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La Tunisie – Une communauté en déclin qui doit se transformer

Nous devons comprendre que c’est le changement politique qui provient du changement des conditions sociales, et pas l’inverse. En ce sens, il faut une RÉVOLUTION SOCIALE : un changement de la façon dont nous pensons de nous-mêmes et des autres, ainsi que la façon avec laquelle nous agissons les uns envers les autres. Les Tunisiens doivent commencer à penser en « communauté » et non en « individus». Si nous perdons la foi dans le sens de la « communauté » et continuons sur le chemin de « intérêts individuels », notre communauté, qui est la Tunisie, va finir par disparaître.jet2-2
Nos valeurs sont nos outils sociaux pour nous orienter dans la vie, ce sont les peuples qui les inventent, ce n’est ni la nature, ni Dieu. On les élimine si elles ne servent pas à nos besoins. On doit, par conséquent, éliminer tous les outils qu’on a hérité des 6 dernières décennies, et adopter de nouvelles valeurs, propices à une société en quête de grandeur. On a besoin de véritables réformes révolutionnaires dans la façon avec laquelle on se
comporte au travail, à la maison, à l’école, dans la rue, et avec soi-même.
Lorsque nous nous comportons de façon civilisée les uns envers les autres, nous aurons plus besoin d’une autorité qui contrôle nos moindres faits et gestes. Lorsque nous bâtissons nos propres communautés et s’entraidons à les préserver, nous réduirons à néant l’hégémonie du gouvernement. Lorsque nous éduquons nos enfants à la maison selon ces valeurs et ne comptons plus sur de vieux systèmes éducatifs gérés par des politiciens de l’ancienne école, nous sèmerons la peur dans ces esprits avides de pouvoir et de contrôle. Lorsque nous nous respectons les uns les autres dans les lieux publics, sur la route et sur nos plages, nous serons fidèles à l’image que le monde garde de notre peuple. Lorsque nous respectons les opinions des autres, leur droit d’expression et de parole, leur religion, à ce moment nous aurions honoré la Tunisie.

 

Women under attack, children too

Violence against women in Tunisia has taken on a new dimension and has become a national dilemma that must be condemned and acted upon by the authorities and by society as a whole. Sadly, and based on well documented cases, our government tends to regard violence against women largely as a private matter between individuals, and not as a pervasive human rights problem requiring State intervention.

Violence against women takes a dismaying variety of forms, from domestic abuse and rape to child marriages and may be soon, female circumcision. All are violations of the most fundamental human rights.

It is true that violence, in all its forms, existed under the previous regime of Ben Ali, but was kept away from the television screens and the front pages of newspapers. It is also true that due to access to social media and relative freedom of the media, we have become more aware of the extent of this social disease.

I do believe that we are witnessing a frightening phenomenon due to some of men’s newly found attitudes towards women, fueled by ignorance and lack of sensitivity. Furthermore, I believe some of these attitudes towards women are organically homegrown, fed by extremist religious views imported by preachers and religious peddlers. It may also be lack of respect, empathy and total disregard for basic human rights, led by a makeshift government that has done everything in its power, except protect women and children.

As I read about the rape of a young girl in day care in La Marsa, a handicapped little child, and a female dancer in Sousse,  I am of the opinion of the existence of hundreds many more cases that go unnoticed in other parts of the country. Many little girls go to sleep frightened of males they are supposed to love, and wives terrified of being sexually attacked by drunken husbands.

We must press for immediate legal action against those who perpetrate organized violence against children and women. I am especially sad of the little attention these cases received from civil society today as a march was organized in front of the ministry of women.

Our elected officials in the ANC must implement national legislation to end violence against women and children. We must, as a “civilized” society, immediately move to organize shelters, legal aid and other services for girls and women at risk, and counseling and rehabilitation for perpetrators.

LE MONDE ARABE-POURQUOI UNE PROPOSITION A SOMME NULLE ?

Il ya quatre semaines je me tenais au milieu de l’Avenue Habib Bourguiba a Tunis. Soudain, j’ai été entouré par des centaines de personnes chantant et criant. J’avais entendu parler de manifestations dans différentes régions du sud, mais si rapidement à Tunis? Je me suis demandé.

