injured? Was it simply to get rid of ZABA? Or was it to rid our country of the corruption, nepotism, and the muzzle we wore for so many years, no matter what name it Bore? If the answer is yes, then we should not rest for one moment. Ben Ali may have left, but all other fundamentals constituting autocracy, corruption, and lack of basic freedoms are still omnipresent. The players are different, but the game and their plan for us is the same.

One would only have to look at the initiatives being taken by the interim government to pursue the criminals and their deep-seated rooted corruption machines, to notice an obvious lack of transparency and accountability. We have had 55 years of empty promises. What we want is action. And we want to see the results, not just hear about them.

I warn that this transition period is very critical for the Tunisian people. We may have ministers whose hands are less dirty, or who chose to look the other way and not speak up under the ZABA regime. However, they have a very powerful, well-managed, well-financed, and very savvy underground police force. Some are militia, some are hired to stir trouble, and others are adept dividing us. They are the ones who tortured us, stole from us, terrorized us, and possibly killed some our loved ones.

I advise you to organize and rally behind the more intellectually mature of you. I warn you not to let your guard down and go about your business as if nothing happened. Make your voices heard in a passive way. Take to the airwaves and get others to help. Create committees and watch groups. Invite foreign experts, and NGO who have witnessed regime transitions in the past. Ask for transparency and results (proof) of all investigations into the prior regime.

We need a government OF the people, BY the people, and FOR the people.