Sans avertissement, j’ai été submergé par un sentiment d’euphorie et de déjà-vu. c’était en 1978 et 1979, époque où ZABA était le directeur national de la sécurité. J’étais un jeune homme qui allait a l’Université a Tunis. À une occasion, j’ai été témoin de plusieurs étudiants et ouvriers, mitraillés par la police alors qu’ils tentaient de démonter une statue de Bourguiba, le symbole de l’autocratie. J’étais choqué et incrédule. Il m’a fallu environ une demi-heure pour réaliser que j’avais une entaille de trois pouces de profondeur sur le côté gauche de mon ventre. Je cherchais la ruelle la plus proche pour me refugier loin des fourgonnettes itinérantes des BOB, lorsque j’ai été entouré par plusieurs policiers en civil et emmené au ministère de l’Intérieur. C’est là que j’ai rencontré plusieurs autres étudiants, dont nombreux etaient gravement battus. C’est unitile de raconteur les détails de mes deux semaines de séjour au MI. Je m’efforce de les mettre hors de mon esprit, dans l’espoir de réhabilitation et de pardon.

Trente ans plus tard, je me trouve à moins de cent mètres de l’endroit où j’ai été sauvagement battu. J’ai été entouré par les mêmes visages innocents. Les chants sont identiques et les méthodes sont indiscernables, a l’exception des centaines de téléphones portables tenus haut .

J’ai senti une tres grande confusion et un afflux de sang a la tête.

Je devais partir pour les États-Unis le lendemain pour m’occuper de mon business. En meme temps, je voulais voir jusqu’où irait ces manifestations. J’ai sous-estimé la puissance de ces jeunes hommes et femmes. Ils avaient la conviction et le désir que nous avions il y a trente ans. Ils ont su communiquer à travers l’utilisation de la technologie. Car je suppose, que ZABA et son entourage, qui etaient pour la plupart defiés par la technologie, ont sous-estimés les avantages que la technologie peut apporter, lorsqu’elle est utilisée correctement. Je vais jusqu’à prétendre que le gouvernement Américain lui-même a sous-estimé, mal géré,et mal élaboré des stratégies pour faire face aux médias sociaux et leur prolifération dans les masses. L’administration d’Obama est encore en course contre la montre essayant de comprendre quel cheval miser sur, et la meilleure façon de couvrir ses paris.

Plus tard dans la soirée au café du quartier Montplaisir, pendant que des jeunes exhibaient leurs trophées de grenades lacrymogènes vidés “Made in the USA”, on m’a souvent demandé «pourquoi est-ce-que Obama nous hait…», ou «veulent-ils nous dire que la démocratie est pour les Etats-Unis seulement? ” J’aurais voulu y passer plus de temps pour expliquer la position et le sentiment du veritable peuple américain.

Le jour suivant en retournant aux Etats Unis, j’ai pensé à ces questions. J’ai anticipé la façon dont ca serait joué par tous les côtés. J’ai deviné, sur la base des antécédents, que ZABA justifierait la brutalité de son régime en prétendant qu’il luttait contre les extrémistes islamistes, et il s’est averé que j’avais raison. C’est une carte qu’il a tiré à chaque fois qu’il soupçonnait que ses pratiques brutales seraient critiquées par ceux en dehors de la Tunisie. Et c’est tout ce que Washington voulait et devait entendre. La vérité n’était pas pertinente. Il s’agissait d’un cas où la fin justifie les moyens, aussi longtemps que les moyens destinaient la stabilité dans la région, parce que dans cette région, la stabilité et la démocratie sont incompatibles.

Ayant récemment passé un temps considérable dans la région MENA, permettez-moi de vous assurer qu’aucun des hommes a qui j’ai parlé se souciait des opinions extrémistes, des idéologies politiques, de Bin Laden, ou Obama. En Tunisie, la rue ne se soucie pas des forces géopolitiques et des idées islamistes. La Tunisie est un pays très laïque, composé d’un peuple jeune et extrêmement bien éduqué. Ce qu’ils veulent, c’est des emplois, la dignité, la liberté et l’opportunité de chercher une vie meilleure. Ce n’est pas un soulèvement idéologique comme celui de la Chine ou de l’Europe de l’Est en 1989, ou religieux comme celui de l’Iran en 1979.

Je demande au président Obama de soutenir une véritable démocratie, même au détriment des intérêts immédiats de la politique américaine. S’il choisit des platitudes et le statu quo, l’atteinte à la réputation de l’Amérique dans la région prendra probablement des décennies pour se réparer. J’ai décidé de ne pas attendre jusqu’à ce qu’un vainqueur se dégage. Pour moi, il n’ya qu’un seul parti qui mérite tout mon soutien. Par ce que la démocratie et la liberté est un droit, pas un privilège accordé à ceux qui servent notre intérêt global.

Monsieur le Président, où est «l’audace» avec laquelle vous aviez fait croire a beaucoup d’entre nous que vous étiez la force du «changement » que nous cherchions? Où est le «Yes we can” que vous nous aviez vendu? Je vous le dis, Monsieur le Président, et au nom de tous les Tunisiens et les arabes, “together, we will”.